Bonjour... "Pauvre albatros baudelairien, qui s'est pitoyablement brisé les ailes au sol un sale jour de juillet 2000 !"... C'est du Concorde que Didier Pobel parle, dans Le Dauphiné... Le Concorde qui décolle avec un réacteur en feu de la piste de Roissy : la même photo est à la Une du Parisien-Aujourd'hui en France et de Libération... le 25 juillet 2000, à 16h44... Le procès s'ouvre aujourd'hui devant le Tribunal correctionnel de Pontoise. Il va durer quatre mois. Et "des zones d'ombre demeurent sur les causes de cet accident", affirme encore Le Parisien-Aujourd'hui. "Il y a ceux qui croyaient à la lamelle, dit Libération, et ceux qui n'y croyaient pas. Selon l'accusation, l'avion a roulé sur une pièce, une lamelle en titane, perdue par un appareil de la Continental. Pour la défense de la compagnie aérienne américaine, le Concorde était en flamme avant de rencontrer la lamelle". "Connaîtra-t-on un jour les vraies circonstances de ce très emblématique crash ?", se demande encore Didier Pobel, qui voit se profiler une multitude de querelles d'experts. "Dix ans après les faits, la mécanique de l'instruction est aussi intéressante à démonter que le subtil mécano d'un train d'atterrissage", écrit Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. "Il faudra bien, pourtant, affronter la réalité de la dangerosité de Concorde, qui avait accumulé les éclatements de pneu dans des circonstances similaires. Car, conclut l'éditorialiste des DNA, pour continuer de voler dans nos rêves transatlantiques, Concorde ne saurait laisser subsister le doute dans l'ombre de ses immenses ailes". Concorde avait été boudé par les Américains. Et voilà que ceux-ci, maintenant, ne veulent même plus retourner sur la Lune. "Nous n'irons plus sur la Lune, nous n'irons pas sur Mars", regrette Francis Brochet dans Le Progrès. Or, "renoncer à décrocher la Lune est un symbole de taille", reprend Rémi Godeau dans L'Est Républicain. "C'est peut-être la preuve du déclin des vieux pays industrialisés. C'est sans aucun doute l'indice de l'émergence de nouvelles puissances : l'Inde et la Chine". Rémi Godeau rappelle que c'est une sonde indienne qui a permis de mettre en évidence la présence d'eau sur la Lune. Alors que Pékin s'est fixé pour objectif d'expédier un Chinois sur la Lune d'ici à 2025, et il en a les moyens. Rémi Godeau rappelle quelques chiffres. "En puissance de recherche et de développement, la Chine surclasse déjà l'Europe : chaque année, 250.000 ingénieurs et 50.000 scientifiques de haut vol sortent déjà de ses universités. C'est dire, conclut Rémi Godeau, c'est dire si le drapeau chinois planté dans un cratère lunaire finirait d'asseoir la suprématie de la première civilisation à avoir étudié la révolution des planètes". (Pierre Weill : "Mais ce matin, la plupart des journaux se préoccupent de sujets plus terre à terre")... Oui, et c'est encore Didier Pobel qui fait la transition, dans Le Dauphiné Libéré... "Tout est relatif en ce bas monde, écrit-il, où, pour certains, avoir un appartement décent, c'est déjà décrocher la Lune". Le rapport de la Fondation Abbé-Pierre a frappé les éditorialistes... "La France d'aujourd'hui ressemble à une France défigurée", s'écrie Yann Marec dans Le Midi Libre. "Le logement est pourtant le thermomètre d'une société. Pas de toit (t-o-i-t) ? C'est une société qui répond : 'pas de toi' (t-o-i)". Daniel Ruiz, dans La Montagne : "Les rapports et les plans se suivent, les taudis demeurent, les indignations et la générosité de quelques associations sont sans effet sur la baisse du budget du logement. Mais ce qui finira par coûter cher, c'est de ne rien faire". Philippe Waucampt, du Républicain Lorrain : "Près d'un million de logements sociaux manquent en France. Tout le monde le déplore à la sortie du rapport annuel de la Fondation Abbé-Pierre. Et puis vogue la galère, en attendant de verser une larme sur le constat, tout aussi triste, de l'année suivante". "Mais attention, prévient Hervé Chabaud dans L'Union : il ne suffit pas de s'enfermer dans le discours du 'jamais assez'. Il ne sert à rien de bâtir là où les familles déménagent, parce que la désindustrialisation atteint un tel niveau qu'on est passé de la paupérisation à la désertification. L'effort, dit Chabaud, doit porter sur les régions où le dynamisme demeure malgré la crise. Bref, il faut une solidarité à géographie variable". C'est bien ce qu'a constaté Libération dans son enquête sur "le scandale des logements vacants"... "Oui, il y a des rétentions scandaleuses. Oui, il y a des provocations. Mais, sur les deux millions de logements vides, nombreux sont ceux situés dans des départements vidés de leur population par l'exode rural. Autrement dit, ces logements vides ne se trouvent pas toujours là où les besoins sont les plus manifestes". Libération a fait "le tour du propriétaire", mais les chiffres sont incertains. Si l'on en croit l'INSEE, il y aurait à Paris 136.000 logements vides, mais 16.000 seulement soumis à la taxe sur la vacance en vigueur dans la capitale. La réalité est sans doute entre les deux. En tout cas, sur la Côte d'Azur aussi : Nice-Matin nous dit que "la chasse au logement vacant est ouverte à Nice". (PW : "D'autres enquêtes dans les journaux, ce matin")... Oui : comme il n'y a pas d'événement marquant dans l'actualité ce matin, les journaux se reportent sur des faits de société... Ainsi La Croix, qui enquête sur les Cours d'Assises... En vingt ans, cette institution chargée de juger les crimes a bien changé. La Croix peut comparer avec une même enquête réalisée vingt ans avant. Aujourd'hui, les jugements pour homicide sont en baisse, alors que ceux des viols sont en constante augmentation. Les condamnations sont plus sévères. les acquittements, stables... Et en tout cas, les verdicts sont plus cohérents d'une Cour à l'autre, même si la Cour d'Assises de Paris reste la plus indulgente alors que celle d'Aix-en-Provence se distingue par sa sévérité. La Croix a même établi un tableau chiffré pour comparer les Cours de Douai, d'Aix, de Lyon, de Paris et de Versailles. S'il y a bien un délit qui peine à être sanctionné par la justice, c'est bien celui des attaques informatiques... Cette fois, les cybercriminels s'attaquent au marché du CO², du gaz carbonique. C'est ce que nous révèle La Tribune, ce matin. Des cybercriminels ont lancé un assaut massif et concerté sur le marché des quotas européens de CO². L'attaque a commencé à la mi-janvier au Danemark et s'est étendue à toute l'Europe la semaine dernière. Le but des attaquants, c'était de s'emparer des quotas pour les transférer hors d'Europe. Quand le virtuel s'attaque au gaz, c'est difficile à cerner. Autre fait de société : le dossier du Parisien-Aujourd'hui en France sur "les échecs de la contraception"... "échecs", car le chiffre des avortements ne baisse pas. Chaque année en France, plus de 200.000 femmes ont recours à une interruption volontaire de grossesse. C'est d'autant plus surprenant, note Le Parisien, que 72% d'entre elles étaient sous contraceptif. Et Ranson, le dessinateur du Parisien-Aujourd'hui, met en scène deux jeunes filles. L'une dit : "Je ne prends pas la pilule : ça fait grossir". L'autre, beaucoup plus ronde, lui répond : "Ne pas la prendre, ça fait grossir aussi". Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé (qui doit recevoir ce matin un rapport), affirme qu'elle "va mettre le paquet dans le milieu scolaire". Car le point faible pointé par le rapport, c'est un défaut d'information, notamment dans le domaine de l'éducation sexuelle dans les écoles. Il n'y a pas de gratuité pour les jeunes filles. Et puis les médecins et les gynécologues vont souvent trop vite. Le Parisien décrit "une journée ordinaire dans un centre d'interruption de grossesse". Ici, 20% des patientes pour l'IVG ont moins de 19 ans. Il ne faut pas rêver : tous les médecins n'ont pas la tête du Dr House... Le nouveau Dr House est arrivé. Vous le verrez à la Une du Figaro, du Parisien-Aujourd'hui en France et de France-Soir, qui nous dit tout sur la cinquième saison du médecin le plus grognon du PAF. Dr House et son comédien Hugh Laurie, "c'est la série télévisée la plus regardée au monde" : 80 millions de téléspectateurs, dans 66 pays. Les séries télévisées, maintenant, c'est incontournable. La preuve : Barack Obama a bien déplacé son Discours sur l'Etat de l'Union pour que les téléspectateurs américains ne ratent pas le début de la nouvelle saison de "Lost", un autre feuilleton (pardon : on dit "série" maintenant). On va terminer sur le violon le plus cher du monde... Un Stradivarius, bien sûr, mais pas n'importe lequel : le tout premier violon alto du célèbre luthier. Il est en photo presque grandeur nature dans le cahier Le Figaro & Vous. Il appartient à une fondation suisse, qui le prête au musicien Antoine Tamestit. "Il lui faut du temps pour se mettre en route, dit son possesseur : comme une personne âgée qui a besoin de sa gym matinale". Ce violon date de 1672. C'est le premier jamais conçu par Stradivarius, qui avait alors 28 ans. Son prix ? "Inestimable", disent les experts. Sans doute le prix d'une toile de maître : aux alentours de 15 millions d'euros. Mais, comme le dit Le Figaro : sa musique, elle, n'a pas de prix. Elle est aujourd'hui sur un disque solo chez Naïve... un solo, car il est interdit à Antoine Tamestit de jouer de cet instrument en orchestre, à cause du risque de chute de pupitre. Le musicien doit également signaler tout voyage long-courrier, et ne doit jamais laisser l'instrument sans surveillance à l'hôtel, au restaurant ou dans un coffre de voiture.

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