Dans la presse ce matin : bataille contre les démons

C'est une guerre qui dure depuis plus de 10 ans. Elle a englouti des milliards de dollars et d'Euros et couté la vie à des milliers de personnes, civils et militaires.

Pour quel résultat ? Aucun ou si peu.

Le Figaro publie ce matin un rapport secret rédigé par des officiers américains en Afghanistan. Il repose sur 27.000 interrogatoires de plus de 4.000 détenus talibans ou d'Al Qaida.

Pas de scoop retentissant, juste la somme de détails très précis et un constat accablant : les Talibans sont prêts à reprendre le contrôle de l'Afghanistan.

"La force, la motivation, le financement et les succès tactiques des Talibans sont intacts", dit le rapport. Les insurgés sont même davantage « confiants » dans leur victoire, que beaucoup jugent aujourd'hui "inévitable". La guérilla est active dans les deux-tiers du pays, elle mène régulièrement des actions jusqu'au cœur de la capitale. Moins d'opérations militaires, davantage d'efforts pour capitaliser sur l'impopularité du gouvernement corrompu d'Hamid Karzai.

Tableau consternant alors que les soldats de l'Otan s'apprêtent à partir. D'ailleurs les talibans auraient volontairement cessé leurs attaques pour encourager ce retrait. Ils travaillent déjà avec le gouvernement au niveau local. Et avec le Pakistan. C'est l'autre point saillant de ce rapport. Il met en lumière, s'il en était besoin, le double jeu du Pakistan. Il reste intimement engagé auprès des Talibans.

Plus que jamais le spectre qui plane sur l'Afghanistan, s'appelle Vietnam.

En politique, comment conjurer les démons qui vous donnent perdant à la présidentielle ?

La méthode Coué d'abord. Après le Off sur la vie du président après la politique, l'Elysée laisse maintenant filtrer des propos plus optimistes. Nettement même. Ils ont été tenus devant une pléiade d'élus UMP et étaient dès hier soir sur leparisien.fr

A en croire le président, ses adversaires feraient fausse route

Marine le Pen ? "Elle a fait une erreur d'analyse en faisant une campagne d'extrême gauche"

François Hollande ? "Il a tiré toutes ses cartouches : déclaration de candidature, premier meeting, projet, grande émission. Qu'est ce qu'il lui reste ? Pouf ! Il se prend de la farine sur la tête."

Les sondages ne seraient pas si mauvais : "C'est pas mal d'en être là où j'en suis en n'étant pas candidat"

Date de l'entrée en campagne ? "A compter du 15 février et jusqu'au 10 mars, tout est possible"

Conjurer les démons, c'est aussi rappeler celle qui a contribué à le faire gagner en 2007. Emmanuelle Mignon, rédactrice du programme il y a 5 ans et qui avait quitté l'équipe Sarkozy depuis, fait son retour. Elle devrait s'occuper du projet et des réseaux pendant la campagne, selon le blog d'Arnaud Leparmentier sur lemonde.fr

Enfin, le gouvernement peut se targuer d'avoir trouvé une solution pour Lejaby. Libération raconte ce matin comment Laurent Wauquiez a mis sur les rails un ancien copain d'école, sous traitant pour LVMH. LVMH dont Nicolas Bazire, témoin de mariage de Carla et Nicolas Sarkozy est le numéro 2. Quand au patron Bernard Arnault, il était de la soirée au Fouquet's.

Joli coup que ce sauvetage, mais Libération réveille les démons, avec sa Une sur la mise en examen d'Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt. Titre de l'article "Woerth est sur le grill, ça chauffe pour Sakozy" Editorial de Vincent Giret : « Confronté à une crise d’une violence inégalée depuis les années 30, miné par une impopularité aussi massive que tenace, le président sortant va devoir également affronter les assauts de la justice. »

Toujours à propos de cette affaire Bettencourt, on lira encore dans Libé comment François-Marie Banier s'est incrusté dans la vie de Liliane Bettencourt. Le récit repose sur les témoignages devant le juge Gentil du personnel de Madame Bettencourt.

Un seul extrait, ça se passe en septembre 2006…

…alors que la milliardaire donne des signes évidents de faiblesse, elle sort de l'hôpital. C'est la comptable, Claire Thibout, qui raconte.

"Banier emmène Lilane Bettencourt dans le jardin. Il lui glisse un petit papier dans son soutien-gorge. Madame m'a remis le petit papier. Il avait écrit les références d'une compagnie d'assurance-vie. Il lui demandait de communiquer le numéro du contrat d'assurance-vie et l'adresse où envoyer le fait qu'il était le nouveau bénéficiaire".

L'avocat de François Marie Banier rejette l'accusation d'abus de faiblesse : « quand les faits sont vérifiables, ce que disent les témoins est faux », affirme maître Cornut-Gentile.

Le démon de la dette... François Bayrou veut s'y attaquer.

Il a détaillé hier son programme économique. 20 mesures phares contre le surendettement, pour l'emploi". L'accueil est assez frais dans la presse. Pour L'Humanité , « François Bayrou (est) champion de l'austérité ». « Il a toujours été ni gauche ni gauche » dit le porte parole du PCF. Autrement dit, de droite.

Les Echos de leur côté critiquent un certain flou de ce programme. Pas un seul Euro supplémentaire dépensé pendant deux par l'Etat, la sécu et les collectivités locales. C'est l'une des mesures phares. Objectif considérable, selon les Echos. Cela impliquerait de réaliser chaque année environ 35 milliards d'Euros d'économies. François Bayrou n'a avancé aucune mesure concrète pour y parvenir.

François Bayrou à droite ? En tout cas dans une interview au Figaro ce matin, le ministre de l'Economie François Baroin lui tend clairement la main. "Il est trop tôt pour parler d'une alliance possible avec le Modem mais pas pour rappeler que François Bayrou et la droite ont gouverné ensemble"

Dans le débat politique encore, on relèvera la tribune de Valery Giscard d'Estaing dans Le Point . Soutien clair et net au nucléaire, garant selon l'ancien président d'indépendance énergétique. "L'abandon de l'indépendance énergétique de la France, serait plus qu'une faute, ce serait un crime"

D'autres démons dans votre besace ?

Des démons mis au tapis. Celui de l'alcoolisme. Le chanteur Renaud à la Une de Paris Match . Il vit désormais dans le Sud et il assure carburer à l'eau claire et aller bien, même si le moral est un peu mistral perdant. "J'ai du mal avec ma vie"

Et puis Marc Roche, correspondant du Monde à la City revient avec la griffe de soie qui caractérise sa signature sur une des histoires de ces derniers jours à Londres. Histoire de Fred Goodwin, le banquier privé de son titre de noblesse. En 2004, alors patron de la Royal Bank of Scotland, il avait été fait chevalier. Lundi, David Cameron lui a retiré cette médaille.

Il faut dire qu'entre temps, la banque s'est effondrée, l'Etat a laissé plus de 50 milliards d'Euros pour la renflouer. 20.000 emplois ont été supprimés. Mais Sir Goodwin, après sa démission, avait négocié une retraite dorée à vie de près de 800.000 Euros et s'était tout de suite recasé comme gestionnaire d’un bureau d'architectes.

Qu'on lui retire sa breloque ne change pas grand chose direz vous. Pas sûr. Etre chevalier, c'est avoir sa table garantie dans le restaurant le plus branché de Londres, c'est être surclassé quand on voyage sur British Airways et pouvoir utiliser son titres pour obtenir un emploi. Les banques sont friandes de chevaliers, surtout leurs clients asiatique, arabes ou russes.

Les autorités sont déterminées à mettre au pas les financiers de haut vol. « Après tout, conclut Marc Roche, les décorations honorent au moins autant ceux qui les remettent que ceux qui les reçoivent. »

A demain

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