8H30, la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par l’état de certaines écoles, en France

Dossier de Une de Libération ce matin, « Ecoles de Marseille, la honte de la république ». « Dans le tiroir du bureau de la directrice de l’école Ruffy, pas de stylos ou de gomme, mais des tournevis et des clefs à molette. Son établissement ressemble plus à un chantier qu’à une école. Visite guidée, « donc là, dans la cave, vous avez la salle de sport. une balustrade pas sécurisée à l’étage, on oblige les enfants à raser les murs, mais bon…Pas d’isolation thermique non plus. Une enseignante explique « Quand les gosses sont écarlates, on les sort dans la cour et on les mouille ». Dans un préfabriqué vieux de 40 ans, un père raconte « la structure est imbibée d’eau. Les enfants arrivent en bonne santé, ils en ressortent malades »

Les photos publiées de 4 écoles marseillaises sont aussi éloquentes que les témoignages : murs moisis, trous dans les sols, sanitaires pourris… « Bienvenue dit le journal dans les écoles publiques de Marseille, la 2ème ville de France ». La situation n’est pas nouvelle, mais la municipalité fait face depuis quelques semaines à une nouvelle fronde, professeurs et parents en appellent cette fois à l’Etat, rappelant à la ministre qu’après tout, elle est bien ministre de l’Education nationale . La mairie dirigée par Jean Claude Gaudin et l’Etat tentent de répondre aux critiques à coup de chiffres : « 31 millions investis pour les travaux dans les écoles en 2015 avance l’adjointe en charge des écoles, « 330 nouveaux postes d’enseignants supplémentaires souligne le cabinet de Najat Vallaud Belkacem, plus 6 millions et demie versés à la ville pour les travaux urgents… Et ? et des enseignants, des parents, des enfants qui ne voient rien venir.

Un responsable syndical affirme que la ville n’a aucun plan de modernisation du bâti, Jean Claude Gaudin n’a pas fait de l’école une priorité, on se souvient de sa fronde contre la réforme des rythmes scolaires. Alors Libération avance une solution, en cas de manquement de la collectivité, le préfet peut faire exécuter les travaux. Une procédure encore jamais utilisée souligne le journal..Mais c’est peut être le moment si on ne veut pas laisser discréditer un peu plus l’école publique

Dans la presse également Hélène, questions sur une possible dégressivité des allocations chômage…

Ah un débat de plus ! « hier les 35h, le code du travail, le statut des fonctionnaires, le plafonnement des indemnités prud’hommales souligne Aujourd’hui en France/le Parisien, jour après jour, les tabous tombent à gauche ». Tir groupé en effet ces derniers jours, après que François Hollande lui-même eut ouvert le bal, de plusieurs ministres n’écartant pas l’idée de donner un tour de vis sur l’indemnisation des chômeurs en échange de formation plus efficace.

Mais à lire tous les dossiers consacrés à ce sujet, dans le Parisien donc, dans les Echos ou dans le Figaro économie, on en ressort avec une quasi certitude. Ca ne se fera pas, et tout le monde le sait. Pourquoi ? parce qu’on a déjà tenté cette dégressivité dans les années 90, avec Martine Aubry ministre du Travail, et ça n’a pas marché. « Dans un contexte de chômage de masse rappellent les Echos, une étude de l’Insee a prouvé que cette dégressivité avait même ralenti le retour à l’emploi ». Aujourd’hui, même conséquence attendue : « ce n’est pas parce que leur allocation va chuter que les chômeurs vont retrouver du travail dans un marché sinistré » expliquent les syndicats. Des syndicats foncièrement contre, même la CFDT, deuxième raison a priori pour que l’Etat n’en arrive pas là même si le patronat pousse . Alors pourquoi on rouvre le débat ? Pour faire prendre conscience aux partenaires sociaux de l’urgence de la situation, c’est-à-dire la dette, à l’heure où ils rediscutent de la convention assurance chômage. « Un chiffon rouge pour faire bouger les uns et les autres » explique le Parisien; les chômeurs apprécieront sans doute de jouer le rôle de la Muleta

Autre débat toujours en cours, la révision constitutionnelle, avec notamment l’inscription de la déchéance de nationalité. L'Opinion nous apprend qu’une fronde s’ouvre à droite sur le texte. Elle est emmenée par François Fillon, candidat aux primaires de son parti. Sceptique depuis le discours devant le Congrès de François Hollande, François Fillon affirme que « plus le temps passe, moins il a envie de voter la réforme, la constitution dit il, n’est pas un lieu où l’on met des symboles pour faire de la com » Toute la question maintenant est de savoir combien il emmènera de parlementaires dans son refus. Enjeu évidemment pour la primaire, mais aussi pour le texte présidentiel : et si Fillon tenait entre ses mains le sort de la révision ? se demande Ludovic Vigogne

Au Royaume-Uni, nouvelle autorisation d’expérimentation sur l’embryon humain ..et des questions

C’est la Une du Financial Times qui parle déjà de « controverse », la Croix détaille le débat éthique qui s’ouvre avec cette nouvelle autorisation. L’objectif de l’équipe de recherche est de comprendre le développement de l’embryon afin de mieux analyser les causes de l’infertilité et de certaines maladies génétiques via une technique dite de Crispr Cas 9…or cette technique pourrait être utilisée en thérapie génique, et modifier à terme toute une descendance. Et c’est là que le bât blesse … si pour l’instant la modification génétique des embryons humains est permise en Grande Bretagne et en France, elle est interdite à des fins de traitement médical... La Chine s’y est essayée à titre expérimental en avril dernier, avant de détruire les embryons traités devant l’ampleur des effets secondaires. Mais c’est bien cette crainte d’un eugénisme potentiel, qui aujourd’hui ressurgit.

Un débat éthique qui n’est pas absent de la lutte contre Zika ; hier l’organisation mondiale de la santé a décrété que la lutte contre ce virus était une « urgence de santé publique de portée mondiale », c’est la 4ème fois qu’elle le fait après la polyomélite, la grippe aviaire et l’épidémie d’Eboba nous dit le Figaro. Un état d’urgence destiné en quelque sorte à galvaniser la communauté internationale sur le sujet. Débat éthique donc, car au-delà de déconseiller le voyage aux femmes enceintes dans les zones touchées, certains se demandent s’il ne faut pas aller plus loin raconte la Croix. Par exemple demander aux femmes de différer leur projet de grossesse. Consignes contradictoires en Martinique, sur le sol français donc, de la part de plusieurs médecins…oui, attendez juillet 2016 dit l’un, non il ne faut pas créer une psychose injustifée dit une autre..Jusqu’où s’ingérer au nom du principe de précaution ?

On termine par des photos

http://blogs.afp.com/makingof/?post/turquie-refugies-naufrage-que-ferais-je-si-ce-bebe-etait-a-moi

2 photos, et un malaise, exprimé dans Libération. Photo de l’artiste chinois Ai weiwei étendu sur un rocher, dans la même position que celle du petit Aylan en septembre dernier. Composition artistique qui a du sens bien sûr, mais reconstitution. En dessous, la photo « vraie » d’un enfant mort en turquie, un de plus. Photo prise il y a 3 jours, par Ozan Koze qui raconte dans Un making of à retrouver sur le site de l’AFP : « personne ne s’occupe du bébé mort. Alors je reviens vers lui et pendant une heure, je reste à ses côtés en silence. Je me demande ce qui est en train d’arriver à l’humanité ». Malaise donc écrit David Carzon dans Libération. Comment en est on arrivé à devoir reconstituer une scène alors que tant d’autres existent en vrai ? La réalité devrait suffire à mobiliser les foules. Et pourtant, la composition de l’artiste chinois prouve qu’il n’en est rien. Des preuves à charge de notre indifférence

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