Les boursicoteurs du réseau social Reddit sont allés faire grimper le cours de l'argent,les Echos. Les adeptes d'un jeu de simulation spatiale ont créé, dans le jeu, des media qui couvrent les batailles galactiques. Dans Transfuge, un écrivain dit son addiction aux échecs, contre la rationalité déraisonnable.

On parle d' argent... 

L'argent qui fait défaut au foot français qui s'était vu trop beau et qui a 48 heures dit l'Equipe pour sauver sa peau et vendre correctement ses droits télés, quand Canal plus attend son heure nous racontent les Jours... L'argent qui se dérobe à ceux qui ne payent plus leur loyer, et dans le sillage de la Fondation Abbé Pierre, vous rencontrez dans l'Humanité Marc 59 ans, maitre d'hôtel que la Covid a mis à genou et qui se voit SDF, et dans l'Humanité encore et dans Libération, Nadège 41 ans conseillère à pole emploi, qui arrondissait son salaire en fabriquant des bijoux mais le Covid l'a eue, sera-t-elle à la rue avec ses enfants?  Dans la Montagne vous apprenez qu'un corrézien va aller en prison, pour trafic de stupéfiants, il pleurait au tribunal quand il a pris ses 6 mois ferme, la Covid lui avait fait perdre son travail d'intérimaire et il avait trois mois d'impayés de loyer... Mais aussi un passé délinquant, était-ce seulement la faute à l'argent...

On le retrouve dans les Echos, l'argent, le métal le vrai et sa réfraction boursière; le cours de l'argent est au plus haut depuis huit ans, c'est la suite de cette fronde qui secoue l'Amérique financière, celle des investisseurs individuels qui se chauffent à blanc sur le forum Wallstreetbets du réseau social, Reddit; après l'affaire Gamestop, ils se sont maintenant convaincus que le cours de l'argent était trop bas, et que c'était une manipulation des banques qui auraient voulu masquer une pénurie... Alors, puissance de la théorie, les boursicoteurs se sont rués sur les actions minières et sur le marché du métal.   

Les Echos relativisent ce spectacle d'apocalypse,  après tout les boursicoteurs complotistes ne sont que les miroir des professionnels de la bourse qui eux aussi s'amusent avec des produits dérivés et la réputation des titres...  

Vous lirez avec intérêt, dans le Financial Times, comment une site d'investissement découvre le monde réel. Robinhood, avait été créé pour démocratiser l'investissement sur les marchés, une utopie au service du peuple mais la plateforme est l'outil de Wallstreetbets, on lui a rappelé qu'elle devait participer à l'équilibre du système et brider ses adeptes. 

Vous lirez aussi sur le site Arrêt sur images le portrait du gourou influenceur de Reddit, le fameux Deepfuckingvalue, de vrai il se nomme Keith Gill,  34 ans, père de famille au cheveux longs, conseiller financier dans une mutuelle d'assurance-vie à Boston, il  se filme dans son sous-sol, il il expliquait à ses followers que les magasins de jeux vidéos n'étaient pas encore obsolètes, et que les jeux en ligne n'avaient pas effacé le monde tangible il a risqué ses économies sur cette théorie somme toute rassurante, et il a été suivi, il en est devenu millionnaire, après tout...   

On parle aussi de journalisme...

Dans Arrêt sur images encore, et c'est perturbant. Car ce journalisme  travaille sur un monde irréel, l'univers d'un jeu vidéo de simulation spatiale appelé EVE Online, dont les adeptes  participent à de gigantesques guerres galactiques. A l'intérieur de l'univers de EVE online, des joueurs ont créé des media qui couvrent les batailles, commentent les combats et les coulisses de la guerre, parfois comme une agence de presse, parfois sous forme de débat,  de satire... Et parfois cette information est manipulée... Le jeu est un moment du vrai...  

Il faut des sensations palpables pour se remettre. Dans le Bien public, je rencontre un costaud à lunettes, Alexandre Burgevin, qui vient de disputer les championnats de France indoor d'aviron catégorie 40-49 ans, un terrible 2000 mètres saisi par le stress, l'envie de pleurer dans l'effort... Mais ce championnat était une bizarrerie en ligne, Alexandre tirait sur un rameur de salle connecté dans le garage de son président de club, n'empêche, il a souffert dans son vrai corps. Le même Bien public consacre deux pages à la désintoxication des joueurs, bien loin des ordinateurs, Mellon ancien accro aux grattages, aide ses semblables à se sauver.   

Dans la splendide revue culturelle Transfuge, un écrivain nous raconte son addiction aux échecs, Denis Grozdanovitch  fut élevé par un père qui lui lisait à dix ans le discours de la méthode de Descartes à dix ans, il n'y comprenait rien, mais c'est comme cela qu'on part à l'aventure. Jeune homme obsédé par l'échiquier il ne regardait plus la beauté du ciel, il a fuit pour se dégriser...  Mais dans le confinement, l'an dernier l'addiction l'a repris, cinq heures par jour en ligne... Grozdanovitch disserte des échecs et pense qu'une jeune maitre avant de naitre a vu toutes les arborescences possibles et les restitue en vivant, il a écrit un livre sur les échecs et la beauté des spéculations contre "la rationalité déraisonnable", il s'appelle "La vie rêvée du joueur d'échecs", lui aurait voulu "Les tribulations d'un vieux pousseur de bois", oui c'eut été mieux.     

On parle enfin de violences...  

Qui partent du monde physique et s'en vont enlaidir la cyber-réalité.

L'Est républicain raconte un jeune homme handicapé que des brutes ont soumis à la torture et ont mis cette torture en ligne mais dans la vraie vie tout se paye et des vengeurs ont traqué dévoilé les jeunes brutes, la police est leur salut. Les DNA racontent un quinquagénaire tombé amoureux d'une escort et qui, finalement éconduit, en dépit de ses cadeaux, a réalisé un site internet et envoyé des courriels à la famille de la jeune femme, qui ne savait pas qu'elle avait une double vie...    

Ouest France consacre un gros dossier aux attaques informatiques que subissent les entreprises, chacune grosse ou petite peut être visée par ces maîtres-chanteurs, et même le journal... Dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 novembre dernier,  en pleine impression des 400000 exemplaires du journal, sur son site de Chantepie près de Rennes, Ouest-France a vu ses machines hésiter, ralentir, s'enrayer et a réalisé qu'un virus l'attaquait, le journal est sorti dans un trou de souris mais le lendemain, pour éviter la contagion, il a fallu couper les serveurs et le site internet, saborder le système pour être plus violent que l'attaque et reconstruire l'architecture. Il n'y a eu qu'une édition au lieu de 40 du journal le dimanche 22 novembre, il a fallu le faire à la mai  et répondre à 15000 lecteurs qui étonnés appelaient... Ces lecteurs de chair et d'impatience, comme nos auditeurs, une présence bruissante qui nous justifie...

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