C'est très reposant, la mort... C'est peut-être même très confortable... Prenez le cas de François Mitterrand : un cas d'école... Que n'a-t-il pas été critiqué, justement ou injustement... Or aujourd'hui, à quelques jours des célébrations du 10ème anniversaire de sa mort, il tient une place de choix au Panthéon des anciens Présidents... C'est un sondage CSA que publie "Libération"... Pour 35 % des sondés, il a été le meilleur chef de l'Etat, devant le Général de Gaulle... Et donc devant tous les autres... Le moins apprécié restant le seul vivant de ce club très fermé des ex : Valéry Giscard d'Estaing. Ca s'appelle la gloire posthume... Le confort post-mortem, si vous préférez. D'où ce titre de "Libé" : "Mitterrand réélu !" D'ailleurs, comme le disait l'intéressé... souvenez-vous de ces derniers voeux, le 31 décembre 94 : "Je ne vous quitterai pas... je crois aux forces de l'esprit". Bien vu. Alors forcément, la comparaison s'impose, puisque Jacques Chirac, lui, a présenté ses voeux samedi soir. Mitterrand 94 : le roi chenu... Chirac 2006 : le roi est nu. Et "Libé" nous explique que, malade, immobile et acculé, Mitterrand griffait et manipulait encore... "Je ne leur ferais pas cadeau d'une minute", disait-il... Alors que pour Chirac, poursuit le quotidien... Pour ce Président marginalisé, le défi de l'année sera d'exister. Mais ne nous y trompons pas, écrit Stéphane Denis dans "Le Figaro" : c'est plutôt le propre discrédit de l'actuel Président qui redonne du lustre à son prédécesseur socialiste... Et n'oublions pas non plus que, pour les nouveaux et les anciens mitterrandistes, l'ancien Président socialiste semble incarner un âge d'or... Or il fut leur dernier roi de France. Alors il faut préciser que dans le sondage publié par "Libération", Jacques Chirac ne s'en sort pas si mal, puisqu'il arrive en troisième position... Pile au milieu du classement, derrière Mitterrand et de Gaulle mais devant Pompidou et Giscard... Et ce matin, dans la presse, il est partout... Tous les journaux commentent ses voeux de samedi soir... Et tous sont d'accord au moins sur un point : c'est un Président combatif et volontaire qu'on a vu. Pour le reste, c'est le scepticisme qui l'emporte, avec un peu de cruauté aussi sur le thème du laborieux fin de règne... Comme en témoignent ces mots écrits par Jacques Camus dans "La République du Centre" : "Le problème avec Chirac, c'est que les voeux ne sont que des voeux pieux... Il n'a jamais été l'homme des bilans, mais celui des programmes électoraux". "Pour ceux qui savaient l'entendre, samedi soir, Chirac, c'était Rulio Iglésias roucoulant aux Français : non, je n'ai pas changé... Alors on retiendra surtout de lui sa belle cravate marron glacé et ses lunettes de jeune homme, remarque Thierry de Cabarus dans "L'Union". Enfin, pour Christine Clerc, du "Télégramme de Brest", le discours chiraquien, lu mécaniquement, sur un prompteur a laissé indifférent... C'est cruel, souligne notre consoeur... Oui, mais Jacques Chirac a toujours su que la politique était cruelle. La preuve, avec ce titre de "France Soir" : "Chirac, encore 16 mois"... "Tiendrons-nous ?", s'interroge Serge Faubert... 16 mois encore à supporter un Président à bout de souffle... Mais pas seulement... 16 mois à subir le marquage à la culotte permanent et réciproque de Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin... Sans oublier la foire aux candidats de la gauche... Bonne année quand même ! Précisément, comment s'annonce-t-elle, cette année 2006 ?... "Année utile", a dit Dominique de Villepin... C'est mieux, effectivement, qu'une année qui ne sert à rien... Alors chiche : soyons confiants et optimistes, nous dit Nicolas Beytout, directeur de la rédaction du "Figaro"... Pour lui, c'est cet état d'esprit que Jacques Chirac a voulu exalter samedi soir. Optimisme qui trouve un écho dans le journal "La Tribune"... Qui nous dit que l'année qui commence est celle de tous les espoirs, en termes de croissance... Et que le taux de chômage pourrait bien descendre à 9%... Oui, si l'on prenait le pari un peu fou que tout pourrait aller encore mieux en 2006, écrit François-Xavier Pietri. Eh bien, à ce petit jeu du verre à moitié vide ou à moitié plein, "L'Huma" répond sur un tout autre ton que celui de "La Tribune", sous ce titre en Une : "Ce qui vous attend dès janvier"... Et c'est ainsi que le quotidien communiste déroule sa liste... Resserrement de l'étau sur les chômeurs, offensive contre le Code du travail, épargne-logement pénalisée, parcours de soins plus coûteux... Et sur le terrain de la sécurité, ce titre de "L'Huma" : "Mieux vaut punir que guérir". Enfin, dans la série "Après les cotillons, les augmentations", "France Soir" recense tout ce qui change dès ce matin, en termes de retraite, Sécurité sociale, loyer, énergie, assurance, transports et emploi. Et puis il y a les figures de l'année, que "Le Parisien" réunit sur sa Une, dans un ensemble saisissant, puisque Nicolas Sarkozy côtoie Zidane et les Bronzés... "Ils vont marquer l'année 2006", assure "Le Parisien"... Une sélection où l'on retrouve, en pages intérieures, Patrick Bruel qui prépare son retour en chansons, Carlos Ghosn qui veut booster Renault, Jean-Louis Borloo qui veut faire la même chose avec l'emploi, Ségolène Royal qu'on ne présente plus, mais aussi Mozart... Car 2006 est l'année Mozart en France... Le tramway à Paris qui entrera en service le 12 octobre... Et les incontournables, comme Nicolas Sarkozy, entré en service depuis bien longtemps, dans la perspective 2007... L'ours des Pyrénées, qui semble un peu perdu dans cette jungle humaine... Audrey Tautou, qu'on verra dans le "Da Vinci Code" version cinéma... Ca va cartonner... Mais peut-être moins que LE film... Qui s'annonce comme le recordman absolu de la promo : "Les Bronzés", bien sûr, qui s'offre déjà une double page de pub dans "Le Parisien", alors que le film ne sort que le 1er février... L'équipe des Bronzés vous souhaite une très bonne année ! Oui, 6.000... Chiffre officiel retenu par la linguiste Colette Greenwald... C'est elle qui a aidé l'UNESCO a définir les critères de vitalité des langues... Mais elle tire aussi la sonnette d'alarme... D'ici un siècle, la moitié des langues parlées actuellement dans le monde aura disparu. Et encore, c'est une estimation basse. Alors évidemment, la question est de savoir pourquoi cette accélération de la disparition des langues... C'est donc Colette Grinevald qui y répond, dans une interview au journal "Le Monde"... D'abord, la globalisation économique, qui entraîne un exode rural des populations indigènes... En quelque sorte, quand elles arrivent dans les villes, elles en perdent leur latin... Et puis c'est une question d'intégration sociale... Dans le monde amérindien, par exemple, les parents sont persuadés que parler une langue indienne est un handicap pour trouver un travail... Ce qui provoque aussi des problèmes identitaires, et peut même devenir source de violences, comme en France chez certains étudiants maghrébins qui ne connaissent pas l'arabe et qui le vivent très mal, explique la linguiste. Autre question : quelles langues risquent de disparaître ?... Eh bien, si l'on prend l'exemple français, le breton, le franco-provençal ou le poitevin-saintongeais sont sérieusement en danger, parce qu'elles manquent de plus en plus de locuteurs... De moins en moins de jeunes ont envie de les apprendre. Enfin, il faut s'y faire : il y aura bien une langue mondiale à terme : ce sera l'anglais, bien sûr... Dite "langue véhiculaire"... Là encore, la cause principale, c'est la mondialisation économique. 2006 commence... C'est aussi traditionnellement, dans la presse, l'occasion de jeter un coup d'oeil dans le rétroviseur... Alors, à travers quelques images ici et là, on se souvient de ce qu'a été 2005... Ce qui est notamment la démarche des "Dernières Nouvelles d'Alsace"... C'est aussi l'occasion de décerner des trophées... Et parmi les plus connus, il y a celui de "Champion des champions du monde" du journal "L'Equipe"... Pour 2005, il va à Federer... Roger Federer, numéro 1 du tennis mondial... Et beaucoup plus encore... Comme le dit Claude Droussent, ce joueur-là incarne aussi la perfection, telle qu'on n'osait plus l'imaginer sur un court... Une sorte de fulgurance, et une certaine idée du panache. On ajoutera que ce joueur est également exceptionnel par l'élégance... Regardez-le : ses mouvements sur un court, c'est une véritable chorégraphie... Et puis il y a les résultats, tout simplement : cette année, le Suisse a gagné 81 fois et perdu 4 fois... Ce qui veut dire qu'il a remporté 95% de ses matches... Ce qui flirte avec le vieux record de McEnroe qui, en 1984, avait aligné 82 victoires pour 3 défaites. Elle est intéressante d'ailleurs, cette comparaison que fait "L'Equipe" avec McEnroe... Parce que l'Américain et le Suisse sont incontestablement les deux plus grands joueurs de l'histoire du tennis moderne... Les plus créatifs... Les ambassadeurs du tennis d'attaque... Risqué, fin, spectaculaire, élégant... Tout le contraire des joueurs de fond de court à la Borg, et de ses piètres héritiers, genre gros bras musclés... Ce qui est intéressant, dans la comparaison entre Federer et McEnroe, c'est qu'ils ont tout gagné, sauf Roland-Garros qui, décidément, ne sourit qu'aux moins audacieux. Cela dit, et comme le remarque "La Libre Belgique" qui, elle aussi, fait son classement des sportifs... Federer semble perché sur une autre planète... Une sorte d'Olympe... Federer, grand de son vivant... Pas besoin d'attendre une gloire posthume. Bonne Journée... Et puisque c'est le moment ou jamais : Bonne Année !

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