Bonjour... Vous en voulez du nouveau-né ?... ...Allez donc consulter les Unes de la presse régionale. Vos quotidiens, ce matin (souvent faute d'une parution hier) titrent fréquemment, photos à l'appui, sur "les bébés de l'an neuf". C'est le cas de NICE MATIN, CORSE MATIN, VAR MATIN, du MAINE LIBRE, de PRESSE OCEAN... Ils sont craquants et parfois tout chiffonnés de ce qui vient de leur arriver, les petits "emmaillotés"... Et quand ils vont découvrir les prénoms que leurs parents leur ont donné, certains d'entre eux vont peut-être faire la gueule. ... Accrochez-vous : - Louna, Maïllys, Léa, Nikita, Chérine pour les filles... - Roch, Ilyass, Jona, Enzo, Ilane pour les garçons (je n'ai pas su dans quelle catégorie classer "Casilde"). On se sent un peu ringard quand on se prénomme Alain. Des bébés, en France, il y en a à foison... C'est ce que nous apprennent en choeur OUEST FRANCE et LES ECHOS... Le quotidien de l'économie fait son gros titre de Une sur le résultat du dernier recensement, paru avant-hier au Journal Officiel : "La France a gagné 3 millions d'habitants en sept ans"... fin 2006, nous étions 63.185.925 dans l'hexagone. Serrons les rangs ! En sous-titre des ECHOS, on apprend que les régions littorales (Corse d'abord, Languedoc-Roussillon ensuite) sont les "grandes gagnantes de la poussée démographique" et que "la population de Paris se redresse rapidement". Seule région en perte de vitesse : Champagne-Ardenne ; elle a perdu des habitants. Et à nouveau, en janvier, on vous comptera. Le rencensement est en effet devenu annuel, et cela inquiète certains élus. Mis à part le fait que les statistiques de l'Insee constituent "des chiffres-clé pour le découpage électoral", les communes pourront perdre, d'une année sur l'autre, le bénéfice de telle ou telle disposition législative ; elles pourront aussi "gagner" (si je puis dire) des contraintes étroitement liées au seuil démographique : dans notre pays, pas moins de 351 articles de loi se réfèrent au nombre d'habitants des territoires communaux, notamment pour la création d'aires d'accueil des gens du voyage ou pour la construction des logements sociaux. C'est donc à lire dans LES ECHOS. ...Il y a d'autres statistiques, dans les journaux, ce matin... Oui, nous en avons déjà largement fait état dans les journaux de France Inter et ça fait la Une de pas mal de quotidiens régionaux (LA DEPECHE DU MIDI, L'EST REPUBLICAIN, LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST et j'en passe) : 1.147 voitures brûlées dans la nuit de la St-Sylvestre contre 878 un an plus tôt... 30% d'augmentation... La presse du jour fait état de ce qu'elle appelle parfois "le triste record". En première page de PRESSE OCEAN, ce titre : "Elles ont veillé sur leur voiture la nuit du réveillon (...) de peur de perdre leurs outils de travail, deux habitantes du quartier Malakoff (de Nantes) ont fait le guet" la nuit du Nouvel An. Dans son article, Anne-Hélène Dorison raconte : "Elles sont debout à côté de leur voiture, de leur 'outil de travail'. Ce ne sont pas de grosses cylindrées, non. Elles ne côtent pas bien haut. Justement. 'Moi, je repars au boulot lundi. Et si je n'ai plus de voiture, je suis dans la panade' dit la première. 'Et moi, je suis aide à domicile. Et je n'aurais pas assez de sous de côté pour m'en racheter une', dit la seconde. Elles sont descendues de chez elles à force de voir, "de leurs fenêtres (...) débouler les lumières bleutées des pompiers", à force d'"entendre le 'boum' devenu familier de la voiture qui s'enflamme et sentir l'odeur du plastique brûlé". Elles ont veillé jusqu'à 5 heures. Au cours de cette nuit dédiée en principe à la fête, 22 automobiles ont été incendiées à Nantes ; les flammes se sont propagées à 10 autres. Leurs voitures, à eux, ne risquaient pas de brûler sur le parking d'une cité en France... Les 230 concurrents du Dakar s'apprêtent à prendre la route pour la 30ème édition du rallye... "CAP SUR LES ANDES" titre L'EQUIPE qui consacre 8 pages à ce que LE FIGARO baptise étrangement : "Le Dakar argentin". ...On s'y perd ! Vous vous rappelez le dessin qui orne la couverture de l'album de Tintin intitulé "Au pays de l'or noir" ?... On y voit Dupont et Dupond traverser un désert à bord d'une Jeep. L'un est au volant, l'autre à ses côtés. Dans L'EST REPUBLICAIN, le dessinateur Philippe Delestre reprend les ingrédients de cette scène : un désert, une Jeep, deux personnages presqu'en tout point semblable (l'un au volant, l'autre à ses côtés) : Sarkozy et Sarkozy. Le passager dit au chauffeur qui paraît bien troublé : "C'est Paris-Dakar qui part pas de Paris et qui n'arrive pas à Dakar". C'est "L'an nouveau du Sarkoshow" : ... ce titre qui couvre la première page du quotidien LIBERATION est illustré par Willem. Il représente le chef de l'Etat qui court à l'intérieur d'une roue, tel un hamster ou un cochon d'inde. En page intérieure, Laurent Joffrin poursuit dans la métaphore animale. Il écrit : "après Chirac, girafe endormie, nous avons Sarkozy, antilope zigzagante". Joffrin ajoute : "Certaines réformes étaient indispensables, nous les avons approuvé (...) mais pour le reste, il faut se rappeler cette vérité tétue : même quand il pratique l'ouverture, même quand il reprend telle ou telle idée de l'opposition -tactique destinée moins à chercher un juste milieu qu'à déséquilibrer l'adversaire- Sarkozy est un conservateur". Dans son dossier du jour, LIBERATION a choisi de passer au crible le chef de l'Etat : "son style, ses ratés et ses initiatives". En page 2, ça devient : "Sarkozy : le grand recul en avant". Libé fait parler 6 personnalités de la "société civile" comme on dit aujourd'hui. Florilège : - Selon l'écrivain Christian Salmon, "qu'il s'agisse de la crise en Géorgie, d'un fait divers psychiatrique, de la crise des Subprimes ou de l'arrestation scénarisée d'un pseudo-groupe terroriste, Sarkozy est celui qui, constamment, déclenche l'alarme. Il gouverne en dramatisant la vie publique". - "La gestuelle Sarkozy tient de la comédie. Parce qu'il fonctionne sur la rapidité, la vitesse, ce qui est le ressort même de la comédie depuis Aristophane", renchérit le directeur du théâtre national de Marseille, Jean-Louis Benoît. - Le professeur Georges Barreyre (il enseigne en classe préparatoire à Orléans) souligne "une diction et un style de faux modeste". - Le linguiste Pierre Encrevé reprend cet échange que le président de la République avait eu avec le directeur de LIBERATION : "Excusez-moi, M'sieur Joffrin, les mots ont un sens, M'sieur Joffrin. Ils doivent l'avoir pour vous s'ils l'ont pour moi". En spécialiste de la langue, Pierre Encrevé note l'utilisation, par Nicolas Sarkozy, du métaplasme "M'sieur", de l'omission de la particule de négation et de la simplification des mots ("c'est pus" au lieu de "ce n'est plus") et la contraction lagaffienne "m'enfin". Le linguiste le déplore : "mille regrets pour l'Académie française, ce n'est pas elle mais son protecteur qui assigne désormais leur sens aux mots, et ce sens s'impose à tous" (...) "Les mots ont un sens : celui qu'il leur donne. Vous lirez aussi le point de vue de Camille Laurens, l'écrivaine, et du comédien Patrick Timsit. Il déclare, Timsit : "Il fait son discours avec une conviction d'acteur. Quand il vous parle des SDF, il vous dit tout ça avec l'air de penser : 'comment ? vous ne voulez pas qu'on donne un bon repas chaud à ces pauvres gens ?'". Ce qui est sûr, ce matin, c'est qu'à la lecture de LIBERATION, Nicolas Sarkozy ne risque pas d'avoir froid : il est habillé pour l'hiver, notamment à travers ce papier intitulé "Des voeux fixés sur l'étranger", où l'on nous dit qu'"avec l'international, le chef de l'Etat élude la crise économique". Il est bien sûr question là, de l'initiative de paix qui conduira lundi le président français au Proche-Orient. Vos éditorialistes le voient, à l'instar de Jean-Marcel Bouguerau, dans LA REPUBLIQUE DES PYRENEES et de quelques autres, en "médiateur possible, au moment où les Etats-Unis, d'ordinaire seule puissance tutélaire d'Israël, vivent un inter-règne". Dans LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST, Hervé Canet lui trouve une nouvelle appellation : "Le joker de la paix"... Au passage, vous lirez dans LA TRIBUNE, que "le budget 2009 de l'Elysée prévoit 10 millions d'euros pour les déplacements aériens du président". ... encore un mot ? J'aurais aimé vous parler de cet article du MONDE qui nous apprend, sous le titre "la France se convertit aux écoles du rire", que plusieurs lieux ouvrent des formations spécifiques pour humoristes. Mais je n'en aurai pas le temps. A ce propos, j'aurais pu dire un mot de ce grand article que LIBERATION consacre au "côté obscur" de Dieudonné, le nouvel ami du négationniste Robert Faurisson. Je préfère tourner la page et filer directement en 4ème de couverture du même journal, avec ce portrait de Leryn Franco. Cette ravissante lanceuse de javelot paraguayenne ne s'est classée qu'à la 51ème place sur 54 aux Jeux de Pékin. Pourtant, elle attire les sponsors depuis l'été dernier. Comme disait l'un de mes vieux chefs de service, un verre de Muscadet en main, au comptoir du Santeuil : "La beauté des femmes est une preuve de l'existence de Dieu". Je connais des mécréants qui aimeraient croire plus souvent.

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