les années se suivent et se ressemblent pour Dassault à la Une du Figaro. Ah non, 2017, ce sera sans Hollande...

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence évidemment par des vœux

Que se souhaiter Patrick ?

La même chose que d’habitude ! C’est en tout cas la réponse de Serge Dassault propriétaire du Figaro, qui comme aux chaque premiers jours de la nouvelle année gratifie ses lecteurs de son traditionnel éditorial. Pas les 2 petites colonnes habituelles dévolues aux plumes qui officient les 364 autres jours de l’année, mais la première page sur 3 colonnes, plus une pleine page pour délivrer ses quelques obsessions : 1 il faut aider les entreprises à licencier sinon elles n’embauchent jamais, 2, au-delà du terrorisme, de l’éducation et de l’emploi, la vraie priorité, c’est la dette. « Nous sommes assis sur une bombe à retardement » écrit-il ce matin, « et le compte à rebours touche à sa fin » et de nous prédire une hausse des taux d’intérêt qui asphyxiera la France d’ici peu, imaginant déjà un scénario où la France serait en cessation de paiement, et où elle vivrait à l’instar de la Grèce, « l’humiliation d’une faillite nationale ». Je vous le disais, les années se suivent et se ressemblent. La preuve, relisez le Figaro du 1er janvier 2016, Serge Dassault dénonçait déjà Giscard comme « étant le premier à lancer la course folle aux déficits publics », il dénonçait déjà la « faillite de l’éducation nationale », réclamait déjà « une véritable flexibilité de l’emploi, mais aussi, avec François Hollande à l’époque, « la déchéance de nationalité pour les terroristes ». bref, 2016, 15, 14, 12…même place à la Une du Figaro, mêmes mots, toujours pour dire« Cette année, j'ai centré mon éditorial sur l'essentiel de ce que je pense le plus important :le retour rapide à l'équilibre budgétaire et les conditions pour obtenir la croissance. » Voilà…Les vœux du Figaro en 2017, année électorale ou pas, « Pour que tout change, il faut que rien ne change »

Alors, si vous jugez ces vœux patronaux sinon éculés, en tout cas répétitifs, je vous conseille de lire Bruno Bonduelle dans la Voix du Nord. Ex-Pdg du groupe éponyme, « voix toujours écoutée dans le landerneau économique régional » nous dit le quotidien, Bruno Bonduelle émet le vœu que cette année soit celle du reboisement des Hauts de France. Oui, « il nous faut une forêt urbaine dit il, pour garder nos jeunes diplômés et nos cadres qui évoquent la tristesse de notre campagne et le manque de nature pour justifier leur manque d’envie de s’installer dans la métropole » Un patron qui réclame des arbres, et pas des baisses de charges, voilà un peu de nouveau en 2017

Une nouvelle année déjà marquée par le terrorisme

Avec l’attentat dans le club Reina d’Istanbul au soir du réveillon, « l’attentat Bataclan» titre la Croix pour reprendre une expression largement répandue ce week-end sur les réseaux sociaux qui faisait le parallèle avec les attentats parisiens de novembre 2015, la jeunesse et la liberté visées. Analyse de Georges Malbrunot dans le Figaro ce matin qui explique bien « les zigs zags d’Erdogan sur le dossier syrien ». La Turquie en effet dit il, n’en finit pas de payer sa politique syrienne aventureuse. D’abord alliée des Etats unis, de la France et des monarchies sunnites du Golfe pour renverser le dictateur syrien, la Turquie est devenue la base arrière de la rébellion, qui s’est islamisée peu à peu ; et puis, l’émancipation progressive de ses ennemis kurdes syriens, l’apparition de l’Etat islamique sur son flanc sud, puis le coup d’état raté cet été, ont fait basculé* Erdogan dans le camp de Poutine, premier dirigeant à le soutenir au soir du 15 juillet. « Sans le dire, un deal est passé entre Moscou et Ankara écrit Malbrunot, offensive militaire turque dans le Nord syrien pour établir une zone d’influence turque contre Alep laissé aux Russes et à Assad. Les kurdes, plus qu’Assad sont devenus la cible prioritaire du pouvoir turc, passé donc dans le giron russo iranien. Des zigs zags qui ont alimenté la rancœur de tous ses ennemis. Et qui expliquent aujourd’hui pourquoi la Turquie est aujourd’hui la cible de tant d’attentats, notamment des djihadistes de Daech.

En France Hélène, 2017 sera aussi une année présidentielle…

« L’année 2016 fut celle de la défaite de la vérité, et du triomphe de la force » analyse Dominique Moïsi dans les Echos, « année d’un double dysfonctionnement » de la démocratie et de l’ordre international, à l’appui, le brexit, l’élection de Trump aux Etats-unis et l’implication de Vladimir Poutine dans le conflit syrien, alors que sera chez nous 2017 ?

« 2107, fête ou tempête, c’est comme vous voudrez » prévient Denis Daumin dans la Nouvelle république du centre ouest. Puisqu’effectivement, les français relancent les dés au printemps prochain, en se choisissant un nouveau président. Chacun se garde de tout pronostic vu ce qu’on a vécu en 2016, mais seule certitude ce matin partagée par tous, et pour cause, 2017 se fera sans François Hollande. François Hollande à qui quelques éditorialistes reconnaissent ce matin d’avoir prononcé des vœux impeccablement présidentiels « il avait les accents de la sincérité, de la conviction et d’une vision insoupçonnée » dit encore Daumin « dommage, c’étaient les derniers », François Hollande qui s’est bien gardé de se choisir un successeur, aucune préférence indiquée dans la primaire de gauche. « Héritage sans héritier » écrit Mathieu Verrier dans la Voix du Nord. Mais c’est sans doute la loi de la 5ème république » reconnait il, « les successeurs du sortant se construisent toujours sur la rupture. Reste aux candidats à la primaire de gauche de trouver la bonne distance à l’égard des 5 ans écoulés » professe t il. Distance dont on a compris Bernard Cazeneuve que vous la souhaitiez la plus courte possible

Bon, en tout cas, on aura peut-être un geek à l’Elysée . Fillon, Mélenchon, Macron, pas d’intrus, ils sont tous les 3, nous dit Aujourd’hui en France/le Parisien des candidats « technophiles », iphone 7, Ipad avec lequel il pilote un drone dernier cri et amateur de revues spécialisées ça c’est pour François Fillon dont le plus jeune des fils était convaincu que le vrai métier de papa était « réparateur d’ordinateurs », stratégie numérique pour Emmanuel Macron qui s’est beaucoup inspiré pour son mouvement En marche, des campagnes de Barak Obama en 2008, et plus récemment celles de bernie Sanders et Podemos en Espagne. Jean Luc mélenchon enfin à la tête d’une véritable PME médiatique, avec sa chaine créée sur Youtube, 140 000 abonnés, un record, mobilisation tous azimuts sur le web qui lui permet de s’adresser directement à ses sympathisants et d’d’écouler son programme, 20 000 exemplaires vendus en 10 jours de l’Avenir en commun, 3 euros, et numéro 2 des ventes sur Amazon juste derrière, Harry Potter le sorcier !

On termine avec la première polémique de l’année de cette présidentielle…

Le prochain film de Lucas Belvaux, « Chez nous », sortie prévue le 22 février. Tourné dans le Nord, le film traite de la montée électorale d’un parti extrémiste, la Voix du Nord en a diffusé la bande annonce dès vendredi. Florian Philippot le numéro 2 du FN n’a donc vu que ces quelques images, elles lui ont suffi, pour juger que « ça avait l’air d’un joli navet ». Mais le numéro 2 du FN pose surtout la question de l’opportunité de la sortie de ce film "On est à deux mois de l’élection présidentielle. Inadmissible tonne t il. Peut-être faudrait-il mettre le budget de ce film sur les comptes de campagne de nos adversaires ». Gilbert Collard a lui carrément évoqué « les émules de Goebbels », Steve Briois s’est ému de voir Marine le Pen « caricaturée en pot à tabac, par son interprète Catherine Jacob ». La place, le rôle de la culture dans le débat politique au-delà du sens de l’esthétisme culturel du FN, je laisse Augustin Trappenard réfléchir à la question, mais il y a plus mauvais objet de débat démocratique

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