C'est le charmant incontournable du début janvier... les bébés de la saint sylvestre, qui plissent les yeux dans toute la presse régionale...

La petite Fanny de Thonon les bains dans  le Dauphiné, Axel, Louis, Léo de Montpellier, 3,3 kg en combinaison molletonnée rouge et blanche dans Midi Libre, Emily de Chartres dans l'Echo républicain...  Et tant d'autres bambins... 

Qui naissent dans un monde nouveau... fabriqué par la ministre de la santé Agnès Buzyn: ces nouveaux bébés sont ceux des onze vaccins obligatoires, obligation entrée en vigueur hier, il faudra être en règle en juin pour entrer en crèche puis à l'école... 

Et ce n'est pas seulement une question de santé publique... 

NON,  explique Libération...

"C'est l'autorité de l'Etat  qui a été restaurée sur la question sanitaire." 

Ce vocabulaire donne une mesure idéologique de la journée... quand Le Figaro titre sur deux policiers "sauvagement agressés par une bande de voyous", on parle de Champigny sur Marne... Quand le même Libération, consacre deux pages au réveillon des forces de police... 

Même les piqures des bambins rappellent le besoin d’autorité et d'Etat... L'Etat fort et raisonnable, de retour avec la science dit Libération. Agnès Buzyn médecin cancérologue, aurait mis fin au doute et au fatalisme...

Libération n'est pas toute la raison de la presse. "Ces onze vaccins obligatoires, quel casse-tête!"  se plaint  dans le parisien... Philippe Laurent secrétaire général de l'association des maires de France... Car ce sont les maires qui inscrivent les enfants à école ou en crèche, et si les enfants n'ont pas tous leurs vaccins, "ça va être le merdier" avec les parents, Oh!

Le Parisien raconte Elodie qui a 34 ans et qui a saisi le défenseur des droits. Elle ne veut pas vacciner son petit garçon, Guillain, elle soupçonne des allergies héréditaires à l'aluminium, un adjuvant de la composition de vaccins, et la ville de Courbevoie lui interdit ses crèches...

Est-ce irrationnel, une mère et comment la contraindre ?

Le Monde diplomatique rappelle que un million de personnes ont réclamé dans une pétition un vaccin Diphtérie tétanos Polio sans adjuvant à base d'aluminium... Et le journal déconstruit méthodiquement le discours officiel sur les vaccinations.. Il y avait des débats et des doutes sur la question vaccinale. "Est-il justifié de vacciner un bébé contre l'hépatite B, qui se transmet par le sang et les relations sexuelles ? Consacre-t-on suffisamment de moyens à l'étude des risques ?" Les doutes ont été écartés.

C'est exactement cela, l'autorité de l'Etat ... 

On parle commémoration dans nos journaux

Est-ce qu'elle sent le bébé, notre année 2018, ou va-t-on remuer du vieux? C'est l'année de toutes les commémorations titre la dépêche, 1918, la fin de la Grande guerre, 1958, la Ve république,  Mai 1968, 1998, la France blanck blanc beur de la coupe du monde...

Mais on pourrait aussi célébrer Claude François mort en 1978 ou René Char, mort en 1988, dit la Dépêche, mais aussi, complète l'opinion, le géographe Paul Vidal de la Blache, celui des cartes scolaires, l'aviateur Roland Garros, Claude Debussy, Guillaume Apollinaire ou Edmond Rostand, tous morts il y a cent ans...

Que faire de tant de passé, se demande la croix...  La commémoration  "comme la tragédie pour la démocratie grecque, est une institution qui fabrique du sens politique, une des formes par lesquelles une population s' auto institue comme Nation" dit l'historienne Sophie Ernst dans la Dépêche... Mais attention  dit un autre historien, dans la Croix, Nicolas Offenstadt, "le discours sur le passé est souvent orchestré par l'Etat..." 

Et souvent le passé divise...

Dans Libération, Luc Le vaillant s'autoproclame tout petit frère de mai 68 et il en devient mécontemporain... Le Vaillant, inquiet d'une contre-révolution sexuelle, fustige une époque où  "on se clashe sur #Balancetonporc tout en se «matchant» sur Tinder dans une remise en cause déstabilisante des codes de séduction français...." 

On parlait comme ça, en draguant à la sorbonne en 68?

Mais c'est la beauté d'une passion française -l'histoire. On s’en dispute, et ça ne date pas d’aujoud’hui… La Montagne a déniché les archives photographiques d'un pharmacien et photographe de Tulle, et raconte la cité corrézienne à travers de vieux clichés... aujourd'hui on voit des gendarmes à cheval bloquant la cathédrale de la ville... C'était en 1896, pour empêcher une procession religieuse... La laicité déjà...

Notons Nicolas. Pendant que nous regardons notre histoire, d'autres la vivent... L'Iran où l'on manifeste fait la une de Libération... On raconte dans nos journaux la colère sociale... mais aussi le vertige mémoire, dans un pays qui cherche ce qu'il était avant la dictature religieuse...

On a enfin de bonnes résolutions dans les journaux

Et c'est un autre invariant de l'année... On va faire du sport et perdre du poids, dit l'Est républicain, j'arrête de fumer et je recycle, complète la Provence... On échouera, ... mais pourtant on y revient. C'est  un rituel immémorial... L'est républicain le dit:

La tradition des bonnes résolutions à l’arrivée de la nouvelle année remonte à l’antiquité, en Mésopotamie. Sous le nom d’« Akitu », la fête du Nouvel An de Babylone, était le moment où l'on promettait aux dieux "de rendre le matériel agricole emprunté et rembourser ses dettes

Un homme en France a conscience de l'importance des rires; C'est Serge Dassault qui comme chaque année livre ses vœux dans le Figaro, qui lui appartient... Et dans ce texte, il se révèle macronien, ravi que le jeune président ait fait éclater les partis traditionnels, tel de gaulle en son temps... 

Il est macronien et le sera encore plus si le pouvoir en finit avec l'impôt progressif, et s'il supprime le collège unique et rétablit un examen à la fin de l'école primaire, comme le certificat d'étude de nos... parents... grand-parents ?

Il dit chaque année un peu la même chose, Serge Dassault... Mais c'est intéressant de voir le propriétaire du Figaro fustiger le discours de la "droite vraiment à droite"...  Et  puis, le certif, le certif...

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