Et un problème de plus à l'école... Ca ne va plus entre les parents et les enseignants. Un sondage CSA pour La Croix en atteste ce matin : les deux-tiers des parents d'élèves reprochent aux profs de manquer d'autorité. Deux-tiers des élèves leur font le même reproche. "Le délicat partage de l'autorité", titre La Croix. Les parents râlent, mais ils devraient peut-être se regarder dans la glace d'abord. Eux-mêmes n'osent pas exercer leur autorité sur leurs enfants, écrit Christine Legrand. Peur de dire "non", peur de brimer, peur de ne plus être aimés. Et puis ils sont souvent désarmés, notamment face aux nouvelles technologies : ils ne savent pas où fixer les limites. Pas facile de reconnaître qu'on ne sait pas s'y prendre avec son gamin. Alors les parents se tournent vers les profs. Mais le paradoxe, c'est qu'ils contestent de plus en plus l'autorité des enseignants. "Avant, quand un enfant se plaignait d'avoir été puni en classe, dit un psychologue dans La Croix, il recevait une autre punition à la maison. Aujourd'hui, c'est l'inverse". Alors les profs râlent à leur tour : "Avant, on transmettait du savoir. Maintenant, c'est du savoir-vivre. Nous ne sommes pas formés pour ça. C'est aux parents de le faire". Dialogue difficile... Mais, au fait, pourquoi les enseignants ont du mal à affirmer leur autorité ? C'est une autre question de ce sondage. La réponse qui vient en tête : les classes sont trop chargées. Ca tombe bien : elles pourraient l'être un peu plus... Libération, entre autres, reprend le document de travail du ministère de l'Education, qui a mystérieusement fuité sur Internet : pour supprimer des postes, le gouvernement envisage d'augmenter légèrement les effectifs d'élèves. Fermeture ou regroupement des petites écoles de campagne, un peu d'embonpoint pour les classes de primaire et même de collège, moins d'enfants de 2 ans à la maternelle. Et, plus sensible encore, la disparition des enseignants spécialisés dans l'aide aux élèves en difficulté. C'est "une saignée" qui se prépare, pour Libération. "Un plan pour casser l'école", dixit L'Humanité. "Une école peau de chagrin", pour La Dépêche du Midi. Question à un spécialiste de l'éducation, dans La Croix : plus d'élèves par classe, est-ce que cela nuira à la qualité de l'enseignement ? Il répond qu'il y a des seuils : 2 ou 3 élèves en plus n'entraînent pas nécessairement une baisse de niveau. En revanche, si l'on passe de 23 élèves (comme c'est le cas aujourd'hui en moyenne) à 30, l'enseignement ne pourra pas être le même, c'est certain. Pour ce spécialiste, qui dirige l'Institut de recherche sur l'éducation, c'est vrai : les baisses d'effectifs il y a quelques années n'ont pas entraîné d'amélioration sensible des résultats scolaires. Mais, dans le même temps, le public a changé et les inégalités sociales se sont creusées. Conclusion à Jacques Guyon, l'éditorialiste de La Charente Libre, très réticent devant ce projet : à l'école, on doit apprendre à lire... et "à lire aussi l'avenir d'une nation". (Nicolas Demorand : "Et, outre l'école, les sujets de controverse ne manquent pas, ce matin, dans la presse")... "Libérons l'audiovisuel public !". Cent personnalités signent un appel, cette semaine, dans Télérama... figures de la gauche (Aubry, Fabius, Jospin, Rocard), mais aussi Dominique de Villepin, et puis des personnalités du monde de la culture et des médias (comme Laure Adler, Claude Sérillon ou encore Frédéric Beigbeder). Ils estiment que la nomination du président de France Télévisions directement par l'Elysée est une régression : elle ne garantit pas l'indépendance de l'audiovisuel public. Cela concerne aussi Radio France... "Est-ce que j'aurais dû refuser le job ?", lance Jean-Luc Hees, PDG de Radio France, nommé il y a un peu plus d'un an. Il assure qu'il n'a jamais reçu un seul coup de fil de l'Elysée, de Matignon, d'un ministère ou d'un sous-ministère quelconque. Sur Mediapart.fr, nouvelle pièce au puzzle très complexe de l'affaire de Karachi... C'est un rapport de la police luxembourgeoise, datant de janvier dernier. Rappel de l'affaire et des questions qu'elle pose : la vente de sous-marins au Pakistan a-t-elle donné lieu à des commissions occultes qui auraient financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur ? Selon ce rapport repris par Médiapart, Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget puis directeur de campagne d'Edouard Balladur, aurait été l'architecte d'un dispositif occulte qui aurait été utilisé pour le financement de la campagne. Accusation très lourde... Pas de commentaire de l'Elysée pour le moment. Pourquoi la police luxembourgeoise se mêle-t-elle de cette affaire ? Parce que, dans le dispositif, il y aurait une société offshore créée au Luxembourg. Autre article qui ne va sans doute pas réjouir l'Elysée... C'est dans L'Express. Retour sur l'épisode des rumeurs autour du couple Sarkozy. Les journalistes Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut décrivent comment, sur ordre de l'Elysée, la Direction centrale du renseignement intérieur a mis des moyens importants pour savoir si Rachida Dati et l'un de ses conseillers en communication étaient à l'origine des rumeurs. Voilà qui contredit le Président et son épouse, qui assurent qu'ils n'ont pas accordé d'importance à ces rumeurs. (ND : "A la Une de beaucoup de journaux encore : la flotille de Gaza")... A chaque journal son angle d'attaque... - Le Monde constate que l'isolement d'Israël est plus grand après cette attaque. - Libération tente "l'autopsie d'un fiasco". Alors que les services de renseignement avaient largement le temps de peaufiner l'opération, ils n'étaient pas prêts à ce qui les attendaient. - Le Figaro reprend l'appel très ferme de la France qui somme Israël de libérer les civils français qui étaient à bord des bateaux. La plupart des personnes arrêtées sont pour l'instant en prison. - Le Parisien-Aujourd'hui se demande justement qui sont ces Français arrêtés en Israël. - 5 Allemands témoignent dans L'Humanité... Ils appartiennent au parti de gauche radical Die Linke, dénoncent la barbarie de l'intervention israélienne et assurent qu'ils n'étaient pas armés. - Et puis Slate.fr s'interroge sur les mots utilisés... La flotte en question était-elle humanitaire ou militante ? Et puis, et puis... Alors que l'indignation était générale hier, logiquement la presse devrait s'indigner aussi que l'ONU se contente d'une simple condamnation de forme sous pression des Etats-Unis. Mais pas grand-chose sur le sujet. La Provence donne la parole à un chercheur de l'Institut de relations internationales et stratégiques : "La position de l'ONU et des Etats-Unis ne va pas convaincre l'Etat hébreu de s'assouplir". Patrick Fluckiger poursuit dans L'Alsace... "Imaginons un instant que ce soit l'Iran et non Israël qui ait attaqué dans les eaux internationales une flotille de bateaux civils venus briser un blocus illégal. La communauté internationale en serait déjà à étudier des sanctions. Il y a bien deux poids et deux mesures au Proche-Orient, et ce déséquilibre entretenu par les Occidentaux est grandement responsable du feu qui ravage cette région du monde depuis si longtemps". Encore deux informations à la rubrique internationale des journaux... Le retour de la taxe carbone, mais au niveau européen... C'est la Une des Echos. La Commission de Bruxelles planche sur un projet. Et puis les premières copies de l'iPad en Chine... Ca s'appelle l'iPed, ou l'aPad. Cinq fois moins chers que le vrai. Extérieurement, ils lui ressemblent à s'y méprendre. Mais ils utilisent le système d'exploitation de Google et une puce Intel. C'est à lire dans Le Figaro. (ND : "Et pour finir, direction l'Afrique du Sud")... A l'occasion de la Coupe du Monde, on va voir des dizaines de reportages plus ou moins intéressants sur ce pays. Celui que publie Géo est magnifique. Voyage au nord de l'Afrique du Sud, à la lisière avec le Mozambique, le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie... C'est une route de 3500 km dans l'Afrique des ténèbres... un condensé des beautés et des malheurs de ce continent. Près du Zimbabwe, c'est ce qu'on appelle le "Crooks Corner" : le coin des filous... immigration illégale et commerce au noir entre l'un des pays les plus riches du continent et son voisin où les magasins sont vides. Suivez le fleuve Limpopo : vous arrivez près du Botswana. Les sables rouges du désert de Kalahari. C'est là que vivent les derniers Bushmen, les plus anciens habitants de l'Afrique australe. Ils savent lire les pierres et les étoiles pour retrouver leur chemin. Mais ils pourraient bientôt disparaître. Jean-Christophe Servant, qui signe ce récit de voyage, les décrit comme des clochards entre ciel et désert. Au bout de la route, il y a l'Atlantique glacial et la ville d'Alexander Bay, à la frontière avec la Namibie. C'est l'embouchure du fleuve Orange. En 1927, 487 diamants ont surgi du fleuve : l'un pesait plus de 211 carats. C'était le début d'une ruée vers la frontière et les pierres précieuses. Elle continue. Entretemps, il y a eu l'Apartheid, et les Noirs de la région traités comme des moins que rien. Ils appartiennent à l'ethnie Nama... Dans cette région, il y a des arbres qui ont la particularité d'être tournés vers le nord-ouest. La légende raconte que ce sont des Namas, pétrifiés de douleur dans le désert... Bonne journée...

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