(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin, drôle de climat... (Bruno Duvic) Ce n'est pas seulement la sécheresse, à la Une du « Monde » et du « Maine Libre » notamment... C'est d'abord cette histoire dans « Le Parisien Aujourd’hui en France » : pas de récré pour cause de fusillade... C'était à Sevran, en Sein-eSaint-Denis hier après-midi et cela s'est produit à trois reprises au moins ces dernières semaines, dans l'école Montaigne, qui accueille des élèves de maternelle et primaire. La pause de 15 heures s'est faite à l'intérieur des classes. Les premiers coups de fau avant claqué une heure avant dans le quartier Montceleux. 5 détonations, 2 hommes sur un scooter. Le groupe scolaire n'est jamais visé mais on entend bien les coups de feu depuis les salles de classe. On entend aussi régulièrement l'hélico de la police qui patrouille dans le ciel. Une mère de famille témoigne : « il n'y a que le matin qu'il n'y a pas de détonation. Sinon ça tire n'importe quand ». Le 16 mai 13h15, c'était 5 minutes avant la rentrée des classes. Ce sont les bandes de trafiquants de drogue qui règlent leurs comptes. « Crise extrême », les mots sont employés par le maire de Sevran, Stéphane Gatignon. A crise extrême, solution radicale. Cet élu écolo a fait parler de lui ces derniers temps en prônant la légalisation du cannabis, seul moyen d'en finir avec les dealers. Dans les colonnes du « Parisien » ce matin, il demande l'envoi de casques bleus, des forces d'interposition dans sa ville pour empêcher les belligérants de s'entre tuer. (Patrick Cohen) Drôle de climat sur la scène politique aussi... (Bruno Duvic) « En moins d'un mois la voilà submergée par les eaux boueuses de trois histoires glauques » écrit Patrice Chabanet dans « Le Journal de la Haute Marne »... Affaire DSK, affaire Georges Tron et maintenant les allégations de Luc Ferry sur la pédophilie présumé d'un ancien ministre. Sans donner de noms ni de preuve mais en affirmant que les plus hautes autorités de l'Etat lui avaient raconté l'affaire. Le philosophe, naguère ministre de l'Education n'a pas bonne presse ce matin. Vous connaissiez Dirty Harry sous les traits de Clint Eastwood, voici "Dirty Ferry" à la Une de « Libération» Et Chabanet poursuit, dans « Le Journal de la Haute Marne » : soit les rumeurs sont dénuées de tout fondement et c'est grave. Soit elles sont fondées et c'est toute une grappe de responsables qui devront répondre de non dénonciation de crime de pédophilie, à commencer par Ferry Lui-même. « Drôle d'époque » quand même, reprend Pierre Mathis dans « L'Indépendant Catalan ». Drôle d'époque où un philosophe aggrave plutôt qu'il ne clarifie le trouble. Il n'y a pas grand monde pour défendre Luc Ferry ce matin. Sur le site Atlantico.fr, Sophie de Menthon s'étonne tout de même qu'on s'en prenne au philosophe et qu'on ne s'en prenne pas aux journalistes du Figaro Magazine qui avait colporté le bruit. Elle s'étonne qu'on ne leur demande pas à eux pourquoi ils ne citent pas la personne incriminée. Est-ce qu'on en saura plus sur cette sombre histoire ? Une information judiciaire a été ouverte hier. (Patrick Cohen) D'autres conséquences de l'affaire DSK dans la presse... (Bruno Duvic) Côté positif, la parole des femmes victimes d'agression se libère. L'association "Paroles de femmes" reçoit 4 fois + de coups de fils qu'en temps normal selon sa présidente dans « Le Parisien Aujourd’hui en France ». Côté négatif, le sentiment que la transparence à tous crins, l'indignation sur toutes les places, n'a pas que du bon... On n'est pas loin du "tous pourris". Car ces scandales surgissent dans un contexte de crise économique et sociale et d'incompréhension bien souvent entre l'élite économique et politique d’un côté et le peuple de l’autre. Au final, tout cela ferait le lit de l'extrême droite. Des attaques trop dures contre les classes dirigeantes ? Non, répond Serge Halimi dans le Monde diplomatique de juin. Protéger les élites face à une foule de gueux en colère serait devenu une forme d'hygiène démocratique, mais c'est un raisonnement de fou ! Selon Halimi, on ne peut pas laisser à Marine le Pen incarner seule un peuple en colère. La gauche embourgeoisée, est responsable de cette captation d'héritage, mais aussi la gauche de la gauche, incapable d'unir les chapelles qui la composent. « Le fond de l'air est à la contestation », comme le titre Ouest France en reportage à Lisbonne. De plus en plus d'indignés. Même dans l'hebdomadaire économique Challenges, qui fait sa Une sur l'immobilier, "En finir avec la pénurie" Editorial de Vincent Beaufils : une société qui met constamment des barrières à ceux qui veulent acheter un premier logement ou décrocher un premier emploi ne devra pas s'étonner si elle se réveille un jour ou l'autre avec un mouvement de jeunes indignés. (Patrick Cohen) Quoi d'autre dans la presse ? (Bruno Duvic) Sexualité et tabou encore mais dans un tout autre domaine… A la Une de l'hebdomadaire Chrétien "La vie", un crucifix rose. Dossier sur les cathos gays. Ils veulent lever le tabou. Cette question laisse tout le monde désemparés dans l'Eglise : les homos confrontés parfois à l'agressivité d'autres fidèles, les prêtres et évêques qui n'ont aucune consigne du Vatican pour au moins entamer un dialogue intelligent avec ces hommes et femmes. Témoignage d'un fidèle : "Je ne suis pas un militant qui sort l'étendard de la cause gay. Mais je ne peux pas non plus adhérer à cette idée que l'homosexualité est contre nature et en dehors du plan de Dieu"... Faut-il taxer les œuvres d'art et les inclure dans l'assiette de l'impôt sur la fortune ? Le débat est relancé, c'est la Une du Figaro. Des députés UMP le souhaitent. Jeudi de l'ascension, jour férié, vous ne trouverez pas les quotidiens économiques ni la Croix ni l'Humanité en kiosques. En revanche vous trouverez le mensuel « L’Expansion3 dans lequel on lit un drôle d'histoire. Interdiction aux gros de devenir professeur titulaire. Ca se passe dans l'Etat de Sao Paulo au Brésil, c'est une consigne très officielle. Au nom de la lutte pour une bonne santé et contre l'obésité, au delà d'un certain poids, on ne peut pas être intégré dans l'Education. Autre mensuel, celui qui est édité par « Rue 89 » - ce n'est pas seulement un site Internet. Le magazine papier fête son premier anniversaire avec un document. Un spécialiste de la négociation avec les preneurs d'otages raconte jour par jour l'une de ses dernières interventions. On a parlé des Indignés, les révolutions arabes se taillent encore une place dans la presse. Peuvent-elles changer le climat entre Israéliens et Palestiniens ? Témoignage chrétien se demande si ce printemps arabe est une nouvelle Intifada. En tout cas, constate Politis, le monde bouge, mais pas Israël. Et la culture ? Peut-elle changer un tant soit peu la donne dans ce conflit israélo Palestinien ? Dans le mensuel « Classica », le musicien Jordi Savall raconte comment il réunit régulièrement des artistes israéliens, palestiniens grecs ou bulgares. Il raconte notamment à quel point il a été surpris lors de pauses dans les répétitions d'entendre des membres israéliens et palestiniens du groupe s'amuser à chanter ensemble. Rien ni personne ne les y obligeait. « La musique rend conscient qu'une harmonie est possible », dit Jordi Savall. On peut au moins rêver qu’elle adoucisse un tout petit peu le climat…

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