(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les différentes faces de l'actualité....

(Bruno Duvic) Avant de parler de ce visage qui s'affiche à la Une de vos journaux, arrêtons-nous instant sur d'autres visages, qui donnent de l'espoir en ce début de semaine.

Il y a 9 ans, le CHU d'Amiens passait à la postérité avec une première mondiale : la première greffe de visage complète sur une femme de 38 ans, Isabelle Dinoire, défigurée par un chien.

9 ans plus tard, on n’ira pas jusqu'à dire que l'opération s'est banalisée mais en tout cas, « La greffe de visage a maintenant fait ses preuves ». C'est le Titre du Figaro ce matin, après un article de la revue scientifique The Lancet .

Depuis, au moins 27 opérations ont été réalisées en France, aux Etats Unis, en Grande Bretagne, mais aussi en Belgique, en Espagne, en Pologne, en Chine en Turquie. Sur tous ceux qui ont subi une opération partielle ou totale, 25 sont encore en vie. Ils ont retrouvé la capacité de parler, de déglutir, de manger, de respirer correctement. Tel patient a même retrouvé une activité professionnelle. Sensibilité, au chaud, au froid, au toucher. Mobilité, même s'il y a une grande différence entre le fait de restaurer un mouvement du visage et de restaurer une expressivité. La science bute encore contre cette limite.

Et psychologiquement, c'était une des grandes questions en 2005, la greffe prend bien. Les patients disent très vite "mon visage" assure le professeur Lantieri. Et c'est le leur en effet, car, dixit Le Figaro , c'est un vrai nouveau visage qui se développe en quelque sorte, différent à la fois de celui du patient et du donneur.

Nouvelle vie, avec un traitement anti rejet très lourd et quelques questions lancinantes, tout de même : on sait qu'un rein ou un cœur greffé ont une durée de vie de 10 à 15 ans. Pour le visage, on ne sait pas encore.

Un visage à la Une : noir et blanc, pixellisé, celui de Mehdi Nemmouche, 29 ans, auteur présumé de la tuerie au musée juif de Bruxelles.

« Encore un terroriste français », titre Le Parisien

A la Une aussi de Libération , du Figaro et de beaucoup de journaux régionaux. Dans Libération , analyse implacable de Jean-Pierre Filiu, spécialiste de mouvements djihadistes.

Il imbrique les différentes pièces d'un puzzle très inquiétant. "Le danger d'un 11 septembre européen est réel" dit le prof à Sciences Po.

« - Que signifie, lui demande Libé , l'implication d'un djihadiste revenu de Syrie.

  • Je crains que ce ne soit qu'un début. Depuis des mois, je mets en garde contre l'émergence d’un "djihadistan" aux confins de la Syrie et de l'Irak, beaucoup plus dangereux que l'Afghanistan dans les années 90. Là exerce l'Etat islamique et au levant, groupe djihadiste qui ne combat plus le régime de Bachar el Assad et se concentre sur l'intégration de volontaires étrangers. Ils sont astreints à recruter des compatriotes et des amis, via les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la radicalisation se fait moins via des sites djihadistes que via Facebook. Et certains djihadistes sont formés pour être opérationnels une fois revenus dans leur pays d'origine. »

Le chef de ce groupe, Abou Baker Al Baghdadi veut s'imposer comme le chef du Djihad mondial, le nouveau Ben Laden. « Les groupes de combattants ou les cheikhs qui se rallient à lui sont de plus en plus nombreux. Il veut prendre en otage les musulmans européens à la faveur d'un climat politique toujours plus dégradé, comme la monté la poussée d'un vote xénophobe aux européennes. Il mise sur un engrenage de haine. »

La clé du problème est en Syrie, sans aucun doute. « Si les occidentaux abandonnent ouvertement les syriens, le choc en retour sera terrible. Cela ne peut qu'alimenter la rhétorique de ces groupes sur l'hypocrisie des occidentaux. »

La Syrie ou se tiendra demain une élection présidentielle totalement surréaliste. Election au son des canons, titre L'Humanité . Elle ne pourra évidemment se tenir que dans les zones sous contrôle du régime de Damas.

Etrange, de voir la photo de Mehdi Nemmouche à la Une du Figaro à côté des drapeaux français et britanniques : « La Normandie prépare le 70ème anniversaire du D Day ». 70 ans après, 100 ans après la première guerre mondiale, 2014 ou les beaux jours du nationaliste. Analyse de Nicolas Baverez dans Le Figaro . C'est un phénomène qu'il observe sur tous les continents. L'Asie où les revendications de territoires, de zones d'influence provoque des tensions. L'Inde vient de porter à sa tête un nationaliste virulent. Tentation nationaliste en Europe, radicalisation de la vie politique américaine sous l'influence du Tea Party. « Le nationaliste n'est pas une relique d'un passé disparu, c'est une des forces qui structurent le 21ème siècle. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Les enjeux de mémoire encore dans L'Humanité . Les nostalgiques de l'OAS n'ont pas renoncé à la célébrer leurs morts, jusqu’en Espagne. L'Huma raconte l'histoire d'une stèle qui devait être inaugurée en Espagne, dans la commune de Polop. Stèle en hommage aux victimes de l'Algérie française et notamment Bastien Thierry, l'homme qui avait essayé de tuer le général de Gaulle. Inauguration suspendue après quelques hésitations du maire.

Le patriotisme bon enfant en principe autour de la coupe du monde de football. 2ème match de l'équipe de France. 1 partout face au Paraguay. « La France n'a pas été infiniment moins bonne hier que face à la Norvège, il y a quelques jours. Mais elle a fait preuve d'une inefficacité considérable», commente Vincent Duluc dans L’Equipe . Résumé en titre dans Le Parisien : « Ca manquait de tranchant ».

Et dans L'Equipe , le modèle allemand en prend pour son grade. L'Allemagne, figure parmi les favoris du mondial et voilà qu'à leur tour ses joueurs se voient reprocher leur comportement. On a croisé un des défenseurs de l'équipe pas très frais dans un hôtel de Berlin. Il a vidé de qu'il avait bu dans le hall de l'hôtel. Quant à l'entraineur il vient de se faire retirer son permis pour excès de vitesse à répétition...

La Normandie à la Une, avant les 70 ans du débarquement mais aussi pour une autre raison dans Ouest France . Question angoissante : et s'il n'y avait plus de camenbert à Camenbert ? Camembert, le village, ses maisons à colombage et ses 206 habitants crémeux. Mais plus qu'une seule maison de production de calendos des familles, Nadia et François Durand. Mais ils s'apprêtent à partir. Pas de repreneur pour l'instant. Ils sont encore dans la force de l'âge mais ils fatiguent les fromagers de camembert. Et on les comprend. Dans Ouest France, Elodie Dardenne précise que 600 camemberts au lait cru sortent de leurs ateliers chaque jour. A raison de 5 louches par moule, François Durand répète 3.000 fois le même geste dans une salle qui flirte avec les 32 degrés… De quoi couler sévère !

A demain

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