On commence par la pluie, les inondations et les crues

Qu’on retrouve évidemment à la Une des quotidiens des régions les plus concernées : « Où s’arrêtera la crue ? » s’alarmeLe Parisien, «Les crues menaçantes en Indre & Loire » s’inquiète La Nouvelle République , «Inondation, le jour d’après » pourLa Voix du Nord , avec, à chaque fois évidemment, des photos de rues submergées, d’habitants évacués par canots, de pompiers méritants secourant les uns et les autres ; un dessin de Chaunu dans Ouest France pour lier deux avanies conjuguées, vécues par certains : on y voit un pompiste juché sur sa pompe, crier à un automobiliste englouti sous les eaux : «Bonne nouvelle, les cuves sont pleines » !

Et puis cette photo à la Une du Wall Street Journal , et celle-là, il fallait la trouver ! Que croyez-vous que l’on y voie ? Un habitant de Châlette sur Loing, c’est précisé dans la légende, casquette vissée sur le crâne, de l’eau jusqu’à mi-cuisses, et sauvant de la main droite ce qui doit être sauvé : deux baguettes ! on aurait pu imaginer, un français avec un smartphone à la main, non, ça aurait fait trop 21e siècle, il a forcément une baguette, la France éternelle pour les américains !

Et pour sourire encore de cette actualité diluvienne qui n’a évidemment rien de drôle et tout de dramatique pour ceux qui la subissent, un petit détour par le journal local Côté Quimper , repéré par le Huffington Post . Quand la pluie tombe partout, sauf en Bretagne, nous raconte le site, et bien les Bretons se marrent, eux qui ont tellement l’habitude de se faire moquer pour leur météo. Sur Twitter, ils échangent des photos de plages ensoleillées, de ciel « immaculément » bleu, et pour nous faire bisquer, proposent même de délocaliser Roland Garros… en Bretagne !

Pluie et crues donc au sens littéral, mais aussi la « tempête qui continue après les propos de Cantona puis Benzema, accusant Didier Deschamps de racisme »

« La tempête » c’est le titre deL’Équipe ce matin. Et le ministre des sports, Patrick Kanner a beau supplier dans Le Parisien «j’ai envie de dire stop, et place à la compétition », son appel n’est pas franchement entendu. Mieux, ou pire, Éric Cantona en remet une couche ce matin dans Libération . Avec un titre prometteur mais un rien mensonger « Cantona s’explique ». Bof, objectivement, l’ancien attaquant embrouille un peu plus, faisant un pas en arrière «tout comme moi, dit il, Benzema n’a jamais dit que Deschamps était raciste », un pas en avant «oui mais il a bien cédé à la pression ambiante », raciste donc. Un pas de côté, « j’ai jamais accusé deschamps d’être consanguin quand je l’ai comparé aux Mormons » là on se perd…Mais au final, Cantona n’en démord pas, les instances sportives du foot sont aux ordres des politiques, et la suspension de Benzema en équipe de France est tombée pile entre les deux tours des régionales, « on vit une période , assène-t-il, où on a envie de sanctionner une communauté », et tiens d’ailleurs ils sont où les magrébins dans les instances du foot ? bref entretien moins péremptoire que celui donné au Guardian, mais plus sur le mode «on ne m’empêchera pas de penser que ». En tout cas, Éric Cantona affiche sa fierté d’avoir ouvert un tel débat, qui selon lui, « sert l’art ». Rien que ça !

Bon, les visées artistiques de Cantona en tout sont assez peu soutenues ce matin… «le racisme existe en France, qui peut le nier. Mais à quoi bon le trouver là où il n’est pas » résume Patrice Chabanet dansle Journal de la Haute-Marne.

En contrepoint de cette controverse identitaire dans laquelle nous a entrainé, embourbé, Cantona, on pourra lire dans Paris Match , Blaise Matuidi, l’un des leaders de l’équipe de France Actuelle , qui sort une autobiographie, « Au bout de mes rêves ». Lui rend hommage au système français du foot qui donne à tous dit il un maximum de chances. Et lui continue de croire que « la meilleure manière de réunir un pays, c’est de passer par le sport et plus particulièrement le foot. On va tout faire pour y arriver » promet il…

Y a pas que le foot dans la vie ! Il y a aussi la contestation autour de la loi travail qui perdure Hélène

Et un homme aura émergé « médiatiquement parlant » de cette longue contestation, Philippe Martinez ; leader de la CGT. Il fait encore les couv de la presse cette semaine, en danseuse qui fait rêver à la Une de Charlie Hebdo, sur fond noir, inquiétant, avec Valls et Hollande, tous accusés d’être les « saboteurs de la France » pour

Valeurs actuelles. Dans le magazine le Un à qui vous accordez un entretien Laurent Berger, vous dites « c’est quand même un comble, on ne demande des comptes qu’à ceux qui s’engagent, qui proposent, le salaud, c’est moi, c’est pas Philippe Martinez », et bien je ne sais pas si vous allez vous en réjouir, mais il y en a un qui a bien entendu votre appel, c’est l’ancien patron du Point, Franz Olivier Giesbert qui dans son édito au magazine ce matin fait plus fort encore que Pierre Gattaz qui avait parlé des « méthodes de terroristes de la CGT » avant de s’excuser pour ce mot. Fog écrit. « Même si la comparaison peut paraitre scabreuse écrit il, la France est aujourd’hui soumise à 2 menaces qui pour être différentes, n’en mettent pas moins en péril son intégrité : Daech et la CGT ». Scabreuse oui, pour le moins, la comparaison

On termine Hélène avec deux énigmes

Que va-t-il se passer en cas de brexit le 23 juin prochain ? « A bruxelles, c’est est le brouillard absolu » nous raconte le Figaro ce matin, Impossible de savoir pour l’instant, si Cameron sera reçu quelques jours plus tard par une haie d’honneur de chefs d’état soulagés ou à par une veillée contrite, tant les sondages sont serrés entre le Yes et le NO. Mais surtout, le brouillard est à couper au couteau sur les scénaris en cas de sortie, financièrement, on s’attend à une tempête sur les marchés, institutionnellement, on n’a jamais usé de l’article qui acte le divorce l’article 50, politiquement, on craint qu’une partie de l’europe du nord ne s’engouffre dans la brèche ouverte par ceux que Juncker appelle les « déserteurs ». Bref, le plan B n’est pas franchement au point. Seule certitude, seul soulagement sans doute, hier les pro brexit ont fait savoir que les européens de Londres et les Français notamment n’auraient pas à demander en urgence la nationalité britannique. Leur statut restera inchangé assure les Echos, et les restrictions en matière d’immigration ne concerneront que les nouveaux entrants. Thanks a lot !

Enigme littéraire enfin. Savez-vous qui est le lauréat du Goncourt du premier roman ? On connait son nom, il s’agit de Josef Andras, on a une seule photo de lui, on connait son livre, « de nos frères blessés », l’histoire de Fernand Iveton, ce communiste condamné à mort à Alger en 57 pour avoir déposé une bombe. Mais on ne sait rien d’autre ! Ariane Chemin et Raphaëlle Leyris, nous racontent dans le Monde d’aujourd’hui « Ce Mystère Joseph Andras », cet homme qui a refusé l’hommage du Goncourt, et le chèque qui va avec, qui refuse les promos radios ou télés, mais d’ailleurs, cet homme existe-t-il vraiment? il n’en fallait pas plus pour imaginer une nouvelle affaire Emile Ajar, ce double de Romain gary qui lui aussi obtint le goncourt en 75 . son éditrice, Françoise Nyssen d’Actes sud, dément toute imposture. Non Josef Andras est juste parcimonieux dans sa confiance parait il. Dans un rare et pour l’instant, exclusif entretien à Mediapart, il livre une conversation littéraire et politique intense. Qu’importe sa voix et sa photo, il donne juste envie de lire son livre

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