Us sortent de l'accord de Paris, réactions

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence évidemment par la décision de Donald Trump hier de se retirer de l’accord de Paris sur le climat

Avec cette Une du New York Daily News, sans doute la plus explicite. Pleine page, la photo de Trump avec ce titre : « Trump dit au monde : vous pouvez tous crever ». Une presse américaine très inquiète de l’isolement accru des Etats unis après une telle décision : le los Angeles Times, écrit qu’avec cette sortie, un « président grincheux » mène le pays sur le chemin de « la catastrophe irréversible ». Il analyse cette décision comme « un préjudice pour la réputation des Etats-Unis », qui aura également des conséquences néfastes au niveau national, et notamment pour les entreprises américaines et leurs employés. Un constat que partage USA Today :« “L’Amérique d’abord” devient de plus en plus l’Amérique seule », regrette le quotidien. Une chaine, on ne s’en étonnera pas, se démarque a relevé ce matin le site du Monde ; Fox News qualifie de « courageuse » et de « bonne » la décision de Donald Trump. Ainsi, la chaîne télévisée juge qu’il endosse la stature de « leader mondial », en « défiant la gauche, les médias, ses enfants et les leaders mondiaux ».

En Allemagne, der Spiegel prédit « la fin du monde », dessin où l’on voit une comète inquiétante à la chevelure blonde fondre sur notre planète bleue. Chez nous, Libération laisse dégouliner du pétrole à sa Une, « climat : Goodbye America », le Parisien/Aujourd’hui en France parle de « folle décision », à la Une du Télégraph en Grande-Bretagne, sourire du dessinateur Matt : d’un tel retrait : 2 ours polaires recroquevillés sur un minuscule bout de banquise, s’exclament à l’annonce trumpienne « oh ! Covefefe », ce néologisme trumpien pour appuyer le côté incompréhensible d’un tel retrait

Les commentaires sont chez nous unanimement négatifs :« bras d’honneur à la planète » dit le parisien, « Trump commet une faute historique et criminelle » écrit son éditorialiste Jean Marie Montali, dans les colonnes du même journal Ségolène Royal dénonce « un délit contre l’humanité ». Dans les Echos, jean Françis Pécressse dénonce « ce docteur Folamour de la planète qui joue avec l’héritage que nous laisserons à nos enfants, pire dit il, « avec son climato négationnisme de pacotille, Donald Trump ment quand il promet de faire d’une Amérique plus sale une Amérique plus grande »

Dans la presse américaine ce matin Hélène : comment Donald Trump en est arrivé à prendre cette décision.

Le Washington post raconte précisément « l’ardent débat » qui s’est tenu dans l’entourage du président américain pour en arriver à cette décision. « les pressions pour qu’il reste dans l’accord de paris sont venus de toutes parts », des géants de la silicon valley dont Tim Cook d’apple ou Elon Musk de Tesla, des dirigeants européens à Bruxelles il y a quelques jours, de sa fille Ivanka qui a décroché son téléphone pour appeler des patrons, qui se sont du coup fendus d’une lettre en mai dans le Wall street journal exhortant le président américain à ne pas choisir le OUT. Sa fille arguant auprès de lui ; « mais que le monde va-t-il penser de nous ? » En vain donc. Hier, ceux qui ont gagné explique le WAPO, c’est Steve Bannon, son conseiller spécial ultra droitier qui éprouvait une véritable passion pour cet accord, passion au sens de « fixation » fixation négative, c’est Scott Pruit, climato sceptique nommé à l’Agence de protection de l’environnement, c’est Don MAC GAHN, conseiller juidique à la maison blanche. Les efforts faits pour dissuader Trump de sortir de l’accord ont même parfois eu l’effet inverse : quand on lui disait que l’ère du charbon touchait à sa fin, Trump entendait le contraire, sans l’accord de paris, l’industrie minière américaine pouvait peut-être être sauvée ; même les pressions étrangères ont peut-être été contre-productives expliquent ils. La fameuse poignée de main entre lui et le président français à Bruxelles, dont Emmanuel MAcron s’est gargarisé, aurait irrité Donald Trump, pas question de se faire dicter sa conduite par un freluquet de 31 ans son cadet. Hier, il tenait sa revanche « j’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas ceux de paris » a-t-il lâché. Tenir ses promesses coûte que coûte pour satisfaire ses électeurs, au mépris de la réalité économique souligne ce matin le New York Times, d’une industrie minière qui ne cesse de décliner, quand celles des énergies alternatives sont en plein boum et que leurs emplois ont été multipliés par 10 en 10 ans…

« Noir, c’est noir » Hélène il n’y aurait donc plus d’espoir après la décision américaine ?

Non, Christophe Losson dans Libération le dit bien « il y a deux façons de considérer ce retrait :gifle au visage de l’humanité et cauchemar pour les générations futures OU chance unique de clarification. Comme le brexit a ré-innervé l’europe, l’amérixit pourrait finalement pousser le monde à rehausser son niveau d’ambition en refusant ce couvre feu idéologique dicté par l’obscurantisme »

D’ailleurs dès hier soir, une sorte de «résistance écologique» a commencé à s’organiser, réplique du maire de Pittsburgh, des états qui font sécession, une industrie américaine qui contre-attaque également. « Trump n’est pas l’amérique » relève Maurin Picard dans le Figaro, Trump sortirait de l’accord, pas forcément donc tous les états-unis

Relevons qu’à distance, le mano a mano entre MAcron et le président américain se poursuit. Hier dans son intervention, en anglais, le chef de l’Etat Français avait paraphrasé la devise trumpienne en lançant « make our planet great again », réplique quasi immédiate sur twitter dans la nuit de trump « make America great again » en capitales !

En bref hélène, l’actualité dans la presse ce matin c’est aussi ?

Les réactions aux projets de loi autour de la moralisation de la vie publique présentés hier par François Bayrou : titre des Echos « bayrou présente une réforme ambitieuse », titre de l’Humanité « bayrou présente une loi minimaliste »

Thomas Pesquet, « l’envoyé spécial du syndicat terrien des offices de tourisme » comme le surnomme drôlement Libération, pour ses milliers de clichés émouvants de la terre, ses aurores boréales, des déserts, ses dunes ses cascades mais jamais ses zones de conflit, revient sur terre cet après-midi après 196 jours dans l’espace. Bilan scientifique, un peu, dans la presse ce matin, bilan médiatique surtout : 550 000 abonnés sur twitter, 337 000 sur Instagram et près d’un million 5 sur facebook, « au moins grâce à ses photos, les français seront peut-être un peu moins nuls en géographie » veut croire un scientifique dans le Parisien

Conseil de lecture enfin pour peut-être, être un peu moins nuls dans d’autres domaines : la série que Piotr Smolar consacre cette semaine dans le Monde aux 50 ans de la guerre des 6 jours, à ses conséquences dans un pays Israél plus déchiré que jamais.Comment Israéliens et palestiniens vivent vit incroyablement séparés de quelques mètres seulement dans les colonies de Jérusalem est, article d’hier, comment la martyrologie, le culte de ceux qui commettent des attentats ou sont tués par les soldats israéliens, est devenu le ciment social des palestiniens quand le rêve d’un Etat semble plus éloigné que jamais. Article dans le Monde daté d’aujourd’hui. passionnant pour mieux comprendre

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