2 mai et lendemain de manifs... bilan et perspectives... Et dans ce registre, tout le monde ne voit pas la chose du même oeil... Il y a d'abord Le Figaro et La Tribune, qui titrent conjointement : "Les syndicats peinent à mobiliser"... Au contraire, "un 1er mai mobilisateur", note L'Est Républicain... "Tous ensemble ou presque", pour Sud-Ouest... "La tradition respectée", selon La Voix du Nord... Mais du côté des commentaires, ce matin, la fracture est moins claire... D'accord, Didier Pobel constate, dans Le Dauphiné Libéré, que "les cortèges apparaissent de plus en plus intergénérationnels... La même interrogation à chaque bout de la chaîne : 'de quoi sera fait demain ?'"... Dans L'Indépendant du Midi, Bernard Revel semble regretter qu'aujourd'hui, "on manifeste pour améliorer son sort dans un système qu'on ne conteste plus... Et le mouvement libérateur d'autrefois (entendez : Mai 68) cède la place à un sentiment de frustration qui affecte le moral des Français"... Jean-Louis Gombeaud, dans Nice Matin, trouve, lui, "qu'il n'y a plus de 1er mai"... Et l'éditorialiste analyse que les pratiques, dans les entreprises, s'affranchissent des règlementations communes... Et il prend l'exemple des référendums, dont la fréquence augmente... "Ils sont prémonitoires d'un droit du travail éclaté", explique Jean-Louis Gombeaud... pour qui "c'est le contraire du 1er mai... Du coup, aujourd'hui, conclut l'éditorialiste, on a du mal à trouver du monde pour battre le pavé"... Et pourtant, "les Français avaient, cette fois-ci, toutes les raisons de répondre massivement aux appels à manifester", écrit Erik Izraelewicz dans La Tribune... Alors c'est vrai que depuis longtemps, explique le commentateur, "les Français ne croient plus à l'efficacité de ce genre de rituel... Le 1er mai, c'est désormais un pont à la campagne, un petit bout de vacances, plutôt que la grande fête du travail... Mais c'est aussi que ce mois de mai s'annonce chargé en rendez-vous sociaux"... L'éditorialiste de La Tribune imagine donc que "les Français se sont réservés pour les prochaines manifestations : celle du 15 mai pour les fonctionnaires et lycéens, celle du 22 pour la défense d'une retraite solidaire"... Eh oui, c'est l'autre partie des Unes du jour... sur le thème : après le 1er mai, le combat continue... "Pouvoir d'achat, retraites : le ton monte", explique La Dépêche du Midi... C'est "l'ouverture d'un mois sous tension", pour La Montagne... L'Humanité confirme : "Ce n'est qu'un début"... Et dans son éditorial, Jean-Emmanuel Ducoin veut y croire... "Nous avons senti hier comme un parfum de renouveau, que nul ne peut ignorer aujourd'hui"... Alors "chaud ou pas chaud ?"... Oui, "au plan social, le mois de mai sera-t-il chaud ?", se demande Francis Laffon dans L'Alsace... Ce qui est sûr, c'est que "l'Elysée et Matignon vont surveiller le climat revendicatif, comme le lait sur le feu... Même si, sur le terrain social, les choses se passent plutôt mieux que dans d'autres domaines, ce succès relatif est fragile... Le mois de mai sera d'une importance capitale... Pas seulement pour les syndicats"... Pas seulement pour les syndicats... Pour le chef de l'Etat et le gouvernement aussi... "Les Français digèrent mal la rigueur"... Le constat est en Une du Parisien-Aujourd'hui en France, sous le titre : "Sarkozy : la crise de confiance"... Le baromètre mensuel CSA, pour le journal, donne 2 points de moins à Nicolas Sarkozy et moins 8 à François Fillon, par rapport au mois d'avril... "Seule consolation pour Nicolas Sarkozy, analyse Le Parisien-Aujourd'hui en France : il remobilise un peu son camp... Il prend 6 points chez les sondés qui se disent proches de l'UMP"... Alors "comment reprendre la main ?", s'interroge le quotidien... Eh bien déjà, Sarkozy et Fillon semblent avoir signé un cessez-le-feu... Fini les petites phrases assassines, constate Nathalie Schuck... Et puis mardi, jour anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy, une soirée aura lieu en présence du Président de la République, de François Fillon, de la quasi-totalité des ministres et de 2.000 militants... Le lendemain, ce sont les 316 députés UMP qui sont invités à un buffet à l'Elysée, histoire de resserrer les rangs"... Et pendant ce temps-là... Pendant ce temps-là, "Sarkozy et Merkel se rabibochent"... C'est France Soir qui le dit ainsi... Le Figaro préfère "Sarkozy et Merkel mettent en scène le réchauffement franco-allemand"... Alors vous le savez : hier, le Président de la République française était à Aix-la-Chapelle, pour assister à la remise du Prix Charlemagne à Angela Merkel, la Chancelière allemande... "La déclaration d'amour de Nicolas Sarkozy à Angela Merkel", titre ce matin Die Welt... Dans Le Journal de la Haute-Marne, Bruno Théveny confirme : "Le couple franco-allemand vit donc de nouveau une certaine lune de miel"... Dans L'Est Républicain, Rémi Godeau tempère : le Prix Charlemagne, c'est "le Nobel de l'Europe"... Il a déjà été attribué à Churchill, Monnet, Clinton ou encore Mitterrand, rappelle l'éditorialiste... pour qui ce Prix permet à Angela Merkel, derrière un flot d'amabilités, de faire comprendre qui est le plus influent en Europe... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France et dans La Libre Belgique, vous lirez que le flot d'amabilités a parfois été limite... Le quotidien français raconte quelques fâcheux impairs signés Nicolas Sarkozy... comme lorsqu'il se tourne vers l'époux de la Chancelière, Joachim Sauer, en lui donnant du "Monsieur Merkel", qui est en fait le nom de l'ex-mari de la Chancelière... et le tout dans un registre un brin grivois : "En 12 mois, Angela et moi, nous nous sommes vus 12 fois... Et compte tenu de son emploi du temps, je suis prêt, Monsieur Merkel, à comparer nos agendas !"... Alors tout de même, nous rassure Le Parisien-Aujourd'hui en France, dans sa nouvelle posture de Président humble et calme, Sarkozy a fait bonne figure pendant cette cérémonie un peu pompeuse, ponctuée d'interminables interludes de musique classique... Bon, en même temps, il est parti avant la fin... Et du coup, il a loupé l'hommage de Juan Carlos à Miss Europa... Dans La Libre Belgique, "un zéro pointé pour le roi d'Espagne", qui avait visiblement oublié de réviser sa géographie, puisqu'il a salué le peuple d'Aix-en-Provence... Et sinon, ce matin, que peut-on lire d'autre dans la presse ?... Dans Libération... "Le triste record de l'injustice américaine"... Le journal raconte l'histoire de James Lee Woodard, qui a passé 27 ans en prison, avant d'être innocenté, à 55 ans, du meurtre de sa petite amie grâce à des tests ADN... La presse économique se penche, ce matin, sur les suites du Grenelle de l'Environnement... "Ecologie : la loi Borloo à l'épreuve des coûts", titre Les Echos... qui revient sur le projet de loi présenté par le ministre du Développement durable mercredi... Si les associations écologistes ont plutôt bien accueilli ce texte, elles s'interrogent sur les moyens financiers qui y seront finalement consacrés... ce que La Tribune résume ainsi : "Le Grenelle accouche d'une loi ambitieuse sans budget"... Un peu partout : cette passation de pouvoir à l'italienne... On le sait : généralement, lorsqu'il y a alternance au plus haut sommet de l'Etat, les ministres trouvent souvent les bureaux vides de tout dossier... En Italie, le gouvernement sortant de Romano Prodi a innové... Il a mis en ligne les déclarations d'impôts de 40 millions de contribuables italiens... dont les plus gros... Le quotidien La Stampa a eu le temps, avant que le site ne soit fermé, de télécharger ces listes... Alors c'est Giorgio Armani qui remporte le gros lot... Silvio Berlusconi arrive quatrième... Mais au final, constate Le Figaro ce matin, "le cadeau d'adieu du gouvernement sortant n'a fait rire personne... et l'Italie est plongée dans une ambiance plus délétère que jamais"... Pour finir... Dans Le Républicain Lorrain... l'étude d'un biologiste britannique... L'homme s'est penché sur les claviers d'ordinateurs... pour en conclure que certains peuvent abriter 5 fois plus de bactéries dangereuses pour la santé que les sièges de toilettes... Principale cause de développement de ces petites bêtes : les restes alimentaires... autrement dit, le sandwich avalé tout en travaillant... Sans parler du café qu'on renverse...

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