(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : l'horloge tourne

(Bruno Duvic) "On ressent une certaine impatience : le moment est enfin venu d'un échange direct entre les candidats du second tour (...) Il faut souhaiter que les deux acteurs - mais aussi les spectateurs et les commentateurs - ne le réduisent pas à un combat de boxe (...)

Cela ne veut pas dire gommer les différences (...) Il faut que les désaccords apparaissent (...) Les dernières semaines de la campagne électorale (...) les arguments ont volé bas. Il est temps d'élever le débat". Alors messieurs "Etonnez-nous !".

Voilà quelques extraits de l'éditorial de Guillaume Goubert ce matin dans La Croix, à quelques heures du débat Sarkozy-Hollande ce soir à la télévision et sur France Inter.

Pas un combat de boxe, donc. Et pourtant, le côté "match à la télé" du débat apparait nettement ce matin dans la presse.

"Soirée cadrée et encadrée au plan" près, titre Libération . On vous raconte ce matin sur Inter les détails de l'émission présentée par David Pujadas et Laurence Ferrari. Dans Libé , Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts décrivent ce qu'ils appellent "un ahurissant mécanisme d'horlogerie diplomatique".

4 personnes pour compter le temps de paroles. 12 caméras et 8 supplémentaires en cas de panne. Un car régie et un réalisateur de secours si le principal Jérôme Revon fait un malaise. Hier encore un avenant de dernière minute était discuté : comment prévenir les débatteurs si un événement important surgit pendant la soirée ?

Libération révèle aussi les coquetteries des candidats : pas de plan de profil de Nicolas Sarkozy à cause du nez. Pas de plan des cheveux de François Hollande, à cause de leur absence (relative)...

Et comment se préparent les deux candidats ?

Agenda évidemment allégé, même le conseil des ministres est reporté à demain pour le président. Et puis, ils ont identifié les points forts et points faibles de leur adversaire, comme Le Parisien-Aujourd'hui en France

Points forts de François Hollande : son humour et son statut de favori. Points faibles : ses difficultés à la télé et l'excès de confiance.

Côté Nicolas Sarkozy, à l'actif : la maîtrise des dossiers et c'est un enfant de la télé.

Au passif : l'arrogance et l'agressivité.

Comment vont-ils eux-mêmes aborder le débat ?

Côté Nicolas Sarkozy, voyons la réponse du Figaro . Il reste convaincu qu'il est le meilleur, que François Hollande n'est pas à la hauteur :"Je vais l'exploser". Son adversaire serait écartelé entre l'extrême gauche les verts et le centre, il ne peut pas porter de ligne cohérente. Le président sortant veut le faire sortir du bois sur le quotient familial, la réforme des retraites et le nucléaire notamment, sujets sur lesquels le candidat socialiste serait hésitant, changeant.

Du côté de François Hollande - analyse de Libération - on voit le président comme une cible mouvante, capable de tenir tous les discours. Hollande a l'intention de le ramener à la seule réalité qui compte : son bilan. Face à quelqu'un qui bouge tout le temps, il va faire valoir sa cohérence et sa constance. La technique de combat de Hollande, c'est de laisser Sarkozy s'épuiser.

Sur le fond, qu'est ce qui les différencie ?

Dossier remarquable dans La Croix . Les programmes des deux candidats sont comparés sur 6 pages. Quelques chapitres...

La dette : la réduction est une priorité pour les deux. Sarkozy privilégie la réduction des dépenses, Hollande l'augmentation des impôts des plus riches et des grandes entreprises.

Le chômage : La Croix ne voit pas de différence majeure, pas de solution miracle, les deux privilégient des aides ciblées aux entreprises, notamment pour les jeunes et les seniors.

Le nucléaire : à droite le statu quo, à gauche réduire de 75 à 50% la part de l'atome dans la production électrique.

Non à l'euthanasie pour Sarkozy, oui dans de très rares cas répond Hollande

Le socialiste est également favorable au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels. Il ne faut pas inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille, estime le président sortant.

Enfin l'immigration :

  • régulière d'abord, le candidat de droite veut la diviser par deux, celui de gauche veut régulariser au cas par cas.

  • clandestine, ensuite : Hollande veut une brigade spécialisée et des discussions avec les pays d'origine. Sarkozy place le débat au plan européen. Menace de sortie de Schengen si les frontières ne sont pas mieux protégées.

A propos de ces programmes, Les Echos rappellent que l'institut Montaigne juge qu'il y a des trous, dans les deux cas. Il manque près de 10 milliards d'Euros pour boucler le budget à gauche, près de 15 milliards à droite

Et avant le débat, dans la presse, le marathon des interviews continue...

Nicolas Sarkozy dans Ouest France et Valeurs Actuelles . Dans le quotidien rennais :

  • "Si vous vous abstenez, vous aurez François Hollande".

  • Un Hollande qui veut plus de croissance en Europe mais "il ne suffit pas de sauter sur sa chaise en disant croissance, croissance pour qu'elle arrive". Clin d'œil à de Gaulle.

  • Dans Valeurs Actuelles : "On peut dire ce que l'on veut, rien ne remplace l'expérience." Le candidat parle aussi "des régularisation massives, pardon au cas par cas, du gouvernement Jospin."

François Hollande dans la presse de l'Est, ce qui inclut Le Progrès de Lyon.

  • A propos de ces régularisations que son adversaire annonce massive : "c'est faux (...) la répétition d'un mensonge ne fera jamais une vérité.

  • Sur les caricatures de Nicolas Sarkozy en maréchal Pétain. "Qui parlé de procès stalinien dans la campagne ? C'est Nicolas Sarkozy."

  • Sur le droit de vote des étrangers : "Est-il plus légitime d'accorder à un Estonien en France depuis un an le droit de vote aux élections locales, qu'à un Sénégalais installé depuis 40 ans sur notre territoire et qui a des enfants en France ?"

Après ces arguments de fond, voici le plus superficiel. Le magazine GQ passe au crible le style des deux candidats avec notamment l'analyse méchante et amusante de deux photos sur les plateaux de télévision.

Attention aux cheveux ce soir !

Si Nicolas Sarkozy frôle la coupe « Playmobil », selon GQ , François Hollande risque le dérapage à la Dick Rivers.

A gauche les lunettes 100 remboursées par la sécu et la cravate « Butagaz ».

A droite, une bosse à la Quasimodo quand le candidat se voute. Comme s'il avait oublié le cintre de David Douillet dans la veste.

Attention aux détails messieurs, dans 4 jours, c'est le costume de président qu'il s'agit d'endosser !

A demain

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