Ce matin, les journaux reviennent sur les manifestations du 1er mai. Ils évoquent aussi les violences au Venezuela. On parle également des conséquences du Brexit, du racisme dans le football et d'un procès qui a eu lieu mardi à Reims : un illustrateur poursuivi pour « contrefaçon en récidive » car il pastiche Tintin.

« Il dessine Tintin dans une bande dessinée : il risque six mois de prison ferme »

L’histoire est à lire ce matin dans L’UNION. C'est celle de Pascal Somon, illustrateur tintitophile qui comparaissait ce mardi devant le tribunal de Reims. Il était jugé pour « contrefaçon en récidive » ; usage non autorisé de l’image du héros reporter. Des BD, mais aussi des posters et des cartes postales où l’on voit Tintin qui s’énerve, Tintin dans l’espace ou Tintin traversant la rue avec Hergé… Mais, pour lui, ce n’est pas de la contrefaçon, non, il s’agit ici de dessins originaux, et des hommages au créateur du personnage… « Quand on fait un hommage, on n’en fait pas commerce », a souligné l’avocate des parties civiles ; en l’occurrence, la société belge Moulinsart, qui gère l’exploitation commerciale de l’œuvre de Hergé. 

De son côté, l’avocat du dessinateur a plaidé « le droit au pastiche », ajoutant qu’envoyer cet artiste en prison au milieu des voyous, « c’est comme utiliser un char pour chasser un lapin ». Mais c’est bien de la prison ferme qu’a requis le procureur, car Pascal Somon avait déjà été condamné à deux reprises pour un motif similaire. Six mois de prison ferme. Le jugement sera rendu le 28 mai... « Mille millions de mille sabord ! » aurait dit le capitaine Haddock…

Ou bien « Tonnerre de Brest »…  Une autre des expressions du monsieur, qu’on connaît aussi pour être le Cyrano de l’insulte : Amiral de bateau-lavoir, Bachi-bouzouk des Carpates, Mérinos mal peigné ou encore Coloquinte à la graisse d’anthracite… Et puis il y a Crétin des Alpes, ou Crétin des Balkans ou bien Crétin de l’Himalaya, mais jamais le capitaine Haddock ne parle de « crétin des Pyrénées »…

Pourquoi dit-on « crétin des Alpes » ?

Ce matin, LA PROVENCE nous raconte l’origine de l’expression. L’historien Antoine de Baecque a écrit un livre sur le sujet, « L’Histoire des crétins des Alpes », et il venu donner une conférence aux archives de Dignes… Avant, donc, d’être popularisée par le compagnon de Tintin, le crétinisme était une réelle pathologie.

Le  crétinisme était l’expression d’un état prononcé de dégénérescence physique et mentale de certaines personnes vivant dans des coins reculés de montagne...  

De nombreux écrivains (Hugo, Gautier, Dumas) se sont d’ailleurs intéressés à cette pathologie provoquée par un dérèglement de la thyroïde… Pathologie éradiquée depuis 1920, et pourtant, l’insulte est restée. On parle toujours de « crétins »… Et les journaux, d’ailleurs, nous en donnent quelques exemples.

« Le Noir, je vais le buter ! »

Cette citation, on la trouve à la Une de SO FOOT... Une phrase entendue par le joueur Jacinto Ela, premier footballeur de moins de 20 ans de l’histoire du foot espagnol à avoir signé dans une équipe de Premier League… « Le Noir, je vais le buter » : c’est l’un de ses adversaires qui avait lancé cela en s’adressant l’arbitre… Et l’arbitre n’avait rien dit. 

C’est le genre de choses qui m’a fait arrêter le foot à 26 ans... 

Dans ce numéro du mensuel, ce sont 25 joueurs qui témoignent, 25 victimes de racisme, qui racontent à la fois la crétinerie des supporteurs, mais aussi ce qu’ils ont ressenti quand on les a pris à partie pour leur couleur de peau. L’envie de frapper pour l’ancien international camerounais Jerry-Christian Tchuissé… Un match en Russie... Il entend des cris de singe, puis on le traite de singe et, sur le banc de touche, il reçoit une peau de banane sur l’épaule… 

Cris de singe à chaque ballon également pour Abdelsam Ouaddou, ex-international marocain… 

C’était comme des balles de kalachnikov en plein cœur... 

Quant à Steeve Elana, gardien du football club de Tour, il évoque sa sidération… « Ta mère la guenon ! Sale Noir ! » Les mots viennent d’un gosse de 10-12 ans... Ici, SO FOOT ne cherche pas à comprendre la crétinerie des racistes, mais donne donc la parole aux joueurs pris pour cible. De récents exemples nous ont montré que le phénomène était malheureusement toujours d’actualité. 

Cela dit, ce sont d'autres actualités qui dominent ce matin… 

Il y le Venezuela. « Violence et confusion à Caracas », résume ainsi LA CROIX. Selon une organisation de défense des droits humains, une femme de 27 ans est morte après avoir reçu une balle dans la tête pendant une manifestation anti-Maduro.

Et puis il y a les manifestations du 1er mai.

« Un 1er mai sous tension »

C'est le titre de LA DEPÊCHE, qui revient sur les altercations entre blacks blocs et policiers qui ont perturbé, à Paris, un défilé dominé par les Gilets jaunes… « La police contient les violences » titre LE FIGARO... Ce qui donne, dans LIBÉRATION : « Un 1er mai neutralisé »… Près de 165 000 personnes ont défilé hier à travers le pays.

Sur LE HUFFINGTON POST, retour sur l’un des incidents : ces dizaines de manifestants qui ont fait irruption dans les locaux de la Pitié- Salpêtrière… Des individus « violents et menaçants », selon les mots de la directrice de l’hôpital… Là encore, on serait tenté d’employer le mot « crétins ».

Des nouvelles de la réparation de Notre-Dame

Une longue interview de Franck Riester, le ministre de la Culture, dans les colonnes du PARISIEN… 

Sur les dons, il assure que « tout l’argent » récolté ira à la cathédrale… Et pas à d’autres monuments. Sur l’agenda promis par le chef de l’Etat – une restauration en cinq ans : « c’est un objectif ambitieux, mais la priorité, ce n’est pas la rapidité »… Quant à la flèche, faudra-t-il la reconstruire à l’identique ? 

Je comprends que l’on veuille retrouver exactement Notre-Dame telle qu’on la connaissait, mais un des éléments qui poussent pour une flèche nouvelle, c’est qu’elle serait un témoignage de ce qui s’est passé avec l’incendie. 

Au final, précise-t-il, c’est l’Etat qui tranchera.

Dans LE FIGARO, on évoque une conséquence inattendue du Brexit.

Des Anglais élus en France contraints à l’adieu

Reportage dans le Sud-Ouest où, en raison, donc, du Brexit, des centaines de conseillers municipaux britanniques ne pourront se représenter aux prochaines municipales… En certains endroits, ils participent pourtant activement à la vie locale… Parfois même, on les considère comme des piliers des villages. Des maires sont catastrophés.

Sur SLATE, on nous rassure : « Non, la barbe des hommes n’est pas plus sale que les poils des chiens… » Cela méritait d’être dit.

Enfin, dans LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES, on évoque le coup de colère d’un automobiliste… Parce qu’il avait perdu des points sur son permis, il a tiré sur un radar ! L’homme a été interpellé… Et voilà, nous avons notre crétin des Pyrénées.

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