Bonjour... "Love me, please, love me"... Non, je ne vous le chanterai pas... C'est le titre de l'éditorial de Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré, sur le retour de Michel Polnareff sur la scène française... Aujourd'hui, le chanteur aux lunettes noires partage les Unes de vos journaux avec les ténors politiques... "Je suis là", dit-il dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... "Je suis prêt physiquement et mentalement"... Il n'avait pas chanté sur une scène française depuis 30 ans... Ses 10 concerts à Bercy, à partir de ce soir, sont complets, puis une tournée du Zénith, en France, qui le sera bientôt... "Plus qu'un retour... un mot que je n'aime pas trop, dit Polnareff dans L'Humanité... ce sont des retrouvailles avec le public... Et pourtant, la musique a été mon pire ennemi, dit le chanteur... C'est à cause d'elle que j'ai eu tous ces problèmes de dépression... La musique ne me procure pas forcément du bonheur... C'est quelque chose qui me prend beaucoup, et que je redonne ensuite, dit encore Polnareff... La meilleure définition de la création, c'est le grain de sable qui se met dans l'huître, laquelle l'enrobe pour se défendre, et il devient une perle... La création, c'est cette douleur-là", conclut le chanteur dans son interview à L'Huma... Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré, se souvient... "C'était juste avant 68... La jeunesse ne lançait pas encore des pavés, mais elle disait déjà "non non non non non", comme la poupée de cet escogriffe au patronyme de compositeur slave qui tirait les fils de sa guitare sur les marches du Sacré-Coeur... Le beatnik coiffé à la Sagan avait la voix nazillarde d'un oiseau de nuit, et des baskets noires à lacets jaunes qui en jetaient... Comme jailli d'une toile pop-art d'Andy Wharol, le phénomène Polnareff était né... Il allait traverser les seventies en se foutant de la société et de sa prétendue moralité... en exhibant une paire de fesses sur une affiche de l'Olympia"... "Il est parti en montrant ses fesses, et il a laissé la France sur le derrière, écrit Jean-Michel Thénard dans Libération... Presque aussi déjanté et talentueux que Gainsbourg... Ils sont les seuls à se disputer le titre de pop-star française de la fin du 20ème siècle", estime l'éditorialiste de Libé... Ces deux fils de réfugié de l'Est, deux pianistes de formation, deux mélodistes de génie, ont révolutionné la variété de papa, mêlé classique et jazz pour transcander les modes... Trente ans après, ils continuent d'être applaudis pour leur musique au parfum d'éternité"... "Au jeu de l'oie présidentiel, les candidats ont beau faire, ils retombent sur la case Airbus"... Constat de Pierre Taribo, dans L'Est Républicain, qui se demande "quel pion jouer : celui de l'Etat brancardier, ou celui de l'Etat spectateur... Les socialistes penchent pour le retour de l'Etat-providence... A droite, on pense que la force d'une industrie ne doit pas dépendre des subventions publiques"... Pierre Taribo n'y croit pas... "Champions des discours souvent démagogiques, les candidats font savoir qu'ils sont prêts à intervenir afin d'aider Airbus à rebondir... Mais chacun sait qu'avant d'aller aux urnes, c'est plus un leurre qu'un gage de réussite", écrit Taribo... Dans Les Echos, Louis Gallois, le président d'Airbus, défend l'équité de son plan social... "Il respecte l'équilibre entre les 4 pays-membres", dit-il... Maigre consolation... Les syndicats d'Airbus ont programmé une demi-journée de grève mardi en France... Et en Allemagne, le syndicat IG Metall a appelé à une journée d'action européenne... En Bourse, le titre du groupe franco-allemand a reculé de 5%... Certes, comme le révèle La Tribune, à l'iniative de Midi-Pyrénées, "huit régions françaises étudient une entrée au capital d'EADS, la maison-mère d'Airbus"... une participation modeste mais symbolique dans le groupe européen, à l'inspiration des Länder allemands, qui ont récemment effectué la même démarche... Pascal Aubert n'y croit pas, dans son éditorial... "Que peuvent espérer les élus français en s'infiltrant dans le capital de l'entreprise ?... A priori, pas grand-chose... Faute d'une opération d'envergure, l'éventail des rôles possibles se restreint à la double fonction d'imprécateurs et de mouches du coche de l'Etat actionnaire"... Pascal Aubert prend l'exemple allemand... "Avec à peine 1% du capital d'EADS, les trois Länder ne semblent pas être intervenus de façon déterminante dans l'élaboration du traitement de choc administré à l'entreprise et à ses salariés"... Sans oublier les sous-traitants... La Dépêche du Midi fait sa Une sur "les oubliés du plan Airbus"... "En plus des 1.700 suppressions d'emplois chez Airbus à Toulouse, les sous-traitants perdront 1.700 postes eux aussi... sans compter les effets sur le tissu des PME dans la région... C'est tout Midi-Pyrénées qui s'inquiète"... "L'annonce de plans sociaux en pleine campagne électorale, en France, est un phénomène nouveau", constate Patrick Lamm dans Les Echos... "Jusqu'à présent, en effet, les entreprises prenaient soin d'éviter des charrettes avant un affrontement électoral aussi déterminant que l'élection présidentielle... Oui mais voilà, la donne a changé : l'économie s'est mondialisée, et le capital des entreprises s'est internationalisé, dit l'éditorialiste... Alcatel-Lucent et EADS ne sont pas des entreprises françaises mais internationales... Dès lors, le contexte national, marqué par le souci de sauvegarder la paix sociale, devient moins déterminant face à la réalité économique de l'entreprise mondialisée... Car, poursuit Patrick Lamm, la mondialisation met en lumière les limites du pouvoir politique national et du patriotisme économique... Cette doctrine n'a pas empêché Arcelor de tomber sous la coupe de Mittal Steel, et elle n'a toujours pas réussi à marier Gaz de France et Suez"... Et la campagne dans tout ça ?... Rassurons les mordus de la politique : elle fait toujours la Une de Libération et du Figaro... non pas avec Sarko et Ségo... mais avec les challengers : Bayrou et Le Pen... François Bayrou qui confirme sa troisième place dans le sondage CSA/Le Parisien-Aujourd'hui en France (28 février : 871 personnes)... Il est toujours à 17%, alors que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont à égalité (29%) au premier tour... Et Libération de se demander "pourquoi les bobos votent Bayrou"... Les bobos, vous savez : les bourgeois-bohèmes, qui ont le coeur à gauche et le portefeuille à droite... "cette gauche qui succombe à l'appel du centre"... "Cette gauche, c'est l'électorat PS pas convaincu par Ségolène Royal, si l'on en croit Libé... Il séduit aussi bien les CSP+ que les profs, car il a été ministre de l'Education nationale"... "C'est un vieux routier qui parle neuf, dit de lui Laurent Joffrin... C'est un centriste carré... Mais entre droite et gauche, les bobos qui rêvent d'un ni-ni oublient une chose : les actes en disent plus que les mots... Bayrou, le fier discoureur, a toujours, à l'heure des choix, agi avec la droite"... La droite justement... qui se pose la question : "Et si Le Pen n'y était pas..."... "Autrement dit, l'UMP redoute que le président du FN ne recueille pas les 500 parrainages pour se présenter à l'élection... Or, nous rappelle Alexis Brézet dans Le Figaro, en 2002, il s'en est véritablement fallu d'un cheveu que le leader du FN ne puisse se lancer dans la course... Or, en 2007, la récolte est plus difficile encore qu'en 2002... Or, selon l'analyse de l'UMP, l'absence de Jean-Marie Le Pen serait préjudiciable à Nicolas Sarkozy"... Alexis Brézet donne un exemple... "Si Le Pen fait 15% des voix au premier tour, Sarkozy, parce qu'il laboure depuis des années le terrain de la droite, peut espérer en récupérer 10% au second... Mais si Le Pen n'est pas présent le 22 avril, Sarkozy ne peut guère compter sur plus de la moitié de l'électorat potentiel du Front National ce jour-là... A l'arrivée, manquent 3% des voix... plus qu'il n'en faut pour perdre une élection"... Est-ce pour cela que l'éditorialiste du Figaro plaide pour la réforme du système des parrainages publics ?... C'est une affaire qui, parce qu'elle met en jeu le libre exercice du choix démocratique, concerne tous les citoyens... Un tiers des votants de 2002 sont aujourd'hui privés de représentation au Parlement... Ils risquent, de surcroît, d'être interdits d'expression à la Présidentielle... On ne réconciliera pas les Français avec la politique en confisquant le débat", conclut Alexis Brézet... La campagne encore... mais à Paris... C'est le Salon de l'Agriculture... Il ouvre ce week-end, et "sera vraisemblablement le dernier de Jacques Chirac en tant que Président de la République", constate Pierre Fréhel, du Républicain Lorrain... "C'est un chapitre important de la geste folklorique française qui connaîtra son épilogue demain à la Porte de Versailles", reprend Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi... "Avec Jacques Chirac, c'est un pilier du patrimoine rural qui fout le camp et ne pourra être remplacé... Car on voit mal, poursuit Bernard Revel, quel prétendant à sa succession sera capable de suivre ses traces avec autant d'enthousiasme... Qui aura la capacité d'aller, pendant plus de quatre heures, d'un stand à l'autre en dégustant avec gourmandise tous les produits de terroir possible sans jamais refuser le dernier petit verre de derrière les fagots ?... Au Chirac qui aime tout, succèdera un homme (ou une femme) qui pensera d'abord, dans les allées des prochains Salons, à sa santé, et sera ainsi en phase avec son temps"... "A l'heure où l'écologie gagne les consciences, reprend Pierre Fréhel dans Le Républicain Lorrain, la campagne est perçue par les citadins comme une valeure sûre, un capital naturel à préserver... même si les rapports sont plus conflictuels qu'amicaux entre les écolos et les agriculteurs"... Et puis deux-trois magazines à picorer pour le week-end... Un nouvel ancien... C'est en effet le numéro 1 du "Journal d'Hier et d'Aujourd'hui"... autrement dit, l'actualité du passé au présent... Il sélectionne certains faits politiques ou sociaux marquants des dernières décennies, et il les conjugue au présent, en les illustrant par des documents qui nous paraissent aujourd'hui bien lointains... comme cette photo de Jacques Chirac, jeune Premier ministre, qui allumait une cigarette pour Simone Veil... Le mensuel "Philosophie Magazine"... Eh oui, comme la psycho, la philo se décline pour le grand public... La preuve : il y a un sein (s-e-i-n) féminin en couverture... tout cela pour illustrer un dossier : "Sexe et morale : une nouvelle approche"... "La révolution sexuelle, nous dit le journal, s'est accompagné d'un mouvement de criminalisation croissante de la sexualité... Quelle est aujourd'hui la limite entre la liberté privée des individus et la condamnation de la société vis-à-vis de certaines pratiques ?... L'éthique sexuelle, sans totem ni tabous, sans concupiscence non plus, quoique"... C'est dans "Philosophie Magazine"... Et puis tiens, si vous êtes en voiture... "L'Action Auto Moto" présente une nouvelle formule... une formule enrichie pour les essais auto... mais surtout, une dernière page, signée Jean Savary, une page d'humeur... Il se demande par exemple pourquoi les pouvoirs publics font un tel battage autour du biocarburant E85, alors que le diester peut alimenter, lui, tous les diesels et présente un meilleur bilan écologique... On se posera peut-être la question au Salon de l'Agriculture...

Denis ASTAGNEAU

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