Bonjour... Ca commence sur l'air tristement célèbre du : "On vous l'avait bien dit". La Croix souligne qu'en 2008, la Direction départementale de l'Equipement de Vendée annonçait que "la rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs". Le secteur littoral en question, c'est celui où se trouvent précisément les communes de La Faute-sur-Mer et de L'Aiguillon, les plus cruellement touchées par le passage de la tempête Xynthia. Vous le lirez dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, la note à laquelle fait référence, ce matin, le quotidien La Croix est datée d'octobre 2008. Son auteur y écrivait ceci : "La commune de La Faute-sur-Mer (...) a été construite sur de vastes espaces gagnés sur l'océan, en ne tenant pas compte de la mémoire du risque". Le résultat, on le connaît. Comme le titre L'Humanité : "Xynthia a laissé derrière elle une mer de désolation". France-Soir claironne : "On aurait pu éviter la catastrophe !". La Provence voit venir "le temps des questions". Libération titre : "Permis de construire : avis de polémique" comme on dirait "avis de tempête". L'urbanisation de nos côtes est aujourd'hui sur la sellette. Tous vos journaux nationaux s'attardent sur la politique de construction pratiquée dans les régions les plus affectées. A les lire, on le voit : on a vraiment fait n'importe quoi. Dans La Charente Libre, après nous avoir précisé que 5 millions de Français vivent dans des zones inondables, Jacques Guyon ouvre le tir sur ces permis de construire qu'il rebaptisent "permis de périr". "Officiellement (nous dit Patrick Fluckiger dans L'Alsace), aucun permis n'est plus délivré depuis 1995 en zone inondable 'rouge'. Mais (...) les dérogations sont la règle dans les zones dites 'bleues'". Michel Vagner, de L'Est Républicain, dénonce le "cynisme des promoteurs". A ses yeux, "le problème n'est pas l'absence de lois, c'est le manque de détermination pour les appliquer". Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard se demande "combien de communes maritimes continuent d'autoriser le mitage des côtes françaises en accordant généreusement des permis de construire sur des terrains bien trop proches de l'eau, et même officiellement inondables ?". Evoquant une "pression immobilière bien difficile à maîtriser", Pierre Fréhel, du Républicain Lorrain, constate qu'il est "tentant, pour les promoteurs zélés comme les autorités locales avides de recettes fiscales, de croire que l'inimaginable (...) ne se produira jamais. Ou, en l'occurrence (...), qu'un lotissement composé de maisons modestes pour ménages modestes n'a droit qu'à un emplacement modeste lui aussi mais avec un accès direct à la mer, ce qui est déjà un beau cadeau". Le Parisien-Aujourd'hui en France nous indique fort opportunément qu'à La Faute-sur-Mer, plus de 3000 maisons ont été construites derrière des digues en terre. L'éditorialiste de La Montagne Daniel Ruiz nous le rappelle : "La nature n'est pas méchante, c'est nous qui bafouons ses règles en bétonnant les paysages (...) Le sentiment d'impuissance face à la cruauté du sort des populations ne doit pas occulter les entorses répétées à l'application de la loi sur les permis de construire. Les passe-droit, les pressions, les dérogations sont autant de risques que l'on fait courir aux habitants". C'est l'unanimité du jour dans les commentaires qui remplissent ce matin vos journaux. "Il est indispensable de tirer les meilleures leçons du drame", écrit Jean-Paul Piérot, dans L'Humanité. Pour Libération, Fabrice Rousselot va déjà plus loin : "Il est indispensable de changer les règles et de les durcir si nécessaire". L'éditorialiste de Libé ajoute qu'en France, "une commune sur trois est considérée comme inondable. Si l'on en croit les experts du réchauffement climatique, le niveau de la mer pourrait s'élever d'un mètre d'ici à la fin du siècle"... ce qui renvoie à la question que Jean-Marcel Bouguereau nous pose dans La République des Pyrénées : "Est-il normal de mettre des maisons au bord de l'eau, voire, dans certains cas, sous le niveau des eaux ?". Ce matin, l'un des rares quotidiens qui fassent l'économie d'un titre sur ce sujet en haut de page Une, c'est Nice-Matin, journal pourtant situé en zone sismique, déjà frappée par un raz-de-marée, une région qui fut jadis offerte aux "bétonneurs" de littoral. Il y a quand même, en bas de page, ce "billet de Philippe Bouvard". Je vous le lis in extenso : "C'est la nouvelle quadrature du cercle vicieux dans lequel s'inscrit notre époque de plus en plus menacée : comment l'homme peut-il se protéger des violences surhumaines de la nature ? A quoi s'ajoutent les sempiternelles questions sans réponse : comment de moins en moins d'actifs peuvent-ils entretenir de plus en plus de retraités ? Comment continuer à manger du poisson sans épuiser les ressources de la mer ? Comment donner aux pauvres sans prendre aux riches ? Comment soigner les malades sans tuer la Sécu ? Comment proposer des cours d'éducation sexuelle à des enfants abreuvés de publicité coquine ? Comment refuser le patriotisme et faire assaut de nationalismes sur les stades ? Comment expliquer aux citoyens que le passé est révolu, que le présent n'est plus un cadeau et que l'avenir n'en a aucun ?". (Nicolas Demorand : "Le Président de la République s'est rendu hier dans les zones sinistrées. Pas de commentaires, dans les journaux ?") Il y a ce titre, dans Le Figaro : "Tempête Xynthia : Nicolas Sarkozy dénonce un 'drame incompréhensible'. Le chef de l'Etat veut durcir les règles d'urbanisme sur le littoral". Le seul éditorialiste qui réagisse vraiment, et le plus durement, aux propos présidentiels, c'est Francis Brochet dans Le Progrès de Lyon. On sent sa colère quand il écrit : "Tout ce qui nous arrive de dramatique sous son règne est décrété inacceptable, sinon impossible. Ainsi vient-il de juger que la tempête était inacceptable, incompréhensible. On devine qu'il dénonce ces maisons construites en zones inondables. Et l'on sait bien qu'il a été élu pour ça, pour cette façon qu'il a de promettre la Lune en plein Soleil (...) Mais à laisser croire qu'un Président peut empêcher qu'une tempête tue, il s'expose à de cruels retours de bourrasque". Tournons la page. L'avez-vous remarqué ? Il semblait être partout à la fois, hier, notre Président de la République : à l'Elysée, sourire aux lèvres, pour accueillir son homologue russe Dmitri Medvedev ; à bord de l'hélicoptère parti scruter les plaines océanes laissées en Vendée et en Charente-Maritime par la tempête Xynthia ; au Conseil Constitutionnel, avec cette photo pour l'Histoire que publient notamment Le Figaro et Le Parisien-Aujourd'hui en France. L'actuel chef de l'Etat serre la main de deux de ses prédécesseurs : Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing. Qu'est-il allé faire, au fait, chez les Sages du Palais Royal ? Il est venu y assumer la paternité d'une réforme votée par les deux Assemblées réunies en congrès en juillet 2008 : cette "révolution juridique" (selon ses propres termes) qui permet désormais à tout justiciable, tout citoyen de contester une loi déjà en vigueur au motif qu'elle porte atteinte aux droits et aux libertés. Dès hier, d'ailleurs, des avocats parisiens ont soulevé la question de "l'atteinte aux libertés et aux droits de la défense" que constituent selon eux les conditions de garde à vue en France. Demande jugée "recevable" par la présidente de la 23ème Chambre du Tribunal correctionnel de Paris. La Cour de Cassation dispose de trois mois pour décider du transfert de la requête vers le Conseil Constitutionnel, qui se prononcera alors sur la nécessité ou non d'une abrogation. Roland Dumas a présidé le Conseil Constitutionnel entre 1995 et 2000. Il rappelle que la saisine de cette institution par les justiciables est une idée ancienne. Robert Badinter, dès les années 80, l'avait suggéré à François Mitterrand. Roland Dumas voit cette réforme transformer le Conseil Constitutionnel français en une "Cour Suprême à l'anglo-saxonne". "Pas du tout !", rétorque Nicolas Sarkozy. Le Conseil Constitutionnel "n'a pas vocation à devenir une Cour Suprême (...) Notre démocratie n'aurait rien à gagner à un conflit permanent entre les pouvoirs et autorités à travers lesquels elle s'exprime". Pas de contre-pouvoir judiciaire donc, qui concurrencerait le législatif et l'exécutif. Le pouvoir ne se partage pas. Fermez le ban. (ND : "Ce sera une grosse journée, aujourd'hui encore, pour le chef de l'Etat")... Entre autres, Nicolas Sarkozy se rendra en Picardie pour tenter d'y apaiser les craintes des fonctionnaires. Auparavant, et dès ce matin, il accueillera à l'Elysée Valérie Pécresse, qui pilote les Régionales de l'UMP en Ile-de-France. Ca ne va pas fort pour elle et pour ses co-listiers. Libération titre : "Pécresse, détresse francilienne". Le quotidien économique Les Echos nous dit que "la majorité broie du noir à l'approche du premier tour". Le Figaro reprend : "La majorité s'interroge sur sa stratégie électorale". Quant à La Tribune, elle nous rapprend que le Président de la République attend une "bonne surprise" pour son camp en Guyane. Il estime possible la victoire de l'ancien divers-gauche Rodolphe Alexandre, devenu tête de liste UMP sur le territoire guyanais. Elle s'est ouverte officiellement hier, la campagne des Régionales. Elle prendra fin le 13 mars à minuit. Après les questions sur la tempête et la vie politique française, j'aurais aimé, dans cette revue de presse, aborder d'autres sujets comme le refus des tickets-restaurants dans les hypermarchés. Depuis hier, ils n'y sont plus acceptés. Le Parisien-Aujourd'hui en France consacre à ce sujet un long papier. J'aurais pu vous parler de cet immeuble bâti sans promoteur à Strasbourg, une initiative de l'association "Eco-Logis" (je l'ai lu dans La Croix). J'aurais pu enfin évoquer, dans Le Parisien encore, ce site Internet qui fournit un alibi aux élèves en cas d'absence en cours : ça va même jusqu'au faux certificat médical. Deux jours après la fin des Jeux Olympiques de Vancouver, je n'ai plus que le temps de refermer cette revue de presse sur le joli titre de L'Equipe à propos des contre-performances françaises : "Ski alpin : le retour de bâtons". Bonne journée...

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