So Foot qui nous livre dans son édition de mars cette phrase sur les chemins de nos neurones.

Quand on regarde le cerveau d'un violoniste, sa représentation de la main est extraordinaire. C'est exactement la même chose pour un footballeur. Dans son cerveau il a des choses sur son pied que d'autres n'ont pas.

Signé Jean-François Chermann, qui est neurologue et dissèque cette planète méconnue, le cerveau des footballeurs dans une enquête qui balaie les clichés... Ribéry? Bien sûr, il ne sait pas s'exprimer, mais il est brillant, personne ne fait ce qu'il fait avec un ballon...  Et l'on parle donc dans So foot de de la visualisation de l'espace, de la mémoire immédiate, et du cerveau dont nous n'utilisons que 5% des capacités, et qui travaille sans nous le dire…

Et ce cerveau est dans le football la nouvelle frontière et le défi des clubs les plus ambitieux, au-delà de l'argent et du muscle… 

On lit aussi dans So foot un des hommes les plus intelligents de notre humanité, il se nomme Xavi et était le régulateur de Barcelone, que ses partenaires surnommaient la petite fille de l'Exorciste, parce qu'il tournait la tête sans cesse pour voir avant de jouer juste, Xavi qui sait parler aussi et nous dit que le football est la conquête de l'espace-temps, et quand on dégage le ballon à l'aveugle, c'est une défaite intellectuelle...

Le football n'est pas seulement intelligent. L'Equipe et le Parisien racontent le psychodrame qui s'est joué autour de Neymar à Paris, qui laissera des traces... Il y a désormais des fissures dans le club et entre le club et son joueur... Libération fait sa Une sur l'arbitrage vidéo et dénonce les pressions qu'exercent contre les arbitres que mènent ces clubs et ces joueurs qui ne veulent pas de contrôle... Ce n'est pas de l'intelligence c'est du vice.

Mais on a envie d'aimer le ballon rond aujourd'hui. Dans le magazine du Monde, voici l'association sportive Ripabottoni FC, dont le président est boulanger, au  sud de l'Italie, et dont l'équipe est composée pour moitié de migrants, des demandeurs d'asile que l'on va chercher les jours de match ou d'entrainement dans les centres d'accueil de la région... Ripabottoni  avait accueilli un de ces centres qui a été fermé,  et le village réclame le retour de ces jeunes gens  du Mali ou de Côte d'Ivoire...  l'attaquant vedette de Ripabottoni s'appelle Coulibaly -Coulibaly comme le buteur de Chambly en Coupe de France... Petit monde,  doux ballon... 

Et pendant ce temps, le rugby s'inquiète de ses muscles

Il en a trop ! Dans la revue TOPO, qui dessine l'actualité pour les moins de 20 ans, un dossier implacable raconte ce qui arrive au rugby, « la fabrique des mutants ». En une vingtaine d'années, les rugbymens ont pris entre 15 et 20 kilos de muscles, ils sont plus forts et toujours plus rapides... Et être renversé par un de ces mutants, c'est comme affronter un cheval et demi...

Tremblez sur ce que l'on fait de nos corps... 

Le corps qui est le sujet de nos journaux, cette enveloppe qui nous meurtrit...  

Dans Polka, une photographe de trente ans, Georgie Wileman, expose son propre corps pour nous faire comprendre cette maladie de femmes dont nous parlions hier, l'endométriose, elle se photographie au pire de sa douleur et photographie aussi son ventre, parsemé de petites cicatrices, et à côté de ses cicatrices, des dates inscrites au stylo, 2014 2015 2016... Elle a été déjà opérée 6 fois et son corps nous parle...

Dans le même Polka  on découvre les Livestreamers, dont le corps et l'image sont l'outil de travail. Ils se montrent sur Internet, et performent en direct  juste en deça de l'érotisme... Cela se passe en Asie... A Seoul, Huh Minio avale dix hamburgers en dix minutes devant sa webcam,  à Taipei, la petite Mong Mong , 9 ans, maquille sa maman Lala pour l'attendrissement des internautes qui payent, de l'autre côté des écrans, pour conjurer la solitude atroce qui a envahi les grandes villes d'Asie... 

Et on ressent à lire Polka la même tristesse que celle qui nous saisit à la Une de Elle, offerte à une grande femme blonde qui fut la proie de la plus artificielle des célébrités, Loana, en 2001 héroïne sexy du loft et première star de la téléréalité, qui a perdu sa vie ensuite dans la drogue, les mecs tordus et la psychiatrie, et qui est là soudain avec un livre et un regard faussement assuré, existant vraiment?

En comparaison on peut envier la force de ces  paysannes qui font la une de l'Humanité et dont parle aussi VSD. Leur horizon est celui de la survie économique,  mais elles vivent une passion et des fiertés réelles... A 62 ans, Annette Richard, de Chameroy en Haute-Marne, est heureuse, d'avoir imposé la vache Simmentals, rustique et au lait riche, au pays de la commune Holstein... « C'est géant dans ma tête », dit-elle, on comprend...

Et un géant de la critique pour finir

Qui se nomme Laurent Bouhnik et qui est notre héros des Césars du cinéma, la cérémonie est pour ce soir... Elle devra être au diapason du féminisme espèrent les Inrocks. Mais c'est un homme quand même, Bouhnik donc, qui interpelle avant le grand soir... Il est cinéaste en rupture d’industrie et il a -seul sans doute de toute la profession regardé tous  les films, 151 longs-métrages, tous commentés, chaque film, sur Facebook. Le parisien  et surtout l'Obs racontent cet  amoureux de son art, aigre ou lucide, pour qui  « la majorité des films sont des lèche-pompes à fric »... Exemples de la verve de Bouhnik. Chez nous : « Il est formidable ce téléfilm! » Carbone : "Mais qu'est-ce que tu fais, Olivier Marchal, avant tes films puaient la sueur et l'after-shave, aujourd'hui tes comédiens puent l'eau de javel"...  Sous le même toit : « Le cinéma français est devenu une doctrine fascisante pour ne pas faire réfléchir le spectateur »…  Et c'est sublime et injuste et  triste…  Laurent Bouhnik cette journée est à lui. 

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