La revue Transfuge défend Polanski et s'oppose à la théorie féministe du "female gaze", au nom d'une idée assiégée du cinéma. Le sang d'un ver marin serait une panacée médicale, mais l'Europe tarde à valider son utilisation, Sud-Ouest. Le journal de Fang Fang, écrivaine chinoise qui raconte Wuhan, Le Monde.

On reparle du texte de Virginie Despentes dans Libération...

Parce que ce  texte sorti hier soir sur le site de Libération, ce matin dans l'édition de papier du journal, est de ceux qui font date, Virgine Despentes par son talent et son langage cristallise un moment de combat.

Il s'intitule «Désormais on se lève et on se barre», hommage rendu à l'actrice Adèle haenel qui a quitté la cérémonie des César quand Roman Polanski a été couronné. Despentes écrit ceci. "On a appris comment ça se porte, la robe de soirée  A la guerrière. " Et elle rappelle aussi qu'elle fut une jeune femme violée. "Vous pouvez nous la décliner sur tous les tons, votre imbécillité de séparation entre l’homme et l’artiste - toutes les victimes savent qu’il n’y a pas de division miraculeuse entre le corps violé et le corps créateur. Venez m’expliquer comment je devrais m’y prendre pour laisser la fille violée devant la porte de mon bureau avant de me mettre à écrire, bande de bouffons."

Mais s'il n'y avait que cela, on lirait un texte féministe plus dur et mieux écrit que d’autres. Mais Despentes va au-delà de son genre. Pour elle, le César donné à Polanski en dépit des accusations portées contre lui  et la décision du gouvernement de faire passer la réforme des retraites par l’article 49-3 en dépit de semaines de protestations, relèvent de la même oppression que les riches, « les dominants », font peser sur "les dominés" salariés ou femmes, qui doivent apprendre à subir.

Je cite Despentes, la crudité de langage est son prix. 

"Le temps est venu pour les plus riches de faire passer ce beau message : le respect qu'on leur doit s'étendra désormais jusqu'à leurs bites tachées du sang et de la merde des enfants qu'ils violent. Que ça soit à l'Assemblée nationale ou dans la culture. Vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, ça vaut pour les exactions de votre police, ça vaut pour les césars, ça vaut pour votre réforme des retraites. C'est votre politique : exiger le silence des victimes. Votre jouissance morbide, avant tout."

On peut, il faut discuter d'un texte sans nuance. Mais Despentes ne vaut pas pour sa précision mais pour son existence même et l’approbation qu'elle reçoit déjà. Une convergence  des rages et des révoltes.

En face, plutôt à côté, une revue culturelle relève le défi de défendre Polanski au nom d'une idée du cinéma et de la critique,  et s'oppose aux thèses féministes contemporaines, qui sous-tendent le discours de Adèle Haenel, sur un cinéma qui serait l'expression du regard masculin, le male gaze qu'il faudrait remplacer par un female gaze, un regard féminin… La revue sappelle TRANSFUGE, on y dissèque impitoyablement les travaux de l'universitaire Iris Brey, largement exposés ces derniers mois, également sur notre antenne... Et à ces théories qu'ils jugent fétichistes, les critiques Serge Kaganski et Jean-Christophe Ferrari opposent des films: Johnny Guitar, la Règle du jeu, In the mood for love...

Transfuge semble témoigner d'un monde assiégé, celui d'une cinéphilie  que ne dévaluait pas les orages du monde. La revue est sous-titrée "choisissez le camp de la culture »- on y trouve une belle interview du cinéaste Philippe Garrel, qui  parle de Godard, qui le fait vivre, de jeunes actrices, de caméras, de corps nus, des peintures du louvre et de la voix d'un père... C'est incroyablement apaisant.

On parle d'une autre colère...

Celle-là d'un chirurgien Laurent Lantieri qui rage dans Sud-Ouest contre l'imbécilité administrative qui retarde la médecine, et il s’ émerveille en même temps du sang d'un ver de mer qui serait une panacée...

C'est dans Sud-Ouest papier et- sur le web, excellent dossier sur l'arénicole, ce vers qui prospère sur notre planète depuis 450 millions d'années,  que l'on trouve sur nos plages où il entre en apnée à marée basse sous des tortillons de sable et survit alors grace aux qualités de son hémoglobine, véritable piège à oxygène... Un chercheur nommé Frank Zal, ancien marin plongeur ami du vieux commandant Cousteau, a découvert les vertus de cette hémoglobine, un sang universel qui conserve les greffons et les acclimate aux corps des greffés... Il a démissionné du CNRS et créé son entreprise: une ferme à arénicoles où il élève ses vers et en extrait le sang, un sérum absolu... Et ce sérum a sauvé un homme maudit à la naissance, atteint de la maladie d'Elephant man qui transformait son visage en masque monstrueux, il a retrouvé figure humaine quand le professeur Lantieri lui a greffé un visage grace au sérum  de l'arénicole...

Oui mais cette opération a été une exception. Le sang du vers marin n’est pas encore autorisé par l’Europe. Il pourrait aussi sauver des patients atteints d'infarctus ou d'AVC.  

Dans le Berry républicain, je trouve ce matin un autre miracle. Un cinéaste, Mohamed Bouregat, et un ténor , Mathieu Sempéré, sont allés chanter et filmer des vieillards atteint d'Alzheimer. L'un d'eux, André Day, 92 ans, répétait qu'il avait joué gamin dans un film de Julien Duvivier avec Louis Jouvet et Michèle Morgan. C'était vrai,  le film s'appelait « Tel père tel fil »s  et André a même trouvé, en sortant de son brouillard, le titre du documentaire.... "Chacun a une chanson dans son corps et sa poitrine"... C'est beau aussi le cinéma.

Et on parle du coronavirus...

Qui est la grande peur si le 49-3 est le sujet politique et Polanski le grand débat de société... Le Monde publie un texte splendide d'une chinoise courageuse, elle s'appelle Fang Fang, elle est écrivaine,  et en dépt des censeurs tient sur Weibo, le rseau social chinois, une chronique sur Wuhan en proie au virus. Ce texte date de la mi-février.

"Wuhan vit aujourd’hui une catastrophe. Il ne s’agit pas de l’obligation de porter des masques ou de rester cloîtré chez soi. Il s’agit de la liste des décès qui ne cesse de s’allonger. Jusqu’à présent, lorsqu’une personne mourait, son corps était mis en bière et emporté au crématorium. Maintenant, on transporte les cadavres dans des sacs, emportés sur des charrettes.  Le pire, ce sont ces patients gravement malades hospitalisés, qui, lorsqu’ils entrent, disent adieu à leurs proches car ils ne les reverront jamais.? Sans dignité, ils ne sont que de simples cadavres traînés jusqu’au crématorium et brûlés aussitôt. »

Fang Fang dont les mots brûlent est un repère en Chine. Le lot des écrivaines.

J'apprend dans l’'Equipe qu'un footballeur d'Amiens a accepté d'aller jouer à Wuhan !

J'apprends dans les Echos, en ce jour d'élections en Israel, que la Chine investit massivement dans l'Etat hébreu, au grand dam de l'allié américain?.Cela semble une réalité de l'histoire, plus forte que les circonstances.

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