Usbek et Rica cherche sur notre planètes les lieux dont le silence n'a pas été écorché par l'homme. Le Monde dissèque le mensonge, le propre de l'espèce. Nicolas Sarkozy condamné, Mediapart pointe une France corrompue. Les DNA nous disent l'épopée de Leclerc, le Journal du Centre a retrouvé la statue de Bérégovoy.

On parle d'un parfum...

Une odeur de terre humide qui a saisi les sens de Miranda Merron au large du Cap Horn, et dans une soirées où on la fêtait, revenue du Vendée globe, la navigatrice a raconté cette fragrance à une dame  élégante qui lui demandait de concevoir "un parfum de mer", qui nous emporterait, sans bouger vers le large...

Mais à défaut de parfum, nous pouvons lire l'Equipe qui ne se décide pas à abandonner le Vendée Globe, quand on n'attend plus aux Sables d'Olonne que le Finlandais Husuula, il rallonge son plaisir "dans un jour sans fin"... Le journal interroge les plus lents de la croisière, ceux qui ont savouré jusqu'aux « dernières gorgées de mer », et par la chance d'une casse, l'ex favori Jérémie Beyou a découvert que le sport ce n'est pas que gagner. Ces rêveurs au long cour ont savouré le plus beau de leur vie, certains ont rencontré la Némésis, la déesse du châtiment. Elle a puni Alexia Barrier qui était trop heureuse seule sur son bateau, en lui envoyant une vague violente qui l'a fait tomber sur dos et l'a fait hurler, et puis ramper comme un pauvre ver de terre, et puis finir la course aux anti-inflammatoires, et arrivée dimanche à la Rochelle, elle marchait comme une petite vieille sublime...Sublime comme Kojiro Shiraishi, qui à bord préservait son coeur malade opéré avant la course et recousait sa grand voile déchirée: il est le premier japonais à avoir bouclé ce tour du monde, son bateau s'appelait Spirit Of Yukoh, du nom de Yukoh Tada, qui autrefois avait été son maitre de vie de mer et de saké . Leur histoire a été racontée jadis par Libération, plus récemment par Voiles et voiliers. Yuko Tadah était saxophoniste, architecte, écrivain chauffeur de taxi et donc navigateur, il s'était pendu en 1991 à Sidney, lors d'une étape d'un autre tour de monde, pensant avoir démérité... Trente ans après, au Vendée Globe, Kojiro Shiraishi a accompli le rêve, il s'entrainait au sabre sur son bateau, pour oublier la mort dit-il dans son sourire.

A-t-on envie après eux de dire nos bruits, nos avanies? Pas tout de suite. Dans un magazine formidable, Usbek et Rica, j'ai lu l'histoire d'un tronc d'arbre recouvert de mousse, dans une forêt au sud de Seattle, qu'il faut approcher sans un mot et puis s'asseoir sans un froissement de vêtement, et là on peut entendre le vent les arbres les les gouttes de pluie sur les flaques et les racines, ce qu'est la nature sans nous -mais soudain un avion de chasse déchire l'atmosphère et tout est à recommencer... C'est un reportage sur le silence qui disparait sur terre par la faute de l'homme -même le fonds des océans subit notre cacophonie de surface et parfois les dauphins les marsouins les baleines en deviennent fous et en meurent -ça c'est une enquête d'un autre magazine formidable, We Demain. Des activistes recherchent des lieux encore inviolés dit Usbek et Rica, il y a 262 endroits sur terre où nous pouvons à voir avec les oreilles comme si nous n'étions pas...  

Dans le Dauphiné libéré, je découvre Wilder Caputo, qui vient de passer une semaine avec 7 autres aventuriers en pleine nature sur le Vercors sans téléphone ni technologie, il s'est baigné dans une grotte, la source était à deux degrés, il s'est redécouvert, il veut repartir mais seul, évidemment.

Et on parle aussi de Nicolas Sarkozy.

Comment y échapper, quand l'expression « prison ferme » se promène de la Dépêche du Midi et au Télégramme de Brest,  et les journaux dessinent autour de l'ancien Président le ballet de leurs prudences ou de leurs convictions. Le Figaro voit un « malaise dans la démocratie », non pas dans les faits pour lesquels Nicolas Sarkozy est condamné, mais dans sa condamnation même; "les magistrats s'épaulent entre eux" tranche le patron de l'opinion Nicolas Beytout, qui plaint les puissants face à la justice.

A l'inverse Libération proclame « Justice pour tous » et Mediapart poursuit sa charge: la France serait « malade de sa corruption, et l'ancien Président aurait incarné un système". Mediapart dresse une liste de noms, des personnages de la vie de Nicolas Sarkozy qui ont été condamnés ou inquiétés par la justice... Ses mentors (Charles Pasqua, Édouard Balladur), son premier ministre (François Fillon), ses amis d’adolescence (Brice Hortefeux, Patrick Balkany), ses conseillers (Patrick Buisson, Boris Boillon), ses ministres phares (Claude Guéant, Christine Lagarde), son trésorier (Éric Woerth), son associé dans un cabinet d’avocats (Arnaud Claude), son propre avocat (Thierry Herzog), son maître espion (Bernard Squarcini), son témoin de mariage (Nicolas Bazire), sa suppléante (Joëlle Ceccaldi-Reynaud), etc… Verrons-nous dans cette liste une construction composite, ou l'effet est-il saisissant?

Libération livre une autre liste de responsables politiques condamnés à de la prison pour corruption dans des pays démocratiques, Croatie, Israel Canada Corée du Sud.

Sommes nous l'exception?

Le Figaro nous dit que le français recule au Canada, au Quebec aussi , on ne parle plus français a la maison que dans 53% des familles de Montréal. Ca c'est triste.

Et l'on parle de mensonge pour finir...

Car le Monde nous offre une enquête passionnante sur un "mal moral", qui est le propre de l'espèce humaine et qui est nécessaire pour cimenter la société, ne serait-ce que par courtoisie; les animaux dissimulent eux aussi mais ne spéculent pas comme nous sur les croyances de nos interlocuteurs, il leur manque cette stratégie. Je lis que chez l'enfant le mensonge est un progrès cogntif et dès 10 ans, expression faciale neutre, les mômes sont aussi bons que nous adultes qui mentons dans une interaction sur cinq.

Nous ne sommes pas que cela. Bons parfois et braves. Dans le `progrès, une femme, Isabelle Beaumont cherche le monsieur qui l'a tirée de sa voiture accidentée qui allait prendre feu, juste pour lui dire merci. On nous invite aussi à la gratitude dans les Dernières nouvelles d'Alsace, qui consacre deux pages à l'épopée Leclerc, car aujourd'hui il y a juste 80 ans, Leclerc, ayant pris l'oasis de Koufra aux fascistes italiens, faisait jurer à ses soldats de poursuivre jusqu'à la libération de Strasbourg: pour prendre Koufra, Leclerc avait déplacé sans cesse l'unique canon de ses hommes, pour que les italiens s'imaginent une artillerie complète, quel beau mensonge ce fut.

Dans le Journal du Centre, vous lirez  l'histoire d'une statue, qui  nous rappelle un homme de pouvoir qui mit fin à ses jours en 1993, ne supportant plus le soupçon, l'idée d'avoir failli. Il y a vingt et un ans, un sculpteur livrait au circuit de Magny-Cours dans la Nièvre une statue en acier inoxydable représentant Pierre Bérégovoy, mais cette statue ne fut jamais inaugurée, oubliée dans une remise du circuit, puis dans une annexe de la mairie de Mars-sur-Allier, posée  ensuite sur la terrasse d'une famille amie...  Elle va enfin être accueillie à Nevers dont Bérégovoy fut le maire, dans le hall d'entrée d'un hôpital qu'il voulut. Elle est d'une ressemblance émouvante, pour qui se souvient.

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