"Voyous", "Karcher", "racaille"... J'assume. Nicolas Sarkozy persiste et signe... Le ministre de l'Intérieur donne une interview au "Parisien" aujourd'hui. Où il explique, en substance, que les mots qu'il emploie sont les bons... A-t-on une approche mondaine de la politique, ou une approche réelle ? La classe politique est de moins en moins écoutée, explique le ministre... Parce qu'elle ne parle pas des vrais sujets... Parce que, quand elle en parle, elle n'en parle pas avec les vrais mots. "Populisme", répond le magistrat Denis Salas, toujours dans "Le Parisien". Les mots qu'emploie Nicolas Sarkozy, dit-il, sont ceux d'un populisme pénal. Il court-circuite le processus républicain normal... C'est dangereux. Les mots... Il y a ceux qui font mal, ce matin, dans la presse... En particulier dans "L'Humanité", qui titre : "Sarkozy : la stratégie d'un incendiaire"... Et puis, en pages intérieures, cet autre titre, pour exprimer la même idée... avec d'autres mots : le pompier pyromane. Et Patrick Apel-Muller écrit : "La mort de deux adolescents est une tragédie qui intervient comme une terrible secousse dans une population fragilisée par la pauvreté et la précarité... La politique de Sarkozy est en fait la politique de la discrimination négative". La charge, elle est également dans "Libération" : "Villepin et Sarkozy se battent aussi à Clichy"... Guerre de bandes au gouvernement... Oui, c'est cette guerre larvée des gangs, au sommet de l'Etat, qui risque de faire le plus de dégâts dans le tissu social du pays, écrit Patrick Sabatier. La guerre... Effectivement... Celle des mots au gouvernement... Hier, Dominique de Villepin est intervenu...Hervé Cannet, dans "La Nouvelle République du Centre-Ouest", remarque qu'à Matignon ou Place Beauvau, même les mots sont différents... Ceux de Dominique de Villepin comportaient les notions de dialogue, de respect et de transparence. Ce que "Le Figaro" exprime à sa façon... Une autre manière de voir les choses avec ce titre, à front renversé, si j'ose dire : "Les banlieues mettent à mal la solidarité gouvernementale". Quoi qu'il en soit, comment ne pas reconnaître qu'il existe bel et bien un lien direct entre les déclarations incendiaires du ministre de l'Intérieur et les violentes échauffourées dans les banlieues, s'interroge Dominique Garraud, dans "La Charente Libre" ? Réponse de Nicolas Sarkozy, dans son interview au "Parisien"... Qui, au passage, nous raconte que c'est dans le bureau de la Place Beauvau qu'il les a reçus, hier matin... Il a fait allumer un feu dans la cheminée... Et de temps à autre, durant l'interview, il se lève pour attiser les braises et remettre des bûches". Ca ne s'invente pas. Mais revenons à l'interview... "Le traitement social des banlieues a échoué, mais ça va changer", affirme Nicolas Sarkozy... Maintenant, il faut agir plus tôt pour détecter chez les jeunes les problèmes de violence... Dès la maternelle ! Dernière question du "Parisien" : "Contre les violences, tolérance zéro, avez-vous dit ?" Je confirme. Oui, tolérance zéro... Et cette fois, c'est François Hollande qui le dit... "Tolérance zéro pour Sarkozy"... C'est dans les colonnes de "Libération" que le Premier secrétaire du PS se confie aujourd'hui... Et la confidence, elle est là : François Hollande annonce qu'il ne sera pas candidat au poste de Premier secrétaire du PS lors du Congrès du Mans... Si sa motion n'atteint pas 50% des voix. Et puis attention : selon le Premier secrétaire, si les socialistes et la gauche ne parviennent pas à dépasser le clivage "oui-non" du référendum européen, la défaite en 2007 est probable. Nous parlions de "discrimination négative" tout à l'heure... En voici un exemple, clair et net... Trop clair, trop net... Révélé par "Le Canard Enchaîné". Sous le titre "La préférence nationale fait toit chez Foncia", l'hebdomadaire nous explique que, pour décrocher un logement dans le premier réseau locatif du pays, mieux vaut être DU pays. Chez Foncia, chaque agent commercial dispose d'un manuel du parfait loueur, avec ce chapitre fort intéressant, intitulé "La sélection du locataire". Parce qu'il doit correspondre à un certain profil. Le premier des critères fait sourire : le candidat aura une tenue soignée et propre... Le second ne fait plus sourire du tout : le critère, c'est la nationalité. Mode de vie, coutumes, usages... Genre "bruits et odeurs"... Le document en arrive à cette conclusion un brin faux-jeton... "Par conséquent, en faisant abstraction de toute notion de ségrégation raciale ou confessionnelle que ce soit, l'expérience nous conduit à privilégier les dossiers des candidats français". Voyez : c'est écrit noir sur blanc... Et d'ailleurs, selon "Le Canard Enchaîné", le dossier d'un couple d'étudiants cautionnés par des amis gagnant moins de 3.000 euros par mois a été accepté, alors que celui d'un autre couple avec une caution de près de 6.000 euros a été refusé... Précision : le couple rejeté était Français et de Guadeloupe, alors que le second était bulgare... mais bien blanc. Réaction chez Foncia : "Nous ne voulons même pas entendre parler de ces documents". Dommage, parce que "Le Canard Enchaîné", lui, en parle. Voilà qui nous amène à une autre facette de la crise du logement... C'est le journal "Le Monde" qui nous en parle... Au moment où commence la trève hivernale, qui donne un répit de 4 mois et demi aux familles menacées d'être expulsées de leur logement... On s'aperçoit que les jugements d'expulsion locative pour défaut de paiement sont en forte hausse. Bertrand Bissuel, bonjour... Vous êtes journaliste au "Monde"... Quand on dit que les expulsions sont de plus en plus nombreuses, que nous disent précisément les statistiques ? * Est-ce que le protocole Borloo a changé quelque chose ? Merci, Bertrand Bissuel... C'est donc à lire dans le journal "Le Monde"... Et puisque nous en sommes dans la désespérance sociale, "Le Figaro" revient ce matin sur un autre constat antisocial... Du genre "mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade". De fait, chômeurs et RMistes sont en mauvaise santé... Taux de tabagisme, hypertension et obésité sont nettement plus importants chez les personnes fragiles... L'enquête, effectuée par l'assurance-maladie, est formelle... C'est un état d'insécurité sociale. Sans rapport avec ce qui précède... Je vous l'assure... On termine avec ces deux photos, pochette-surprise... Elles sont dans "Le Parisien"... En pages "Politique"... On y voit deux exclus de la politique française : Alain Juppé et Lionel Jospin... Le premier mis hors jeu par la justice... Le second par les électeurs... L'ancien Premier ministre de gauche est sur son vélo, à Paris, avec Sylviane... Classique... "Le Parisien" en profite pour nous rappeler qu'il sera l'invité de France 3 ce soir, dans l'émission "Culture et Dépendance"... Il nous racontera le monde comme il le voit, et comme il le dit dans le titre de son livre... En revanche, Alain Juppé, qui n'a rien à dire de spécial en ce moment, ni rien à vendre, apparaît dans un accoutrement étonnant... La photo a été prise lundi soir à Montréal... C'était Halloween... Alors, l'ancien Premier ministre a fait comme tout le monde... Harcelé de coups de sonnette, il a ouvert sa porte à plusieurs reprises, et il a joué le jeu avec bonne humeur... C'est ainsi qu'on le voit avec une perruque afro... Effet garanti ! Lionel Jospin a dit un jour : "Je suis un austère qui se marre"... Alors peut-être qu'Alain Juppé, finalement, est un marrant qui fait l'austère.

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