Patrick Cohen : A la Une ce matin : portrait de l'Amérique... Bruno Duvic : 1861 : Abraham Lincoln vient d'être élu président et la guerre éclate : la guerre de sécession... De ce moment capital, l'écrivain Gore Vidal a fait un roman. Il ressort dans une nouvelle traduction française cet automne. Extraits dans le magazine "L'optimum" ce mois-ci. Tranche de vie d'un politicien à Washington, il s'appelle Washburne. Washburne consulta sa montre en or : 6h moins 5 du matin par une froide journée d'hiver. Il boutonna son manteau et posa prudemment le pied sur la boue gelée qui servait de trottoir à l'avenue conduisant à la gare de Washington, capitale des Etats-Unis d'Amérique en voie de désunion. Obama a voulu changer Washington et c'est Washington qui l'a changé. Etats désunis d'Amérique. Washington contre le peuple, c'est l'une des clés de lecture de ces élections. Alors, oui, portrait des personnages qui incarnent cette fin de campagne dans la presse ce matin. Le politicien de l'élite, rendu responsable du froid tombé sur les Etats-Unis, c'est Obama, mais encore Harry Reid, un des hommes les plus puissants du pays, chef des sénateurs démocrates. Il est donné perdant aujourd'hui face à son adversaire républicaine. La Croix explique pourquoi : Harry Reid est élu d'un des Etats les plus violemment touchés par la crise, le Nevada. Chômage : 15%, bulle immobilière explosée façon puzzle. Réaction d'une électrice : "Franchement, quand les experts de Washington nous disent que la crise est finie, j'm'étouffe. Il faut virer tout le monde !". L'adversaire d'Harry Reid s'appelle Sharron Angle. "Je ne suis pas une politicienne, dit-elle, je suis une mère et une grand-mère". La maman, deuxième personnage de cette fin de campagne. « Maman grizzly » comme une ourse qui protège ses petits, c'est-à-dire le peuple américain, ou "Mum in chief" comme Michèle Obama. Les femmes ont pris le pouvoir au moins médiatique. Symbole de cela, Christine O'Donnell, c'est la candidate du Tea-Party dans le l'Etat du Delaware. Son portrait est dans La Tribune et Le Parisien. Jolie fille, des faux airs de Sarah Palin et le même profil : gaffeuse, franchement conservatrice et franchement populiste. Christine O'Donnell veut abroger la réforme de la santé, elle rejette l'avortement même en cas de viol ou d'inceste et elle doute des thèses de Darwin sur l'origine de l'Homme. Elle a peu de chance de l'emporter ce soir, mais avec sa façon de s'adresser au peuple, elle a d'ores et déjà gagné la bataille de la notoriété. Les personnages en photo dans la presse composent un bilan des deux ans de présidence Obama. Les changements symboliques : c'est le visage de Sonia Sottomayer dans La Tribune, première latino nommée à la Cour Suprême... c'est aussi le patron de la banque Goldman Sachs, visage d'une réforme de la finance inachevée. Surnom de ce patron : "bankster", synthèse de banquier et gangster. C'est encore un autre patron, patron du plus grand syndicat américain... il maintient sa confiance au président : "Sans lui, la situation aurait pu être bien pire". Alors, à Washington, dans les semaines à venir, les politiques au pouvoir pourraient ressembler à John Boehner. Dernier portrait de la série : il a le visage bronzé à longueur d'année, il dénonce à tout-va le déficit, l'interventionnisme de l'Etat, la réforme de la santé, la hausse des impôts qui tue l'emploi et la loi de régulation financière. C'est l'artisan du programme des Républicains. John Boehner pourrait devenir le nouveau speaker de la Chambre des représentants, autrement dit le troisième plus haut personnage de l'Etat, derrière Obama et son vice-président. "Ils veulent détruire Obama" écrit ce matin Libération. Résumé du climat avec ce très joli titre à la Une de L'Humanité : "Ce n'est plus American Dream, c'est American Spleen". Patrick Cohen : Autre portrait, quoi que... encore un homme politique de Washington... Et il a les honneurs de la couverture de Newsweek. "DSK, next"... On pourrait traduire par "DSK et maintenant" ou bien "DSK, le prochain". Est-il prêt à diriger la France ou le monde ?" se demande Newsweek qui tresse des lauriers au patron français du FMI. C'est "the top guy"... "Le type au top". Mais Newsweek souligne que les aiguilles tournent pour Strauss-Kahn, il va falloir choisir entre le FMI et la course à l'Elysée. DSK ou Sarkozy, Newsweek semble avoir choisi. Il y a quelques semaines, le président français faisait lui aussi la couverture du magazine américain, mais c'était pour illustrer la montée de l'extrême droite en Europe. Vous trouverez plus de détails sur cet article en réécoutant la chronique de Simon Tivolle dans le 6-7 sur franceinter.com. DSK, mais aussi Jean-Louis Borloo. Longue interview au Parisien ce matin. Futur premier ministre ou pas ? En tout cas, l'homme a de vastes idées manifestement. "La France n'est pas irréformable" dit Jean-Louis Borloo. Il vante la méthode de négociation adoptée lors du Grenelle de l'Environnement, négociation à cinq Etats, associations, collectivités locales, syndicats et entreprises. Elle pourrait s'appliquer, selon lui, à la fiscalité. Autrement dit, le sujet le plus central du moment, le genre de dossier auquel s'attaque un premier ministre. "Il ne peut pas y avoir de croissance sans consensus social" dit encore Jean-Louis Borloo. Pour lui, le climat social en France ressemble un peu à celui de 2005, au moment du rejet de la Constitution européenne. A part ça, la presse continue de se moquer de sa coiffure. Joli titre de Mediapart, qui à l'approche du remaniement, passe la méthode Borloo au peigne fin ! On parlait de populisme en politique tout à l'heure, il y a un peu de cela dans l'interview que Fabrice Lucchini accorde au magazine "GQ" ce mois-ci. Lucchini qui lit en ce moment des textes de Philippe Muray sur scène, assume son côté un peu réac, suprêmement agacé par les BoBos. "Il n'y a que des gens de gauche à l'île de Ré. Les gens confondent la gauche et l'indignation comme posture intellectuelle. Les socialistes, ce sont les mêmes petits bourgeois qu'à l'UMP, mais avec de l'éructation indignée. La bien pensance, c'est quelque chose d'énorme en France". Lucchini qui confie encore dans cette interview aller chez un psy depuis 33 ans... 33 ans, et comme dit Woody Allen : "ça va un tout petit peu mieux !". Patrick Cohen : Les autres Unes des journaux, Bruno... Bruno Duvic : Al-Qaïda frappe les chrétiens d'Orient, c'est dans La Croix après la prise d'otages dans une cathédrale de Bagdad. Et puis, la Chine veut coopérer avec la France. Propos du président chinois Hu Jintao en visite à Paris. Il est interviewé par Le Figaro. Allez, pour finir, la Une de la Voix du Nord, à l'heure où les marins de la Route du Rhum naviguent sur l'océan. "Ces phares qui ont tant à dire". Sept phares du Nord-Pas-de-Calais pourraient être bientôt protégés comme monuments historiques. Dans La Voix du Nord, Christian Taverne-Grasset en profite pour "gréer" un joli hommage à ces gardiens de la mer. "Ah, si les phares pouvaient parler, combien de drames évitées et de vies sauvées depuis l'Antiquité ! Le chrétien a son clocher, le musulman son minaret, le marin son phare. A chacun sa religion, la mienne est faite". A demain !

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