Le ministre Gérard Collomb, en confidences, parlait bien la langue de Valeurs Actuelles. En 1935, un journaliste allemand pourchassé par les Nazis, comme aujourd'hui Jamal Khashoggi, dit Marianne. A Marseille, on se bat pour la place Jean Jaurès, promise à gentrification, dans l'Humanité, la Provence, la Marseillaise

Le magazine du Parisien rend justice aux Gaulois...

Ces Gaulois dont notre Président médit, les Gaulois réfractaires au changement, le Parisien relève le gant et nous instruit. Car les Gaulois méritent le respect et il avait tort, aussi, Arthur Rimbaud, dans ses vers, "j'ai des mes ancêtres gaulois l'oeil bleu blanc la cervelle étroite et la maladresse dans la lutte", mais NON. Les Gaulois étaient des conquérants qui avaient envahi Rome, ils étaient maîtres et commerçants du bronze et du fer, de la faux et du couteau à la lame qui se replie, ils innovaient avec leur temps, ils avaient inventé la mode masculine avec  les braies...

Etonnants Gaulois, qui peuvent nourrir notre volonté, et c'est leur esprit de  conquête qui résonne chez les jeunes chanteurs d'Opéra que présente le Figaro, ou chez un Normand que chante Libération qui lève des fonds par millions d'euros et embauche et forme des ouvriers par centaines, à Poilley dans la Manche, Mathieu Millet de Remade, qui reconditionne en qualité française et environnementale des téléphones portables. il est au coeur du monde comme la Gaule fut la fierté de l'empire romain.. 

Mais alors, pourquoi les Gaulois ont-ils mauvaise réputation. Réponse dans le Parisien, par manque d'écriture, ces Celtes n'ont pas laissé de texte, et leur narration fut l'oeuvre de ceux qui les avaient séduit autant que conquis, les romains... Et ils ont été aussi, les Gaulois, un exutoire après notre défaite en 1870, il fallait que nous soyons, braves vaincus, les héritiers d'autres brouillons dévastés par des disciplinés, les Prussiens de Bismarck après les légions de César. Et cette histoire nous a collé à la peau... 

So foot a concocté un numéro  consacré au dialogue franco-allemand, en football, car longtemps nous fûmes face à la Mannschaft des gaulois brouillons! Mais qui est la discipline à l'âge de deschamps? 

Mais cette histoire des Gaulois mal racontés laisse rêveur, au temps des fake news, de la vérité assiégée et du journalisme ciblé. Dans Le Monde, lisez la tribune de la fiancée du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi, qui en appelle à la communauté internationale et raconte un homme vivant, qui venait d'acheter une maison et envoyait ses chemises chez le blanchisseur. Dans Marianne, la photo en noir et blanc d'un homme qui se repose dans un hôtel parisien, l'air infiniment doux, il s'appelait Berthold Jacob, grand journaliste d'investigation allemand, qui combattait la dictature nazie dans la presse, il fut enlevé en Suisse en 1935 par des agents nazis et libéré après un scandale international, puis ratrapé pour de bon en 1944... Berthold Jacob, 1935, Jamal Khashoggi 2018, est-ce à cela qu'il pense, le président Macron qui parlait des années trente hier dans Ouest-France et encore dans la Croix, dans un propos plus lourd qu'une médisance sur les fiers gaulois.  

La Nouvelle-Calédonie vote dimanche sur son indépendance...

Et Ouest-France en appelle à préserver la Paix, la Croix fait dialoguer le leader indépendantiste Roch Wamytan et le loyaliste Philippe Gomès, dont le non à l'indépendance est favori, Philippe Gomès à l'histoire longue raconte Libération,  un pied-noir d'Algérie, né en 1959, débarqué en Nouvelle-Calédonie à 15 ans, d'une colonie à l'autre, il veut réconcilier celle-là. Car il s'agit bien d'une colonie dont la France se félicite  de ne pas être rejetée. Sud Ouest raconte Elie Poigoune, 74 ans, leader indépendantiste mais  souhaite la victoire du non, parce que "la Calédonie est un petit pays qui a besoin d’un grand frère". Décolonisation réussie ou au contraire, une colonisation finalement validée par des colonisés eux-mêmes, ces Kanaks devenus minoritaires sur l'île. L'Humanité est pleine d'une colère rare sur ce sujet, le journal emploie le mot Kanaky, le nom Kanak de l'ile, qui semble tombé en désuétude dans nos journaux? 

Est-ce une autre colonisation, par l'argent cette fois, qui se joue à Marseille,  et l'Humanité encore s'engage dans la bataille de la Plaine, ce quartier populaire en pleine rénovation, on veut transformer la place Jean Jaurès en territoire urbain piéton et plus sagement arboré: "La bourgeoisie locale rêve de se débarrasser de la plèbe" affirme le réalisateur Alessia dell Umbria... Car la plaine est un lieu de vie, de création artistique qui échappe aux élites. Les affrontements se multiplient à la Plaine, une muraille de béton protège désormais le chantier de rénovation, vous lisez le conflit dans la Provence et la Marseillaise... Et vous lirez, dans la revue Socialer, "pas de quartier pour les prolos", l'enjeu de la gentrification des villes, depuis la transformation de Brooklyn à New york... Les fameux bobos sont désormais, à leur tour, chassés des villes par les vrais riches... Marseille, dit Socialter, ne serait pas assez développée pour fixer durablement les classes aisées, et ne deviendra pas si facilement devenir ce Berlin au soleil qui s'annonce dans les cafés latte en terrasse au quartier de Noailles... Mais tout près, le béton encercle Jean Jaurès.     

Voilà une guerre, pour le territoire, qui en vaut d'autres, quand le Figaro fait sa une sur les violences que subissent les policiers, et fait écho à Valeurs actuelles qui raconte les confidence de Gérard Collomb, alors ministre de l'intérieur, c'était en février dernier.

"Les rapports entre les gens sont très durs, les gens ne veulent plus vivre ensemble

-Quelle est la part de responsabilité de l'immigration?

-Enorme.

-Vous pensez qu'on n'a plus besoin d'immigration en france?

-Oui absolument. Des communauté en france s'affrontent de plus en plus?

-Que craignez vous, une partition, une sécession? 

-Oui je pense à cela. D'ici à cinq ans, la situation pourrait devenir irréversible." 

Et ainsi un socialiste parlait la langue d'un journal de droite et d'extrême droite à la fois, qui ne mégote pas une victoire symbolique.

On parle de cheveux pour finir?

Les cheveux crépus frisés luisants des femmes noires, qui sont un enjeu culturel et politique dans une France métissée,  car nous avons ignoré, dans nos industries de cosmétiques et nos revues de modes et nos habitudes, qu'il est différentes peaux et différentes chevelures dans notre pays, le Monde raconte un nouveau territoire passionnant et banal, le nôtre. La France change et demeure... Dans Marianne encore, on me conte la fin de l'observatoire météo du Mont Aigoual, qui était dans les Cévennes une sorte de phare enserré de montagne et de neige... Nous changeons, tels les Gaulois, qui, au fait, avaient des tresses et auraient aimé sans nul doute, les soeurs en dreadlocks. 

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