Jeune, tu n'as pas séché les cours cette semaine. Bravo ! En récompense, voici 20 £. Jeune, tu as atteint les objectifs de tes professeurs. Félicitations ! Voici un chèque de 200 £. Jeune, tu as été particulièrement sage et brillant cette année. En récompense, accepte ce téléphone portable. Faut-il payer les élèves pour qu'ils aillent à l'école ? Le système que je viens de décrire existe déjà en Grande-Bretagne pour les adolescents de familles pauvres. Il va être testé en France à partir de lundi. Le Parisien-Aujourd'hui donne les détails. 2000 € pour deux classes de lycées professionnels : c'est la cagnotte de départ dans trois établissements de l'académie de Créteil. Et comme à la Bourse, on fait la culbute : 2000 € de plus tous les deux mois si les élèves sont assidus. Ajoutez à cela une "note de vie et de classe", attribuée par le prof principal. Le jackpot, à la fin de l'année, peut s'élever à 10000 €. L'objectif principal, c'est donc de lutter contre l'absentéisme. Il touche plus de 8% des collégiens et lycéens. Alors Jean-Michel Blanquer, le recteur de l'académie de Créteil, a décidé de mettre les pieds dans le plat. "Nous voulons responsabiliser les jeunes, passer avec eux un contrat moral. Ce n'est pas de l'individualisme consumériste, c'est une mesure collective. C'est la présence de tous qui contribue au succès". Autre précision importante, l'argent devra être utilisé pour des projets précis : les leçons du Code de la route ou un voyage de classe... Le spécialiste de l'éducation Philippe Meirieu apporte la contradiction au recteur : "Payer pour obliger les élèves à aller en cours, c'est exonérer l'école de son travail d'intéresser les élèves. Cela devient de l'éducation bancaire. Les enfants sont capables de défis. Au judo, par exemple, accéder à la ceinture noire, c'est un défi symbolique. A l'école, ça doit être pareil". "Oui" ou "non" : référendum sur le Traité de Lisbonne aujourd'hui en Irlande... Pour La Croix, Nathalie Lacube s'est promenée dans Henry Street et O'Connell Street. Ce sont les deux rues commerçantes de Limerick, la ville irlandaise la plus touchée par la crise. Les magasins de jouets en briques rouges ?Fermés. La pharmacie Fergusons, à proximité ? Pareil. Le restaurant indien Mayur Tandoori, dans le quartier ? Pas mieux. C'est un business center où l'on ne fait plus d'affaires que la journaliste a visité. Rideaux de fer baissés, affiches "A louer" ou "A vendre", plantes vertes desséchées dans les devantures : 25% des commerces de Limerick, troisième ville du pays, sont vides. Quand on pense qu'il y a seulement deux ans, l'Irlande, c'était le plein emploi... La crise : voilà ce qui a changé depuis l'an dernier. Voilà ce qui pourrait faire basculer le vote en faveur du "oui". L'Europe, l'an dernier, c'était les bureaucrates qui empêchaient de faire du business. Cette année, c'est un matelas de sécurité. Le "oui" favori donc... Mais attention : c'était le cas aussi l'an dernier. "Attention à la sociale", avertit L'Humanité. La crise, c'est aussi la politique d'austérité du gouvernement irlandais, massivement rejetée. Et puis il y a un argument irréfutable, relevé notamment par Politis cette semaine : "on refait voter un peuple sur un texte 100% identique à celui de l'an dernier. C'est une entorse à la démocratie. Nous avons déjà dit 'non' : pourquoi nous le redemander ?". Et puis, Bruno, vous êtes en mesure de nous annoncer que le déficit de la Sécu, c'est bientôt fini... Oui, j'ai au moins sept idées pour sauver la Sécu. Je les ai trouvées dans l'hebdomadaire La Vie, qui demande cette semaine à des spécialistes de la santé de proposer leurs solutions. Première idée : payer les médecins autrement. C'est l'idée d'une rémunération au forfait. Elle est défendue par le président du syndicat de généralistes MG-France. Explication... "Le généraliste a deux rôles. Il prend en charge les affections (une grippe, un traumatisme). Là, vous réglez la consultation : normal. Son second rôle, c'est de coordonner les soins : là, le paiement forfaitaire aurait du sens. Ce serait une réorganisation plus rationnelle du parcours de soins". Deuxième idée : c'est celle du prof de santé à Sciences-Po, Didier Tabuteau. "On pourrait déléguer certains actes médicaux. On le fait déjà un peu, d'ailleurs. Pas besoin d'un médecin pour prendre la tension : un infirmier peut le faire. Or, de l'un à l'autre, le tarif peut être diminué par trois. Cela impliquerait de mettre en place des équipes pluridisciplinaires, autour d'un secrétariat commun". Je vous donne en vrac les autres pistes : - créer une deuxième journée de solidarité ; - utiliser 2% des recettes du Loto et du PMU ; - rembourser les patients en fonction de leurs revenus ; - et puis l'idée de Philippe Séguin, le président de la Cour des Comptes, fidèle à sa caricature de sado-maso dans "Les Guignols de l'info" : il faut augmenter les prélèvements sociaux, même si c'est impopulaire. Est-ce que ces solutions vous inspirent, Monsieur le ministre ? (...) Autre question, après lecture du Parisien ce matin : la liste des 3000 évadés fiscaux en Suisse, dont vous avez dévoilé l'existence fin août, est-elle légale ? Un avocat, Maître Delsol, a saisi la Commission Informatique et Libertés. Est-ce qu'une autorisation préalable a été demandée à la CNIL avant de constituer le fichier ? D'autres informations glanées dans la presse... Avec la Sécu, nous étions à la rubrique "santé". Restons-y. La dernière recommandation pour lutter contre la grippe A : pas plus d'un visiteur dans les maternités, de préférence le papa... recommandation du Collège national des gynécologues. A six mois des élections régionales, les premiers sondages : - CSA pour La Chaîne Parlementaire, dans Le Parisien ; - OpinionWay pour LCI, dans Le Figaro. Dans les deux cas, les Verts menacent le PS. Si le premier tour avait lieu dimanche prochain, intentions de vote à 16% pour les Verts et 19 pour le PS, selon OpinionWay ; intentions de vote pour 17 pour les Verts et 21 pour le PS, selon CSA. Dans les deux cas, la majorité est à plus de 30%. Mais elle manque de réserves de voix pour le second tour. Et puis les palais du pouvoir rendent vraiment fou, même les chiens... Les Chirac ont dû se séparer de Sumo, le bichon maltais de l'ancien Président. Depuis qu'il avait quitté l'Elysée, il avait viré acariâtre. Le véto l'avait mis sous antidépresseurs. Puis il y a eu la morsure de trop, la troisième en quelques mois. C'est Bernadette Chirac qui raconte au Parisien. Elle a joué les McGiver dans cette histoire. "C'était après le dîner. J'étais en train de lire dans une pièce. Sumo était couché par terre. Mon mari est arrivé, et il a sauté. Et ça saute très haut, un bichon : il l'a mordu à l'estomac. J'ai eu très peur parce qu'il y a eu du sang. Heureusement, comme je venais de le sortir, il avait sa laisse, sur laquelle j'ai mis le pied. Je l'ai enfermé dans la pièce à côté". Sumo est aujourd'hui en pension chez des amis des Chirac, qui ont une ferme en Seine-et-Marne. Il pourra courir dans la nature pour oublier l'Elysée. Allez, c'est vendredi... Encore un sujet sans cravate : détente... Des nouvelles de la tribu bobo, dans Le Point et Elle... Le Point publie les bonnes feuilles d'un "Dictionnaire du look". Il y a tous les archétypes : c'est désopilant. Voici donc le bobo qui agace un peu tout le monde, mais qui est le sociotype le plus répandu, selon les auteurs du dictionnaire. Barbe de trois jours et salaire de cadre, coeur à gauche et porte-monnaie à droite. Le bobo ne doit surtout pas être trop peigné. Il porte une chemise Paul Smith soigneusement débraillée, sous un pull en cachemire. Autre accessoire du bobo : l'écharpe pour porter son nouveau-né contre lui. On en vient à Elle, qui donne la parole au philosophe Pascal Bruckner, qui publie "Le Paradoxe amoureux", sur la façon dont on s'aime aujourd'hui. Et dans l'hebdomadaire féminin, il parle notamment du papa bobo : papa modèle. "Il joue, il parle, il échange quotidiennement avec ses enfants. La masculinité n'est plus cantonnée à la compétition, voire à la violence. Mais ça peut mal tourner : les femmes reprochent parfois aux hommes d'être devenus des nurses". Alors est-il bien raisonnable de changer les couches avec un pull cachemire ? Voilà un sujet de débat pour le week-end. En fond sonore, vous pouvez mettre un vieux tube d'Alain Souchon : "Allo maman bobo"... Bon week-end...

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