Society, après Libération, raconte Marieke Lucas Rijneveld, qui a réchappé à la mort de son frère et à l'enferment du genre pour écrire un livre couronné du Booker Prize. Le Monde, après l'Equipe, dit Jean-Baptiste Alaize, orphelin et amputé du génocide tutsi, devenu sublime athlète handisport en France...

On parle de réparation...

Et des êtres de cristal, qui nous illuminent de leur survie... Dans Society nous regarde Marieke Rijneveld, 29 ans, visage d'ange yeux clairs cheveux fins et blonds, son frère fut fauché par un bus sur le chemin de l'école dans les années 90, Marieke avait trois ans, c'était dans la campagne hollandaise où une foi protestante rigoriste saisit les endeuillés, Marieke s'échappait petite en s'imaginant un jour célèbre, adulte elle partit en ville écrire des poèmes et elle changea de nom : Marieke Lucas Rijnevweld, son prénom de femme et un prénom d'homme pour ne plus être d'un seul genre et se libérer d'une autre prison, et rebaptisée elle  écrivit un roman sur une fille dont le frère est mort noyé et qui se réfugie dans un manteau qu'elle ne quitte plus, dans un village ou tout arrive par accident, "il faudrait mettre des années lumières entre nous les vaches et les têtes de veau, entre nous et la mort". 

Son roman, « QUI SEME LE VENT » a obtenu cet été ce qui est peut-être le plus grand prix de la littérature mondiale, le Booker prize, elle est donc célèbre et s'en étonne, mais pas chez nous, nous étions dans nos mondes... J'ai retrouvé, pardon de l'avoir manqué, une splendide recension sur le site de Libération, signée Claire Devarrieux, c'était à la fin aout; on y dévoilait un hamster torturé, des lapins accouplés, des parents qu'on voudrait revoir manger et cette phrase d'un poète belge qui introduit le roman... «La fébrilité donne des ailes à l'imagination.» ...

Dans le progrès je vois Sandrine, dont la fille Johanna est morte écrasée par un bus dont le conducteur avait dit-on la vue masquée par des passagers, cela fait des mois et la justice est immobile et Sandrine ne sait pas et se sent trahie détruite, je me demande si un jour elle sera en paix, aura-t-elle la chance de pouvoir écrire come Marieke Lucas.

Dans le Monde, sur le web et dans l'édition de papier en kiosque encore ce matin, un homme resplendit, aussi fort et noir que Marieke Lucas est diaphane. Il se nomme Jean-Baptiste Alaize, un athlète de France, il fut autrefois au Burundi pris dans un génocide un enfant de 3 ans nommé Mouguicha que sa mère portait en fuyant des hommes armés de machettes et de lances. De quatre coups de lames, Mouguicha fut entamé à la nuque, au flanc à l'avant bras, sous le genou. "J'ai voulu me réfugier contre ma mère, mais elle n'avait plus de tête »... 

A l’hôpital où il se réveilla amputé, Mouguicha retrouva son père, qui l'emmena à l'orphelinat. Trois ans passèrent encore, un inconnu blanc vint le chercher avec des cadeaux, et Mouguicha devint en France Jean-Baptiste Alaize, le fils de Robert et de Danièle, qui s'étaient dit, un jour,  « On ne va quand même pas manger pendant quarante ans en face à face ! ». Robert et Danièle avaient adopté, avant Jean-baptiste le Tutsi, un garçon hutu au Rwanda... Longtemps Jean-Baptiste cacha sa jambe coupée et sa prothèse dans des pantalons longs, puis il se mit à courir et est devenu champion handisport en saut en longueur, et a rayonné au point de taper dans l'oeil d'un réalisateur qui ne le connaissait pas, nommé Ian Bonhote, qui le saisit à Cannes, ça c'est l'Equipe qui l'a raconté

"Je descends de mon taxi et je tombe sur un gars en bermuda, qui portait une prothèse super cool, casquette à l'envers. Je l'ai regardé, je lui ai souri. Je me retourne vers ma productrice : si on peut faire un film et que tous les gamins qui ont une jambe coupée, qui ont eu honte de la montrer, se baladent avec des bermudas comme ça et puissent être aussi beaux, aussi cool que ce mec, je crois qu'on aura fait un très bon film.»

La productrice est transgenre, j'y vois plus qu’une circonstance, pour capter des êtres en passage. Le film est devenu un documentaire, « Comme des phénix », qui sur Netflix a fait d'Alaize une vedette... Mais on le connait plus au Burundi ou en Amérique où il vit qu'en France où dit-il on le traite de sale nègre et on l'ignore largement, la journaliste du Monde l'a amenée chez la secrétaire d'Etat chargée des  handicapés Mme Cluzel, c'est une réparation...

On parle aussi du Covid19.

Qui a saisi Donald Trump , nous en parlons dans nos journaux depuis ce. matin, et c'est une sorte de justice pour le New York times qui sans aucune empathie expose  le président. Donald Trump est touché par une maladie qu'il avait minimisée même quand le virus tuait mille américains par jour, il avait dit à plusieurs reprise que le virus allait disparaître, il avait pendant des mois refusé de porter un masque en public, et le New York Times poursuit.

« Dans la huitième décade de sa vie, Mr. Trump appartient à la catégorie d’âge la plus vulnérable au virus. Il a un fort taux de cholesterol, et son poids est estimé à 243 livres (quelques 120 kilos)ce qui est considéré comme obèse pour sa taille, même s'il est considéré comme en très bonne santé par son médecin... »

Et le New York Times décrit aussi bien l'effet négatif de la maladie du président, sur la possibilité de rouvrir ou de garder ouverts les écoles, les usines et les bureaux, les restaurants, et décrit encore les effets négatifs de sa mise en quarantaine sur la campagne du président, et ajoute que, s'il tombait malade, il devrait peut être renoncer à se présenter...

Ainsi, un grand journal en campagne, just facts, just facts, se répare sur la quarantaine de son ennemi.

En France, on regarde dans nos journaux le président Macron qui tout à l'heure essaiera de réparer nos fractures, en avançant vers sa loi contre le séparatisme... le Figaro est allé rencontrer des citoyens musulmans, qui dignement prient à Tourcoing, la ville du ministre de l'intérieur: ils sont tristes.

On parle enfin d'une femme oubliée...

Qui s'appelait Ramona Dominguez Gil, elle avait 73 ans, vous voyez son visage marqué dans Ouest-France, ses cheveux blancs tirés, elle était une réfugiée de la guerre d'Espagne et fut tuée par l'armée allemande le 10 juin 1944 dans le massacre d'Oradour sur Glane, en même temps que sa famille et la famille Texier qui les hébergeait, l'histoire et le décompte officiel n'avaient pas retenu son nom, il a fallu un chercheur espagnol et du travail pour que son nom nious revienne dans un grand journal, il y eut 643 morts à Oradour ce jour-là.

Dans Corse Matin, et aussi dans la Provence, je vois Léo Micheli, 93 ans, un des derniers survivants de la résistance et de la libération de la Corse, un de ceux qui avaient appelé l'ile le 1er mai 1943 à se libérer elle-même, Micheli a raconté sa vie d'homme libre à un historien, il est resté communiste cet homme qui pense toujours que le capitalisme mène au fascisme, on pourrait en débattre, mais quelle chance a t il de parler comme à vingt ans.  

Le Figaro constate enfin dans un article involontairement drôle que les enfants désormais sont impolis et font du bruit, dans kle train ou l'avion, il faut se consoler dans un hôtel du lac de Côme où des domestiques en gants blancs s’occupent de nous.

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