"Va-t-on laisser faire cette réforme ? La justice aux ordres du pouvoir politique : on va laisser faire ? Et jusqu'où ? Ce n'est plus l'affaire du corps judiciaire, c'est l'affaire de tous les Français. Déjà, la mise au pas de la justice est très avancée. Il faut se battre contre cette réforme gravissime". Le gros coup de colère est signé Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées. Il donne le ton de la presse, globalement virulente ce matin contre la nouvelle réforme de la justice en préparation. Rappel des faits dans Libération. C'est la procédure pénale qu'on réforme. La commission Léger a remis son rapport hier à Nicolas Sarkozy : elle propose de supprimer le juge d'instruction, qui serait remplacé par les procureurs chargés des enquêtes. Aujourd'hui déjà, 95% des procédures pénales sont diligentées par le Parquet. Mais les 5% restantes sont les plus complexes, autrement dit les plus sensibles. "C'est une OPA de l'exécutif sur les affaires les plus importantes", dit Robert Badinter, dans Le Monde . "La qualité première de la magistrature, dans une démocratie, c'est son indépendance au regard du pouvoir politique. Comment croire à l'indépendance des membres du Parquet aussi longtemps que leur carrière et leurs promotions sont soumises au pouvoir politique ?". Alors juges sous contrôle, justice aux ordres et démocratie bafouée ? Toute la presse n'est pas aussi remontée que cela. D'abord, vos journaux rappellent qu'un "juge de l'enquête et des libertés" est censé jouer les garde-fous. Le Figaro souligne que ce n'est que le coup d'envoi de la réforme. La réflexion sera poursuivie. Libération donne la parole à l'avocat Eric Dupont-Moretti. "Oui, je suis favorable à la disparition du juge d'instruction. C'est une institution à bout de souffle. Regardez ce qui s'est passé à Outreau : fiasco complet. En revanche (voilà la réserve) : il faut un juge au-dessus de la mêlée, séparé du procureur". Conclusion du Canard Enchaîné, sous le titre "Parquet cadeau" : "Sans doute, les ordres venus d'en haut ne concerneront qu'une poignée de dossiers. Mais le virus va s'insinuer partout. Le soupçon va contaminer jusqu'au plus banal dossier. Et contre ce mal, il n'existe ni masques, ni Tamiflu". Après le juge, autre vedette dans la presse ce matin, Bruno : l'écolier. Soyez gentil, Nicolas : en ce matin de rentrée, ayez une pensée pour Mathilde, et plus encore pour sa mère. Mathilde a 16 ans. Elle est en première S. "La médiocrité, c'est l'obsession de ma mère. Et pour ma mère, un 14 en physique, c'est médiocre. 'Il faut sortir du lot : c'est ce qu'elle dit toujours, si on veut se faire une vie digne de ce nom'. Mon cauchemar, ce sont les réunions avec les profs en début d'année : elle pose 10.000 questions, elle prend des notes. C'est l'horreur". Le témoignage est dans Psychologie Magazine, ce mois-ci, sous le titre : "Arrêtons de leur mettre la pression". 52% des parents se disent stressés par la réussite scolaire de leurs enfants. Et ce qui est terrible, dixit Psychologie, c'est que cette pression insécurise l'enfant en profondeur. Alors, quelques conseils, chers parents : - valorisez leurs points forts ; - levez le pied sur les reproches ; - et arrêtez de vous fixer sur les échecs. La pédopsychiatre Gisèle George vous conseille de monter à vélo : quand son enfant tombe, aucun parent ne se met en colère. Au contraire, il court à côté et le relève. Pourquoi ne pas agir de cette façon avec l'école ? Oui mais, trop de psychologie et de pédagogie, c'est de la gnognotte. Le Figaro met en valeur, ce matin, les partisans de l'école traditionnelle. Parmi les figures célèbres de ce courant : le philosophe Alain Finkielkraut. En résumé, pour ceux qui prônent le retour aux fondamentaux, à trop écouter l'enfant, on a oublié la principale valeur : l'étude. Le Monde, de son côté, profite de la rentrée pour passer au crible "12 idées reçues sur l'école". Elles ne sont pas totalement fausses. Un exemple... L'école profite d'abord aux enfants d'enseignants. Les chiffres sont clairs : l'année dernière, à l'Ecole normale supérieure (la crème de la crème), un élève sur quatre était fils ou fille de professeur ou d'instituteur. Une sociologue de l'éducation relativise : tous les groupes sociaux qui en ont l'occasion : cheminots, médecins ou profs, font bénéficier leurs proches d'avantages liés à leur fonction. Mais cela choque, car le modèle égalitaire véhiculé par l'école républicaine reste vivace. La suppression du juge d'instruction et la rentrée scolaire, ce sont les principaux sujets dans la presse, ce matin. Pour le reste, c'est très varié. C'est souvent comme ça le mercredi, entre les quotidiens, les hebdomadaires et la presse satirique : c'est un pêle-mêle de sujets graves et légers. Alors allons-y... Dans Le Figaro d'abord : un espoir pour ceux qui souffrent d'insuffisance rénale : "l'espoir du rein artificiel portable". Une société américaine a conçu un appareil de dialyse qui se porte à la ceinture. Il pèse entre 4 et 5 kilos. Il permet de vivre presque normalement. Mais on manque aujourd'hui d'argent pour mener à bien les derniers tests d'évaluation. Dans ce domaine de la santé, toute une série d'articles fichent encore la trouille. On parle encore beaucoup de cette satanée grippe A. "Elle chahute la rentrée scolaire", selon Le Parisien-Aujourd'hui en France, qui montre en photo Jaden et Naomi, qui préparent leurs cartables. Ils ont glissé une bouteille de lotion pour se laver les mains et chasser le virus. Le meilleur moyen de dissiper la peur des maladies en tout genre, c'est d'en rire. Dessin de Goubelle dans Siné Hebdo. Le financier Bernard Madoff est alité dans sa cellule de prison en costume de bagnard. Madoff n'aurait plus que quelques mois à vivre. Il s'adresse à l'infirmier : "Dites-moi pas que c'est un cancer des bourses". La crise, et comment s'en remettre... Dans le plan de relance du gouvernement, il y avait une baisse de l'impôt sur le revenu cette année. Les Echos dresse le bilan. Plus de trois millions de contribuables ont du coup échappé à l'impôt : contribuables de la première tranche, donc des foyers modestes. Globalement, le gain moyen par foyer est de 186 €. Et puis, "Fraternité ! Fraternité ! Ségolène est de retour". C'est l'éditorial de Francis Brochet, dans Le Progrès de Lyon. Elle vient de se prononcer contre la taxe carbone. Elle y voit un prétexte pour créer un nouvel impôt : régression sociale. Martine Aubry, tout en prenant ses distances avec le gouvernement, s'est prononcée pour une "contribution énergie climat". "Il va falloir remballer les savantes analyses sur la paix retrouvée du PS, poursuit Francis Brochet : Ségolène est de retour avec son gros désir d'avenir". Dernière photo de ce pêle-mêle... "Le curé le plus branché du diocèse des Yvelines". Le Père Pierre Amar. Non seulement il possède un iPhone, mais en plus il a téléchargé l'application iBreviary. Autrement dit, il lit son bréviaire sur son téléphone. Ca surprend les paroissiennes. Mais le curé a l'esprit pratique : "J'ai une centaine de grammes en main, au lieu de trimballer des kilos de livres". C'es à lire dans La Croix. Attention, Père Amar : l'iPhone, quelquefois, ça explose. 8 h xx... Suite et fin de la revue de presse, Bruno Duvic... Fin août-début septembre 1939 : la guerre s'empare de l'Europe. C'était il y a 70 ans. Les journaux qui ont le goût des anniversaires jettent un coup dans le rétroviseur. Dans la région de Marseille, vous pourrez trouver le hors-série de La Provence : "Provence, années 40". quelque 70 pages de récits et de témoignages. Et puis une revue de presse : "Les premiers jours de la guerre en septembre 1939 dans Le Petit Provençal, le Petit Var et Le Petit Niçois". C'est la drôle de guerre et le conflit à hauteur de vie quotidienne. Et on s'aperçoit que ce qui préoccupait beaucoup, c'était la restriction de l'éclairage par mesure de sécurité. Toulon, 3 septembre : la conduite de nuit sans lumière est périlleuse : un ancien huissier a été renversé sur le boulevard de Strasbourg. Marseille, 5 septembre : profitant de l'obscurité, les cambrioleurs mettent les bouchées doubles. Le crime est punissable de mort, rappellent les autorités. Mercredi 6 septembre, à Nice, on a trouvé la solution : on peint des bandes blanches sur les trottoirs pour faciliter la circulation. Trois ans plus tard, 12 novembre 1942 : les tanks allemands pénètrent dans la ville. Plus rien ne sera comme avant. Puisqu'on parle des 70 ans de la Seconde Guerre mondiale, on peut citer les mots d'Angela Merkel hier à Gdansk... cérémonie commémorant les victimes de l'agression du IIIème Reich contre la Pologne. "Je m'incline devant les victimes. Je rends hommage aux 60 millions de personnes qui ont perdu la vie à cause de cette guerre commencée par l'Allemagne. Depuis, l'Europe s'est transformée, d'un continent de terreur et de violence, en un continent de liberté et de paix. Que cela ait été possible, ce n'est ni plus ni moins qu'un miracle". Bonne journée...

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