Les règles féminines, la fin d'un tabou!

8H30 la revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence par… une histoire de sang

Parlons des règles Patrick ! Oui, les règles des femmes.

Courrier International ce matin annonce « la fin du tabou » et publie les extraits d’une longue enquête de Newsweek. Aux JO de Rio cet été, la nageuse chinoise FU YAnhui avait justifié sa contre-performance par, avait- elle dit « l’arrivée de ses règles la veille, qui l’avaient particulièrement fatiguée ». Emballement sur les réseaux sociaux. Une femme ose parler de tout ce que vivent les autres et dont on ne disait rien jusque-là, surtout pas en public, à peine en privé, « lorsqu’elles ont leurs premières règles rappelle le magazine américain, les filles embarquent pour un long voyage fait de silence et d’appréhension ». Les menstruations sont aujourd’hui encore souvent synonymes de honte, mais elles induisent surtout des inégalités économiques, sociales, sanitaires et sont même facteurs de pollution ! Honte, cachez ce sang que nous ne saurions voir, on a tous en tête ces pubs à la télé pour les tampons et serviettes hygiéniques qui se couvrent d’un mystérieux liquide bleu, honte, quand on parcourt le lexique incroyablement fourni de tout ce qu’on a inventé pour ne pas dire « règles », au japon, on parle de « l’arrivée du commandant perry », quand en France, on dit «ragnagna, ou les anglais ont débarqué », en Afrique du sud, en revanche pas de périphrase qui enjolive, les fillettes appellent ça « la semaine de la honte ».

Heureusement les choses commencent à évoluer, un mouvement a émergé sous l’impulsion de militants, et de militantes surtout, d’inventeurs, de politiques, de créateurs de start up pour arrêter la stigmatisation des règles et faire évoluer les politiques publiques. En janvier rappelle Newsweek, Obama a peut être été le premier président américain à aborder le sujet. Interrogé pour savoir comment il expliquait que tampons et serviettes étaient taxés comme des produits de luxe, (vous vous souvenez qu’on a eu le même débat en France au moment de la loi de finances), il a répondu « sans doute parce que ces lois sont écrites par des hommes » ! Alors le magazine relate toutes les innovations en cours pour rendre les produits d’hygiène féminine plus efficaces, moins encombrants, moins toxiques, oui car certains étaient toxiques, moins polluants, il existe désormais des culottes high-tech ultra absorbantes…des avancées dans les pays riches, qui ne sont pas toujours les bonnes solutions en Afrique ou en Asie. Mais là bas aussi les choses bougent alors que dans certains pays, l’arrivée des règles était pour les jeunes filles le signal de leur déscolarisation. En inde par exemple, un homme surnommé « menstrual man » a mis au point une machine fabricant des serviettes hygiéniques stériles. Il en a vendu 2500 chez lui et vient de rentrer dans le palmarès des 100 personnalités les plus influentes au monde ! Bref, une révolution tranquille est en marche…Une révolution qui ne fera couler aucun sang !

On en a fini avec les règles pour ce matin Hélène ?

Pas tout à fait ! Figurez-vous que le gouvernement italien aimerait bien justement que les italiennes aient moins leurs règles et fassent des bébés ! la ministre de la santé a lancé une grande campagne sur la fertilité, avec un jour « spécial fertilité » le 22 septembre prochain. Article à retrouver sur le site Les Nouvelles News. Arnaud Bihel nous raconte la campagne d’affichage mise en place pour tenter de remonter le taux de fécondité italien, très bas, 1,37 enfant par femme, « dépêche toi, n’attends pas la cigogne », ou encore « jeunes parents, la meilleure façon d’être créatifs », avec photo explicite d’un couple sous la couette. Une campagne très mal reçue sur les réseaux sociaux. L’auteur de Gomorra, Roberto Saviano s’est fendu comme d’autres de quelques tweets ironiques et assassins « vous n’avez pas d’emploi stable ? peu importe, pas sûr que votre partenaire est le bon ? arrêtez de vous créer des problèmes, procréez, faites-le, le cœur léger. Quand y en a pour deux, y en a pour 3 ! ». Dans un pays où le taux de chômage chez les jeunes frôle les 40%, le message a exaspéré une jeunesse précarisée…qui a détourné les slogans de fertility day, en « un enfant, c’est à durée indéterminée, pas mon emploi »

La presse ce matin s’intéresse aussi à la situation très tendue au Gabon.

« Un Gabon au bord de l’embrasement » nous dit le Figaro, un Gabon où le régime d’Ali Bongo avait déjà aux dernières élections de 2009 comme il l’a fait cette fois, largement gonflé les chiffres de participation dans la province qui lui était la plus favorable nous rappelle Célian Macé dans Libération, un câble de l’ambassadrice américaine de l’époque révélé par Wikileaks s’alarmait déjà de cette fraude. Un Gabon aux mains du clan Bongo, « depuis un demi-siècle de règne et de pillage » accuse l’Humanité ce matin en soulignant toute la responsabilité de la France dans le soutien à Omar Bongo d’abord. « Parrain de la Françafrique, grand argentier des campagnes électorales hexagonales, Omar Bongo avait bâti un solide et lucratif système d’accaparement de la rente pétrolière et des richesses du pays, au détriment de son peuple » écrit Rosa Moussaoui. L’ultime héritage de Bongo, la paix civile est peut-être en train de s’envoler dans l’embrasement de Libreville…mais L’Humanité rappelle que le régime autoritaire et corrompu de son fils a pu compter jusqu’au bout sur l’appui de paris, notamment en matière de coopération policière et de savoir faire sécuritaire. Les timides prises de distance de ces derniers jours de Paris, augurent elles d’une rupture après un soutien inconditionnel de 50 ans ? » L’Huma laisse la question en suspens

Dans le Figaro magazine, le Fig mag qui fait sa Une sur le nouveau livre d’Eric Zemmour, et qui se réjouit par avance des cris d’orfraie qu’il va susciter chez les bien-pensants et dans les ligues de vertus, c’est vrai qu’on avait bien besoin d’un Zemmour en ce moment et de ces formules toujours aussi complexes comme« l’islam n’est pas compatible avec la France »….! dans le Figaro magazine donc, Delphine Minoui nous alerte elle sur le sort d’Asli Erdogan en Turquie. Asli Erdogan, homonyme mais rien à voir avec le président Erdogan, est une romancière derrière les barreaux. « Porte-parole des minorités, des opprimés, des causes oubliées, féministe, d’une plume engagée, elle a toujours comblé les silences à la façon d’un lampiste quand il illumine les zones d’ombre » écrit la correspondante du Figaro en Turquie. Mais aujourd’hui, elle paie cher ce combat. Arrêtée le 16 août dernier, elle est inculpée pour appartenance à une organisation terroriste. Son seul crime ? avoir tenu une chronique dans un journal pro kurde. Le signe évidemment que la chasse aux sorcières menée par le président turc dépasse largement la simple traque anti-putchiste. Le signe de la dérive du pouvoir turc. Dans le Point, l’écrivain turc Nedim Gursel s’inquiète pour elle, pour sa santé fragile, j’espère que la mobilisation ici et en Europe permettra sa libération » dit il.

On termine par un conseil de lecture pour le week end ?

10 pages dans le magazine Society qui sort aujourd’hui, pour tout savoir sur Elon Musk. Elon Musk, c’est celui qui a créé Space X, dont la fusée Falcon 9 a explosé hier sur le pas de tir de Cap Canaveral. Récit complet, fouillé et un brin malicieux de l’itinéraire d’un génie, d’un geek, d’un industriel visionnaire, d’un type très riche, très antipathique aussi. Par exemple, il ne demande « qu’à ses employés les plus intelligents s’ils ont des gamins, car il a très peur que le QI moyende l’humanité baisse, et il est convaincu que seuls les débiles font des enfants ». Toujours est-il qu’il s’est mis en tête de sauver l’humanité en colonisant Mars…d’où son investissement dans les fusées. Bon, l’explosion de Falcon 9 hier a sans doute un peu retardé sa colonisation martienne, c’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle pour tous ceux qui n’ont pas un QI de 140 car je ne suis pas sûre qu’il nous aurait emmenés…mais le portrait est passionnant, c’est à lire dans Society

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