Et si l'été n'était pas si pourri qu'on a bien voulu dire ces derniers jours. Et si juillet n’avait pas été mazouté par la marée de l’humeur noire qui sommeille au fond des portefeuilles amaigris. Une enquête TNS Sofres citée par le journal Le Monde semble montrer que le ralentissement économique ne freine pas l’investissement dans les vacances. Comme la météo nous donne les températures de bord de mer, l'enquête nous donne la profondeur du tiroir caisse. Pour la majorité des hôteliers, juillet est stable. La météo des professionnels du tourisme est plutôt bonne. Le baromètre va de « très positif" dans les campings et les locations à "positif" chez les hôteliers. Le seul nuage, il est au-dessus des restaurateurs : climat "légèrement positif", écrit François Bostnavaron. Mais la véritable addition, celle qui devrait nous dire si la crise économique est belle et bien salée, on ne devrait la voir que plus tard, dit le patron de l'ODIT qui est un observatoire de nos vacances. Difficile d’ores et déjà de voir s'il y a une baisse de la consommation. Et impossible d'écouter les professionnels, parce qu'un professionnel du tourisme ça n'est jamais content. On s'en doutait mais c'est confirmé dans cet article du Monde. Le Nouvel Observateur lui, fait dans l'historique et la géographie, avec l'inévitable carte people des vacances. Pour les autres, les gens normaux, les nouveaux zappeurs du bord de plage, ils fractionnent leurs vacances, ils brouillent les pistes, ils sont très mobiles, dans cet exode rural à l'envers. Et comme la voiture devient un luxe qu'on entretient à coup de pétrole et de péages, la SNCF profite de cet été pour faire la danse du ventre. Le Journal du Dimanche nous raconte que l'offre pour les groupes marche plutôt bien. Ce week-end les TGV ont roulé à flux tendu. Les vacanciers auraient renoncé à la voiture pour prendre le train. La preuve on n’a compté "que" 708 kms de bouchons hier contre 842 l'an passé à la même époque. Cela dit, Bison Futé s'attribue aussi les lauriers. Dans le Parisien, les pros de Rosny-sous-Bois nous disent que vous êtes partis plus tôt, souvent avant l'aube, ce qui pourrait expliquer ce bon résultat. 708 kms de bouchons à la mi-journée. Pendant ce temps, le Parti Socialiste prépare la reconquête. Enfin il prépare le Congrès de Reims. Et l'on apprend dans le Parisien, que les militants ont reçu un devoir de vacances, un livret rouge de 250 pages, avec a l'intérieur les 21 contributions. Chacun son favori. Frédéric, en vacances dans le Loiret, a lu la contribution de Bertrnad Delanoë, parce qu’il se sent proche de ses idées. Il a lu aussi le texte de Jean-Marc Ayrault parce qu'il est originaire de Nantes. Et voilà comment les militants font leur choix. Mais il ne compte pas tout lire. Il va en faire profiter ses amis de vacances. Hier après une visite de cave, il a demandé à chacun de potasser un texte pour en discuter ensemble ensuite. Comme quoi ça rend malin d'être au PS. Moins austère, plus travaux appliqués, les jeunes Trotskistes se retrouvent en camps de vacances en Catalogne. C'est la 4ème internationale. Ca se passe dans un camping. Il y a plus de 500 jeunes de différentes nationalités. La déco est faite de banderoles, "Non a l'Europe », "Oui aux régularisations". On trouve même une monnaie officielle pour que tout le monde ait le même pouvoir d'achat. Ce que nous racontent Leïla Minano et Arinae Puccini dans le Journal du Dimanche, c’est que c’est une véritable micro société. On y monte des ateliers, on y prépare des commissions, on y tient des meetings, la politique quoi. Et on y fait des travaux pratiques avec les cours de désobéissance civile, les techniques de résistance lors des manifs, et la traditionnelle course poursuite police-manifestants. Et puis une pensée pour Hubert Falco. Vacances foutues pour le Secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire. Cet été il joue les voitures balai dans le dossier de la carte militaire. Il marche sur le sable mouvant de la colère, obligé d'éponger le ressentiment, pendant que son collègue de la défense, Hervé Morin, part en vacances. "Mon rôle, c'est d'encaisser la colère. Au moins les élus saluent mon courage d'avoir fait le déplacement", dit le petit soldat du gouvernement dans le magazine Le Point, alors que c'est un peu une mission suicide. Dans le Nouvel Observateur, Agathe Logeart raconte qu'à Bitche, commune saignée à blanc, une femme s'est jetée sur le capot de la voiture ministérielle, il y a eu des crachats, des jets d'eau, des insultes. La tournée estivale d'Hubert Falco ne fait pas baisser la température. A la question : "Pourquoi nous", il a du mal parait-il à trouver les mots. "Mais de toute façon, ce n'est pas de la pommade qu'on attend, dit un ancien élu de la région de Bitche. On a de très bons pharmaciens ici. Parce qu'il reste encore des pharmacies à Bitche". Et si à la place d'un jogging on avalait une petite pilule. Et bien c'est peut-être ce que sont en train de nous préparer un groupe de chercheurs américains et sud-coréens. Jean-Yves Nau, dans le journal Le Monde d'aujourd'hui, raconte l'incroyable découverte. Ces chercheurs ont identifié deux substances qui ont les mêmes propriétés que l'exercice physique. Ils ont fait une série d'expériences sur des souris. Et le résultat c'est que la capacité d'endurance est bien meilleure et la souris ne prend pas de poids. Il y avait déjà des résultats similaires il y a 4 ans, mais par la manipulation génétique. Aujourd'hui ce sont deux molécules qui permettraient d'envisager le sport en pilules. Et si ça continue on va pouvoir mettre Paris en bouteille. Et les Espagnols ont-ils une potion magique. On ne les a pas vus venir, mais cet été ils ont pratiquement tout raflé dans les compétitions sportives. Toujours dans le Monde, Benoit Hopquin nous rappelle que c'est l'Espagne qui a remporté le Giro en Italie, Roland Garros, le championnat d'Europe de football, Wimbledon et le Tour de France. "L'Espagne règne sur l'Europe sportive", écrit le journaliste qui essaie d'expliquer cette hégémonie. D'abord les Espagnols auraient grandi de 9 cms depuis la chute de la dictature, mais ça ne semble pas expliquer sérieusement cette incroyable gagne. C'est plus du côté de la place donnée au sport dans la société, le culte du champion et l'investissement financier ciblé sur le sport professionnel. Et puis on en vient à la médecine. Le journaliste du Monde écrit que "les potions des médecins espagnols ont détrôné celles des soigneurs belges, des machiavels italiens, des Diafoirus français. On accourt de toute l'Europe pour se préparer en Espagne. Et la justice et le gouvernement mettent peu d'entrain à traquer les tricheurs. Pourtant dans l’Equipe, le préparateur physique de Rafaël Nadal nous dit qu’il n’est pas acharné de la musculation, qu’il a fallu trouver des moyens pour qu’il s’affine. « Rafa est génétiquement très fort », affirme Juan Forcades. « Il a plein de points forts, c’est une moto ». Rafa est une moto. Effectivement il se passe des choses étranges dans le sport espagnol.

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