"Voilà une affaire qui risque de mettre le feu dans les vergers français", comme l'écrit Le Parisien-Aujourd'hui en France... L'Etat s'apprête à demander aux producteurs de fruits et légumes le remboursement de subventions publiques versées entre 1992 et 2002, pour un montant total avoisinant les 500 millions d'euros. Et c'est Bruxelles qui ouvre le robinet de cette douche froide. La Commission estime que toutes ces aides ont faussé la concurrence. A l'origine, ces subventions avaient été conçues pour palier l'urgence, les aléas climatiques, les mauvaises récoltes. Oui, mais le système s'est banalisé, pour devenir une véritable source de financement : achat de frigo, de tracteur, aide à l'exportation et à la promotion des produits. Le Parisien souligne que, depuis le début de l'enquête il y a sept ans, la France tente de retarder le remboursement de ces subventions indues, et que tous les ministres de l'Agriculture, de gauche comme de droite, ont approuvé et reconduit le système sans en avertir Bruxelles. Alors, face à ce pépin majeur pour les producteurs de fruits, de deux choses l'une : ou la France saisit la Cour de Justice européenne pour contester le montant exigé par Bruxelles (un demi-million d'euros, rappelons-le), ou elle accepte de rembourser, quitte à mettre le feu chez les producteurs. Eh bien, sur ce point, dans l'interview qu'il accorde au Parisien, le ministre de l'Agriculture est clair : "Les producteurs de fruits et légumes vont devoir rembourser", affirme Bruno Le Maire. Reste à savoir quels montants seront demandés aux producteurs. "C'est la question principale", reconnaît le ministre. "De toute façon, rétorque François Lafitte, représentant des producteurs, nous ne paierons pas. Et si le ministre met sa menace à exécution, ajoute-t-il, l'été sera brûlant". Comme ça, c'est clair. Après la mort du 29ème soldat français au nord-est de Kaboul, l'Afghanistan est évidemment très présent dans la presse ce matin... Oui : à l'approche de la Présidentielle du 20 août en Afghanistan, la montée de la violence relance la polémique sur le sens de cette guerre menée par la coalition internationale. Le Figaro rappelle que, dans un rapport parlementaire publié hier en Grande-Bretagne, est évoquée l'absence de vision et de stratégie cohérente. Ce à quoi, dans le même journal, Bernard Kouchner répond qu'il ne s'agit pas d'imposer la paix en Afghanistan mais de créer les conditions pour y parvenir. Autrement dit : aide à la population afghane, mais aussi ouverture d'un dialogue avec les talibans "modérés". C'est ce que le ministre français des Affaires étrangères appelle "construire la paix avec les Afghans". "L'Afghanistan : une guerre sans issue", titre L'Humanité. Un conflit dont le journal La Croix nous montre également l'un des visages les plus hideux : le recrutement des enfants kamikazes par les talibans. En fait, c'est au Pakistan que le drame se noue, dans le Malakand, une région toute proche de l'Afghanistan. Selon le journal pakistanais The Daily Times, les talibans ont de plus en plus de difficultés à recruter des candidats au suicide parmi les adultes. Alors ils cherchent des enfants. Et le drame, c'est qu'ils les trouvent. En fait, ils les achètent. Ils en détiendraient plus de mille actuellement. Il faut dire que les familles, qui reçoivent une allocation mensuelle, n'hésitent pas à laisser partir leurs enfants, qui sont ensuite envoyés en Afghanistan et utilisés pour des attaques contre les troupes de l'OTAN. L'autre grand sujet développé par les journaux ce matin est en partie lié à l'Afghanistan d'ailleurs : c'est le cas Obama. Obama, au plus haut des cieux depuis novembre dernier, connaît une période que le journal Libération appelle tout simplement "retour sur Terre". C'est vrai qu'après les images triomphales et nostalgiques de la conquête de la Lune par les Américains il y a quarante ans, on semble être passé de l'état d'apesanteur à celui des pesanteurs. Oui, pesanteurs : c'est toujours Libération qui emploie ce mot. "Obama ne marche pas sur l'eau : sa campagne, son élection, ses premiers pas auraient pu faire croire à un prodige du pouvoir, ignorant les pesanteurs de la politique", écrit François Sergent. "Mais voilà : aujourd'hui, les sondages baissent, les électeurs doutent". "Et pour cause, estime Sean Foreman, professeur de science politique à Miami : le Président, dit-il, fait trop de politique au lieu de gouverner, il se disperse au lieu de se concentrer sur les dossiers prioritaires". Et puis surtout, il se heurte à l'opposition des Démocrates conservateurs : ceux qui ont été élus sur des terres traditionnellement républicaines, en prêchant le conservatisme fiscal par exemple. Et c'est ainsi que le projet de Sécurité Sociale d'Obama est freiné, contrarié. Aboutira-t-il d'ailleurs ? "Les marchands de santé contre Obama", titre L'Humanité, qui s'intéresse également à ce dossier, et qui rappelle que plus de trois millions d'enfants sont sous-alimentés aux Etats-Unis. Le Wall Street Journal précise, de son côté, que les inscriptions aux services d'aides pour les plus pauvres ont augmenté de 23% cette année, pour cause de crise bien sûr. Et pourtant, face à l'urgence, explique L'Humanité, les dogmes ne reculent pas. Du côté des conservateurs, on tient dur comme fer à la sacro-sainte liberté de choix, dans le domaine de la santé comme ailleurs. Et s'il fallait une illustration de ce côté "touche pas à mes paradigmes", il y a ces propos du sénateur républicain Jim DeMint, que rapporte L'Humanité : "Si son projet de réforme de couverture médicale ne passe pas au Parlement, Obama va être brisé". Et, triomphant, le sénateur de Caroline du Sud ajoute : "Les Républicains pourront remporter alors les élections partielles de l'an prochain et reprendre la majorité au Sénat". Bon, "le pire n'est pas sûr", doit-on se dire du côté de la Maison Blanche, qui, lors du Sommet de l'OTAN à Strasbourg début avril, avait établi une comparaison envieuse entre l'état de la protection sociale en Amérique et le modèle français. Pas sûr, écrit L'Humanité, que Nicolas Sarkozy en ait été flatté, lui dont l'horloge politique va à rebours de cette ambition affichée de progrès social. Voilà qui nous amène à cet article de Marianne intitulé : "Obama-Sarkozy : pourquoi ils se détestent". Le fait établi par l'hebdomadaire, c'est donc que les deux hommes ne se supportent pas, alors même que rarement les relations entre la France et les Etats-Unis n'ont été aussi sereines. Entre le Président français et son homologue américain, la guerre des boutons est déclarée. Mais répétons-le : pas entre les deux pays, non, entre les deux hommes ! Bien sûr, il y a cette image que personne n'a oubliée, pendant le Sommet du G20 à Londres, où l'on a vu Barack Obama aller saluer chaleureusement les grands de ce monde, passant devant Nicolas Sarkozy sans lui serrer la main ni lui accorder l'aumône d'un regard. L'horreur. Et s'il n'y avait que cela... Non : il y a aussi le coup de l'invitation refusée par le couple Obama à l'occasion des cérémonies du Débarquement. Les Sarkozy avaient concocté trois programmes : un dîner à l'Elysée, un dîner au restaurant Jules-Verne de la Tour Eiffel, ou encore chez Alain Ducasse, sous les ors de l'hôtel Plaza. "Non merci", ont répondu Barack et Michelle, qui ont préféré dîner en famille au restaurant La Fontaine de Mars, pendant que les Sarkozy se morfondaient dans l'amertume et le venin, écrit Marianne. Il n'avait pas aimé non plus, le Président américain, que son homologue français l'appelle "Barack", comme un copain qu'il n'était pas. "On n'a pas élevé les cochons ensemble !", aurait répondu Obama. Voilà. Il serait quand même grand temps que les deux hommes se rencontrent à l'Elysée ou à la Maison Blanche, comme il se doit. Et que prenne fin ce que Marianne appelle "cette baston de potaches". Tiens, puisque nous avons Marianne entre les mains, terminons avec cet hebdomadaire, qui nous propose un dossier au titre assez parlant : "Ceux qui nous gonflent". Marianne aime bien ce genre de déclinaison. On a eu droit à "Ceux qui tirent profit de la crise". Ou "Ceux qui..."... Là, ce sont donc "Ceux qui nous gonflent". Alors il y a les soldeurs, par exemple, à qui l'hebdomadaire taille un costume. Tous ces commerçants du prêt-à-porter qui nous servent le même refrain selon lequel les gens n'achètent plus rien, avec les coupables tout désignés : la crise, les deux semaines de soldes flottantes. "Qu'ils arrêtent de nous gonfler, et qu'ils fassent donc de vrais soldes". Ras-le-bol aussi des esclaves de l'iPhone, des pyromanes qui défigurent le paysage, des restaurateurs qui se goinfrent de la baisse de la TVA, des socialistes avec leur saga qui manque de sagacité, des adeptes de Facebook qui écrivent n'importe quoi, de "La famille en or" sur TF1 jusqu'à "Pyramides" sur France 2, présenté par Patrick Sabatier, sorti de la naphtaline par son ami Sarko, du Tour de France, de la météo, et des passagers qui applaudissent quand l'avion atterrit. A ce charmant tableau, France-Soir apporte sa petite touche, dans une double page consacrée au téléphone portable, qualifié "d'indispensable, d'intempestif et d'insupportable", surtout au restaurant. C'est vrai que quand vous êtes au restaurant attablé et que votre voisin ne cesse de portabler... Bon, disons-le tout net : c'est gonflant ! Au final, cela nous fait une bonne dizaine de pages, dans la presse aujourd'hui, consacrées à ceux qui nous gonflent. Ca doit être l'air du temps.

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