Les Anglais vous le diront avec un brin d'ironie dans la voix : "En tout Français, il y a une grenouille qui sommeille". Ca n'a sans doute jamais été aussi vrai. Jamais encore nous ne nous sommes montrés aussi férus de prévisions météorologiques. Allez donc lire, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, ce qu'en dit "notre" Joël Collado. Il se souvient qu'il y a dix ans, les gens lui répétaient : "Vous vous trompez tout le temps". Aujourd'hui, ils lui demandent : "Comment faites-vous ?"... "Quels appareils de mesure utilisez-vous donc ?". Au cours de l'été, Météo France propose aux vacanciers de tout savoir sur les moyens de sonder les intentions du ciel. Il faut s'en donner la peine, grimper à 1500 mètres d'altitude au sommet du Mont Aigoual, dans le Gard, où se niche le dernier centre météorologique de montagne encore géré par des hommes et des femmes : "20 kilomètres d'ascension sinueuse", prévient Le Parisien. Pas de quoi toutefois décourager les nombreux passionnés qui s'y rendent tous les samedi et dimanche après-midi pour assister aux conférences données très aimablement par les ingénieurs de Météo France, et notamment par Joël Collado. Oui, pour tourner le dos à la sinistrose, les Français s'en remettent au ciel et se passionnent pour les prévisions de la météorologie nationale. Et quand ils n'écoutent pas Collado, ils consultent leur mini-station météorologique. Depuis deux ans, paraît-il, elles s'arrachent comme des petits pains. C'est à lire dans Le Parisien. (Mickaël Thébault : « C'est le vieux principe : "Mieux vaut prévenir que guérir" ? ») ...Eh bien peut-être. Alors que les habitants d'Hautmont, dans le Nord, pansent encore leurs plaies deux ans, jour pour jour, après le passage meurtrier d'une tornade sur leur commune, on en vient à penser que la prévention n'est pas un gros mot. On regarde vers ces pays en proie à des dérèglements ravageurs : la Russie sur le gril d'un été caniculaire, le Pakistan sous les eaux... Cela inspire au quotidien régional Sud-Ouest ce titre : "Alerte météo sur la planète". Sud-Ouest évoque "l'ombre du réchauffement climatique". Photos à l'appui, une grande partie de la presse du jour revient sur les incendies qui ravagent la Russie et sur les inondations qui frappent le Pakistan, le Pakistan où l'on déplore ce matin plus de 1500 morts, 3 millions de sinistrés, des dizaines de milliers de personnes touchées par le choléra et les maladies gastriques. L'éditorialiste de Sud-Ouest Bruno Dive insiste sur "l'augmentation et surtout l'accélération du cycle de ces catastrophes dites 'naturelles'". Après avoir souligné que 2010 s'annonçait comme l'année la plus chaude jamais enregistrée sur la Terre depuis que la science permet de réaliser ce type de mesure, Bruno Dive nous invite à voir l'entreprise de récupération politique qui prend forme dans la coulisse des détresses humaines. "A Moscou, écrit-il, c'est déjà l'élection présidentielle de 2012 qui se joue entre un Medvedev un rien guindé dans son costume de chef d'Etat, et un Poutine qui joue les pompiers en chef avec un art consommé de la communication. Au Pakistan, la question est de savoir si les islamistes profiteront (comme ils l'ont récemment fait au Cachemire après un séisme) d'une situation qui révèle une nouvelle fois l'incurie d'un Etat corrompu". (MT : « Instrumentaliser un événement à des fins électorales, ça se fait partout, Alain »)... ...Chez nous, c'est en tout cas l'accusation que porte l'opposition à l'encontre de Nicolas Sarkozy après ses déclarations de Grenoble sur les délinquants "d'origine étrangère" que le chef de l'Etat souhaiterait voir déchus de la nationalité française. Dans Le Figaro, François-Xavier Bourmaud et Charles Jaigu affirment que l'Elysée est "convaincu, sondage confidentiel à l'appui, que la majorité des Français reçoit 5 sur 5 ce message". Sur ce sujet, les titres du jour soulignent l'attitude du Parti Socialiste et de Martine Aubry. Pour Le Figaro, "le PS esquive le débat"... Selon Le Parisien-Aujourd'hui en France, les socialistes veulent "éviter le piège de la sécurité". Ils sont persuadés que Nicolas Sarkozy "veut les emmener sur un terrain miné", ce qui expliquerait leur modération dans cette affaire. Dans Le Parisien, Rosalie Lucas écrit que "les socialistes tiennent d'autant moins à s'embourber dans le débat sur la sécurité qu'ils savent que, sur ce sujet, ils manquent encore de crédibilité. Toutes les études d'opinion montrent que les Français considèrent toujours que la gauche est moins capable que la droite sur cette question. Au mieux, elle fait jeu égal". Rosalie Lucas ajoute : Martine Aubry et ses troupes préfèrent donc "prendre le temps de muscler leur réponse". Et puis, rue de Solferino, on se retranche derrière cette formule prononcée par un cadre socialiste : "En politique, on tape sur son clou. Celui de Sarkozy, c'est la sécurité. Le nôtre, c'est son bilan". Cette phrase, plusieurs quotidiens la reprennent ce matin. Dans Le Midi Libre, Yann Marec confirme cet écheveau manoeuvrier. Il pose clairement le problème ("critiquer, c'est bien ; proposer, c'est mieux"). Et à propos de Martine Aubry, il constate qu'à vingt mois de l'échéance présidentielle, ses amis ont dû lui rappeler que la rédaction du Petit livre blanc des socialistes sur l'insécurité était en cours. A son sens, "combattre le Président de la République sur cette thématique n'a pas de sens au coeur de l'été. Question d'agenda". Dans les colonnes de La Montagne, Daniel Ruiz approuve d'une phrase : "Les socialistes savent d'expérience qu'il ne sert à rien de griller leur programme et leurs atouts trop tôt". ..."Pensez-vous que Martine Aubry a raison de rester en retrait sur l'insécurité ?". La question est posée par Gaëtane Morin, de France-Soir, à l'ancien ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin Daniel Vaillant. Réponse du maire socialiste du XVIIIème arrondissement de Paris : "Non". De l'avis de Daniel Vaillant, la patronne du PS "devrait monter au créneau et s'attaquer aux questions fondamentales : Quelle politique d'aménagement du territoire ? Quelle politique d'intégration ? Quelle politique d'éducation ?"... Pour Daniel Vaillant, "la gauche doit hisser ses couleurs". Il prétend aussi que "si l'insécurité n'existait pas, Sarkozy l'inventerait !". Dans L'Humanité, l'ancien résistant et diplomate Stéphane Hessel, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme, voit au-delà de la polémique de l'été. A ses yeux, c'est plus largement "l'ensemble du système de la Vème République qu'il faudra un jour réviser pour tenir compte de ce que pensent les vrais démocrates français et définir clairement le fonctionnement d'une République moderne". Stéphane Hessel pense (et il le dit dans L'Huma à Lionel Decottignies) que "nos sociétés modernes démocratiques ont besoin d'être confortées dans leurs valeurs fondamentales". Dans Le Parisien, c'est le député UMP du Vaucluse Thierry Mariani qui s'exprime sur ce thème. A l'automne, il sera le rapporteur de la loi sur l'immigration à l'Assemblée Nationale. Il évoque "la France invisible et silencieuse" qui pense que "la nationalité française n'est pas une carte de crédit donnant uniquement accès à des services". Fin septembre-début octobre, devant la représentation parlementaire, Thierry Mariani soutiendra des amendements qui conduiront à déchoir de la nationalité française les auteurs de crimes, Français depuis moins de dix ans, dont la condamnation sera égale ou supérieure à cinq ans de prison ferme. Il précise que cette disposition vise "une minorité", ce que confirme Libération, Libé qui rappelle au passage qu'un Français sur cinq peut aujourd'hui se prévaloir d'une "origine étrangère". Quoi qu'il en soit, la bombe politique est amorcée. Le gouvernement peut partir en vacances. Après le Conseil des Ministres de ce matin, François Fillon et ses troupes s'offriront trois semaines de trêve estivale. Dans Les Echos, vous lirez que "Nicolas Sarkozy est revenu en force sur le terrain sécuritaire ces derniers jours, en espérant ainsi ressouder ses troupes avant une rentrée socialement risquée, sous le signe des retraites". (MT : « Ce n'est pourtant pas si dur de travailler en août ? ») ...Pas si dur, non, du moins si l'on en croit Le Parisien-Aujourd'hui en France. Erwan Benezet a rencontré le consultant en entreprises Didier Toussaint. Ce spécialiste lui a dit que le mois d'août était, pour les juillettistes, "le moment propice pour prendre du recul par rapport à sa tâche, repenser son organisation du travail, ou encore réfléchir à de nouveaux projets qui pourront être lancés lors de la vraie rentrée en septembre". Ce consultant en entreprises précise aussi que, "parce qu'il y a moins de monde dans les transports en commun ou sur la route, travailler au mois d'août peut être très productif tout en étant moins stressant". A ce propos, vous apprendrez à la lecture du Figaro Eco qu'une étude a mesuré le temps de trajet des salariés français. En moyenne, il nous faut 27 minutes pour aller de la maison au boulot. Un actif sur cinq passe quand même plus d'une heure et demie par jour dans les transports aller-retour. La moitié des Parisiens accusent les transports en commun d'être "une source importante de stress". Enfin, pour ceux qui préfèrent prendre le volant sur le chemin du travail, voici une nouvelle que donne Le Figaro : "Le super-radar arrive en Europe". La Suisse l'a adopté. Ce super-radar peut détecter jusqu'à 10 infractions et suivre la trajectoire de 22 véhicules à la fois sur 4 voies. Il n'est pas encore annoncé en France. En revanche, un autre type d'appareil est testé sur l'A87 au niveau de la ville d'Angers. Cet appareil-là permet de faire la différence entre un véhicule léger et un poids-lourd ; il contrôle les vitesses de chacune de ces catégories. Radar ou pas, roulez doucement. C'est mon conseil du jour...

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