(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : des chiffres et des classements

Les Echos publient aujourd'hui un document qui pourrait figurer en bonne place sur le bureau du futur président le premier jour de son mandat. C'est un audit complet de la France, du commerce extérieur à l'éducation, de l'urbanisme aux impôts. 24 pages publiées en supplément du journal.

Difficile de les résumer en quelques secondes. Quelques titres donnent une idée. Il est question dans cet audit de la fatalité du chômage de masse, d'un pouvoir d'achat préservé, d'un modèle social à repenser - la France vit au dessus de ses moyens - du manque de grosses PME - c'est le maillon faible du côté des entreprises, entreprises bien placées malgré tout sur les secteurs d'avenir.

Dans l'éditorial qui ouvre cet audit, Daniel Fortin et Dominique Seux tirent 3 conclusions :

  • le paradoxe français résumé par une formule du sociologue Jean Viard. La France affiche un bonheur privé et un malheur public. Nous sommes individuellement plutôt satisfaits de notre sort mais désespérés collectivement

    • si la France reste la cinquième puissance mondiale, la crise est réelle, notamment dans la sphère publique. Et la réponse que la société et ses responsables politiques sont prêts à lui apporter est encore incertaine.
  • depuis longtemps, la culture dominante en France est celle des salariés du secteur public. En Allemagne et chez beaucoup de nos voisins, c'est celle des ouvriers et employés du privé. Un nouvel équilibre est nécessaire.

Au delà des chiffres, cette analyse c'est aussi le regard d'un journal plutôt libéral en pleine campagne présidentielle. La question c'est : où est la priorité ?

Et ce matin, chaque quotidien ouvre son grand dossier

A la Une de L'Humanité , comme sur France Inter, l'hôpital. Question en manchette, à partir d'un reportage à Toulouse : va-t-on soigner au compte-gouttes à l'hôpital ? Un plan anti crise vise à réduire les dépenses en reconsidérant la pertinence des soins. Les syndicats s'en alarment.

A la Une du Monde : « Social, la crainte d'un tour de vis après l'élection. Même si les candidats restent prudents sur la rigueur budgétaire et sociale à venir, les syndicats craignent une flexibilisation accrue du travail. » D'ailleurs sous le titre « L'antisocial », Libération prend acte du divorce entre Nicolas Sarkozy et les deux syndicats : CGT et CFDT.

A la Une de La Croix : « Faut-il réformer la politique familiale ? » Préserver son universalité ou réorienter les aides vers les plus défavorisés ?

Dans Libération , zoom sur une catégorie de populations qui rassemble beaucoup d'enjeux et qui est pourtant oubliée dans cette campagne. Ce sont les familles monoparentales. A 85%, ce sont des femmes qui affrontent cette réalité d'élever seules des enfants.

Les foyers monoparentaux, c'est plus d'une famille française sur 5 aujourd'hui et ils montrent des signes de grandes fragilité, particulièrement quand la mère est jeune et peu qualifiée.

Familles de plus en plus pauvres, un tiers ont vraiment du mal à joindre les deux bouts. Les obstacles pour l'emploi des parents isolés n'ont pas été levés. Manque de places de garde pour les enfants, manque de souplesse dans l'organisation de la garde, horaires incompatibles avec une présence à la maison.

« Nous devons souvent choisir entre payer le loyer, se nourrir ou se soigner » dit une maman de 3 enfants.

« Je ne peux pas amortir les tuiles » dit une autre qui a petit garçon et pas de famille pour l'aider. Sa principale angoisse : « si je fais une crise cardiaque, qui va aller chercher mon fils à l'école ? »

Les chiffres dans la presse ce matin, ce sont aussi ceux des instituts de sondage

Et l'un des faits marquants de ces photographies prises par l'institut Ipsos pour Radio France, par BVA pour Le Parisien-Aujourd’hui en France ou Harris Interactive pour VSD c'est l'écart important qui demeure au second tour entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Entre 53 et 55% pour le candidat socialiste.

Dans Le Parisien , Gaël Sliman, directeur général de BVA, analyse les reports de voix, clé du scrutin :

François Hollande bénéficie d'un report de voix « presque parfait : 80% des électeurs de Mélenchon, 83% de ceux d'Eva Joly et l'écrasante majorité des électeurs d'extrême gauche. »

Il n'y a donc pas de menace Mélenchon pour Hollande. « Certes il mord sur son électorat poursuit Gaël Sliman mais cet effet est compensé par le fait qu'il séduit de nouveaux électeurs, ouvriers ou 18-24 ans. Il apportera donc à la gauche un réservoir de voix plus important au second tour. »

Et du côté de Nicolas Sarkozy, y-a-t-il une réserve de voix caché, celle des indécis et des abstentionnistes ? C'est la grande théorie de son conseiller Patrick Buisson. La réponse est oui et non. Parmi les abstentionnistes qui iront finalement voter, une majorité glissera un bulletin Sarkozy mais il reste des abstentionnistes irréductibles.

La faiblesse d'Eva Joly d'un côté, la force de Jean Luc Mélenchon de l'autre ne serait pas une menace pour l'élection du candidat de gauche modérée. Mais ensuite, c'est une autre affaire. C'est là dessus qu'insiste l'édito du Figaro pour qui une foire d'empoigne se profile aux législatives. Titre de Une : « Des socialistes contestent l'accord avec les Verts. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Encore des chiffres : le classement des acteurs français les mieux payés l'an dernier. C’est à lire dans Le Figaro Sur le podium, Dany Boon, François Cluzet et Vincent Cassel. Dans ce domaine aussi, il y a un écart de revenus entre hommes et femmes. La première actrice, Valérie Lemercier est moins payée que Franck Dubosc, 8ème au classement.

A propos de jolis revenus, ceux de Maurice Levy, le PDG de Publicis continuent de faire des vagues. 16 millions d'Euros de bonus, la presse s'en est émue dans la mesure où Maurice Levy avait demandé à être plus taxé. L'affaire fait des remous au sein de l'entreprise Publicis. Selon Rue89 , les salariés ont été sommés de signer une pétition pour soutenir le patron. La direction dément, mais les témoignages de salariés et de syndicalistes sont assez nombreux.

Et les grands clubs de foot français, entre gros sous et classements au championnat, comment se portent-ils ?

Des nouvelles de Lyon, de l'OM et du PSG dans la presse ce matin. Selon le mensuel Mag 2 à Lyon, le président de l'OL regarderait du côté d'Abu Dhabi pour doper le budget de son club. Il est allé dans l'émirat en mars pour lancer un appel aux investisseurs.

A chacun son émirat : au PSG c'est le Qatar. Le directeur sportif du PSG Leonardo parle longuement dans les colonnes de L'Equipe après la défaite de son club ce week-end à Nancy. Malgré les millions investis, Paris n'est pas premier au classement. Ne pas être champion serait un échec, reconnait Leonardo. Ce qui manque selon lui au PSG c'est la culture du détail.

Quant à l'OM, il est à la Une de France Football , avec ce titre : « La face cachée de l'OM ». Enquête notamment sur l'influence du milieu dans les travées du Vélodrome. Est-ce un fantasme ou une réalité dans ce club dont un groupe de supporters s'appelle "Cosa Nostra" ? Plutôt fantasme à en croire France Foot , même si les soirs de matches, on croise de tout dans les salons VIP de l'OM.

Le mot de la fin à Bernard Tapie : "Eh c'est pas du golf, c'est du foot. Faut pas copiner, c'est tout".

A demain !

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