(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les tourments de l'actualité

(Bruno Duvic) Avant d'en venir aux commentaires sur le remaniement, un peu de souffre dans le café du matin. L'un des manuscrits les plus violents de la littérature française est de retour sur le territoire. Il est arrivé de Genève en jet privé à l'aéroport du Bourget. C'est un rouleau de papier mince. Très peu de ratures. Les feuilles rédigées recto-verso et collées entre elles, peut-être avec de l'urine. Les 120 journées de Sodome , du Marquis de Sade, catalogue de 600 perversions sexuelles qui ont toutes à voir avec le crime vient d'être racheté pour sept millions d'Euros par le musée des lettres et manuscrits. Des querelles juridiques le bloquaient en Suisse. C’est le dernier épisode d'une histoire unique.

Le Marquis de Sade l'a rédigé à l'automne 1785 à la prison de la Bastille. Il avait placé le rouleau dans un étui de cuir et l'avait caché dans un interstice de la muraille de sa cellule. Un temps disparu, une légende voulait qu'il l'ait caché dans son fondement. Mais il avait été retrouvé à la démolition de la Bastille avant de passer entre les mains de plusieurs propriétaires.

Les 120 journées de Sodome sortent de l’enfer. C'est Eric Bietry-Rivière qui raconte son histoire ce matin dans Le Figaro . Il interroge une spécialise de Sade, Annie Lebrun. « C'est le pôle de la noirceur absolue, un château fermé, la plus terrifiante descente au fond de l'homme. La question demeure, comment Sade a pu produire ce texte, le plus intolérable qui soit. Construction d'une effrayante rigueur structurée pour faire apparaître l'inconcevable inhumanité qui est en nous. ». Le manuscrit sera exposé en septembre. Il repose pour l'instant dans une chambre forte rue de l'Université à côté d'un portrait de Madame du Chatelet, maîtresse de Voltaire. Il faut du noir pour apercevoir les Lumières.

Du Marquis au Guépard...

Les commentaires ce matin après le remaniement ressemblent à la phrase célèbre du roman et du film de Visconti : que tout change pour que rien ne change.

Quelques unes d'abord : « Hollande remanie mais ne change rien » dans Le Figaro

« Ayrault-Bis » dans Libération .

« Presque les mêmes » pour Le Berry républicain

« Un coup de fard » pour Les Dernières nouvelles d'Alsace

« Une valse à pas comptés », pour L'Est éclair

« Tout ça pour ça ? », s'interroge Alain Dusart dans L'Est républicain . « Ce remaniement est d'une modestie inversement proportionnel au fracas des urnes municipales » pour Dominique Jung dans les DNA . « François Hollande n'a donc changé que son Premier ministre » estime Eric Decouty dans Libération .

« Gouvernement de synthèse », l'expression revient souvent, notamment à la Une du Monde . Une synthèse quasi exclusivement socialiste après le départ des Verts. « Ce n'est pas un gouvernement de combat, c'est un bureau national du PS » pour Bruno Dive dans Sud Ouest . « Le PS, ce très vieux parti qui a subi dimanche l'une des pires déroutes de son histoire, ajoute Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro (…). Le chef de l'Etat tente une improbable synthèse entre l'aile gauche et l'aile droite du parti socialiste (…) On ne peut pas exclure que la nouvelle phase soit pire que la précédente. » « Où est la majorité présidentielle ? » se demande encore Dominique Jung.

Synhtèse Valls/Hollande également. De l'avis assez général c'est le président qui l'emporte. « Très minoritaire au sein du parti socialiste, commente Hervé Favre dans La Voix du Nord , Manuel Valls l'est aussi dans son gouvernement qui est d'abord celui de François Hollande. »

Il y a quand même quelques mots doux, par exemple sous la plume de Michel Urvoy dans Ouest France : "Le doute n'interdit pas de regarder la bouteille à moitié pleine. Les chances que cette équipe fonctionne mieux sont réelles. Equipe expérimentée pour travailler vite et collectivement. C'est du Ayrault sur un autre ton"

Conclusion de La Provence à la Une : « Etonnez-nous maintenant ! »

Voilà pour les commentaires généraux... Quelques zooms ?

Zoom sur Ségolène Royal évidemment. Ce gouvernement, pour La Voix du nord , c’est « Les mêmes… et Ségolène ». Elle fait la Une du Parisien . Et en pages intérieure, ce titre : « L'insubmersible ». Sourire d'un proche de la nouvelle ministre de l'économie, hier : "Tous les médias m'appellent, on se croirait revenu en 2007. » Et un élu : « Sa capacité à communiquer en fait un élément incontournable du nouveau dispositif » « Elle sait parler aux couches populaires qui se sont détournées de nous aux municipales, dit encore une députée. »

Zoom sur Bercy, encore dans Le Parisien : « Un tandem rock and roll à Bercy ». Eric Hacquemand et Nathalie Schuck parlent d'un accouchement dans la douleur de ce nouveau Bercy hier au petit matin. Citations de propos off : « Montebourg a sorti l'artillerie lourde pour obtenir ce qu'il cherchait. Il a répété que pour lui c'était ça et rien d'autre. » Quant à Michel Sapin, « il voulait rester en poste au ministère de l'emploi, mais c'est un homme de devoir, il a dû se faire violence ».

Zoom enfin sur un partant que Mediapart voit s'éloigner avec regret. « Vincent Peillon ou l'histoire d'un formidable gâchis ». Cela commence méchamment : avec son budget largement sanctuarisé et les 60.000 postes à l'éducation, « il avait une Rolls, il en a fait une vieille 2CV ». Parole d'un conseiller parlementaire qui ne porte pas l'ex ministre dans son cœur.

Vincent Peillon, ses gaffes, sa réforme des rythmes scolaire mal engagée et qui a cannibalisé tout le reste. Reproche essentiel, n'avoir pas su mieux vendre sa politique. « Ca n'imprime pas », répétait son entourage. « De fait, écrit Lucie Delaporte, les enseignants n'ont toujours pas bien saisi en quoi consistait sa refondation de l'Ecole dont ils ne voient pas les effets sur le terrain. »

Et pourtant, il est l'un des rares à avoir tenu les promesses de campagne de François Hollande. Les 60.000 postes dans l'éducation. 22.000 sont déjà en place. La formation initiale des enseignants rétablie, la priorité au primaire actée avec des moyens consacrés, la redéfinition du métier d'enseignant (pas seulement des heures de cours). Un vrai bilan qui n'aura pas suffi dans un domaine, la jeunesse dont le président avait fait en 2012 la priorité de son quinquennat. Vincent Peillon a désormais un autre défi à relever : les européennes dans le Sud-Est face à Jean-Marie le Pen et Renaud Muselier.

Quoi d'autre dans la presse ?

Après Paris, un nuage de pollution sur Londres. Photos teintée de vert de gris à la Une du New York Times édition Europe. Combinaison de pollution et poussière du Sahara. Les niveaux de pollution attendus sont d'un niveau 7 à 8 sur une échelle qui en compte 10.

Grattage, tirage, paris en ligne, quel est le profil de l'amateur de jeu de hasard ? C'est un homme, plutôt âgé 47 ans en moyenne et peu diplômé. Il joue un peu plus d'une fois par semaine. Il mise en moyenne dans l'année 2.000 Euros, il en gagne 1.600. Au 31 décembre, il a donc perdu 400 Euros. Les chiffres sont dans une étude Insee détaillée par Le Parisien-Aujourd’hui en France .

Un chiffre encore, dans L'Equipe celui-ci. 76%. C'est la part des équipes qui se sont qualifiés au tour suivant en coupe d'Europe après avoir gagné 3-1 à l'aller à domicile. Autant dire que le PSG a de bonnes chances d'accéder aux demi finales de la ligue des champions après sa victoire 3-1 hier au Parc face à Chelsea. « Un pied chez les géants », titre L'Equipe . Belle soirée si ce n'était la blessure d'Ibrahimovic. Touché à la cuisse, examen demain. Le PSG ce matin, c'est un pied chez les géants et un géant sur un pied.

A demain !

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