La revue de presse par Laetitia Gayet.

On pourrait ergoter ce matin, sur la fracture numérique. Ces villages de France où le portable ne sert à rien, où avoir une barre de connexion relève de l'exploit, où les SMS vont à la vitesse du courrier postal, comme le relève LIBERATION dans un reportage à Sainte-Marthe dans l'Eure.

Ou encore LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE qui pointe Saint-Michel-sur-Savasse entre Isère et Drôme, où élus et usagers commencent à s'impatienter, sur le thème : on nous a abandonnés.
Mais ce "on nous a abandonné", a de multiples résonnances ce matin. L'ensemble de la presse fait entrer la campagne présidentielle dans une dernière ligne droite.
Il ne reste plus que 21 jours pour se décider titre LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE à sa Une.
Et c'est l'heure pour L'HUMANITE. L'heure pour les abstentionnistes et les indécis de faire basculer l'élection. Et tout est encore possible selon LE FIGARO.
Soit, alors entrons dans le détail.

Avec tout d'abord les abstentionnistes.

L'HUMANITE en a rencontré quelques-uns. Pour le journal, ils sont jeunes, des quartiers populaires, ouvriers. Ce serait plutôt un électorat de gauche. L'HUMA est allé prendre le pouls des salares de STX à Saint-Nazaire. Pierre n'a voté qu'une seule fois... en 2007. Il pourrait revenir aux urnes cette année. Mais, au deuxième tour. "Si vraiment je n'ai pas le choix, pour voter contre le FN." Sur un marché de Saint-Denis, Elyas décrit sa déception, le rendez-vous manqué de Hollande avec les jeunes. Et à chaque fois les mêmes mots. Les candidats nous font des promesses qu'ils ne tiennent pas. Les abstentionnistes rencontrés par 20 MINUTES ce matin, semblent plus organisés. Avec leur bureau d'abstention, un collectif né sur les réseaux sociaux, ils veulent rompre avec l'isolement des abstentionnistes. Antoine Peillon auteur de "Voter c'est abdiquer" dit ne plus vouloir entendre dire qu'ils sont irresponsables. A ceux qui l’accusent de faire le jeu du Front national, il rétorque qu’il existe une sorte de « vase communicant » entre les deux. « Le FN fait des pieds et des mains pour mobiliser les électeurs abstentionnistes. Ça prouve que, sans eux, ils ne sont pas si forts que ça.»

Qui sont les indécis ?

D'après L'HUMA, la nouveauté pour cette élection, c'est qu'ils se retrouvent désormais, chez les plus politisés. Sur son site, LE MONDE décrit sa rencontre avec les participants de Nuit Debout, qui fêtaient hier, les un an du mouvement. Il y a des mélenchonistes convaincus. Et puis il y a des gens comme Antoine, ingénieur, qui votera, mais du bout des lèvres pour le candidat de la France Insoumise car pas totalement convaincu. Un peu plus loin, Marion, 35 ans, entrepreneuse est encore en réflexion. « Je collerais bien ensemble le programme de Mélenchon et la tête de Hamon ». Près d’une cantine qui distribue des soupes de légumes à la demande, une autre Marion, kiné, se dit dans le flou : « Je sais que je vais voter, mais pour qui ? J’ai peur que la présidentielle ne suffise pas à faire entendre la volonté des Français. »

Eux au contraire, y croient durs comme fer.

Les militants. Portraits de ces petites mains, en première ligne face aux électeurs désenchantés signés LE PARISIEN-AUJOURD'HUI-EN FRANCE. Chantal, Romain, Rosita, Lily, Mathieu, sont les soutiens d'Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et François Fillon. Ils distribuent des tracts sur les marchés, à la sortie du métro. Chantal affirme qu'il faut toucher les indécis.
Sa formule pour convaincre ? Macron regroupe les bonnes intelligences de la gauche et de la droite.
La réplique qu'elle déteste ? Macron n'a pas de programme. La formule de Romain du FN pour convaincre ? On va remettre la France en ordre et rompre avec le laxisme. Ce qu'il déteste : se faire traiter de nazi. Rosita pour la France Insoumise ?
Mélenchon est le seul espoir à gauche. Ce qui l'irrite : Mélenchon est trop agressif. Lily pour Benoît Hamon : Est-ce que vous voulez autre chose pour la France ?

Et la réponse : Le PS j'en peux plus. Mathieu pour François Fillon, c'est le seul à avoir été Premier ministre. Réponse : Voleur, escroc.

Et pendant ce temps, les candidats eux, se préparent au débat de demain, sur BFM et CNews.

11 candidats sur le grill. 14 minutes de temps de parole au final. D'après LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE toujours, Jean-Luc Mélenchon préparerait quelques bonnes punchlines. Benoît Hamon ferait un coup au tout début de l'émission. Macron joue les mystérieux. Fillon feint la décontraction des vieux routiers. Pas d'entraînement avec des sparring-partners. Trop compliqué à 11. Marine Le Pen irait à reculons. Et les autres ? Les petits candidats. Nathalie Arthaud se défend d'être une novice. Mais elle ne fera pas le show. N'attendez pas de moi un coup médiatique. Je n'envisage pas un strip-tease. Nicolas Dupont-Aignan lui, fait du sport pour se préparer. François Fillon devrait d'ailleurs s'en méfier si l'on en croit L'OPINION. Le candidat de Debout la France trace sa route. Et Les Républicains commencent à le regarder de près. Son score potentiel à la présidentielle 4%, n'a rien d'extraordinaire. Mais il pourrait changer la donne pour François Fillon. Attention, zone de turbulence.

Zone de turbulence aussi en Guyane.

FRANCE GUYANE.FR rappelle ce matin, que le collectif de Guyanais qui négocie avec le gouvernement, a dit non hier, aux propositions de Matignon. Il veut 2 milliards et demi d'euros tout de suite. Après l'échec des négociations, Bernard Cazeneuve doit présider cet après-midi, une réunion ministérielle. Mais à travers la colère des Guyanais, se joue peut-être autre chose. LA CROIX relève que les Guyanais demandent un statut particuliers. Une autonomie avancée qui leur permettrait dfe faire leurs propres lois. Pour L'OPINION pas de doute, la question indépendantiste est en embuscade. Aidée en ce sens, par l'Union des travailleurs guyanais, l'UTG. La forte poussée démographique et migratoire fait que les créoles ne sont plus majoritaires en Guyane. Voilà qui complique la donne pour le gouvernement.

Quoi d'autre dans la presse ce matin ?

Des zones de turbulences à venir. LE FIGARO raconte la petite Syrie du Liban. Un million et demi de Syriens sont venus se réfugier chez le voisin libanais. Il n'y a pas eu pour l'instant de heurts majeurs écrit Julie Conan. Mais il y a un petit air qui monte. Le ressentiment, la peur et le poids de la guerre. Aujourd'hui, certaines villes libanaises comptent plus de réfugiés que de Libanais. Qui va payer la facture demande une journaliste libanaise ? C'est une bombe à retardement. Tous les ingrédients sont là. Zone de turbulence au pays du foot. A Marseille, c'est lundi. LA PROVENCE critique l'OM. Avec ses rois du gaspillage, après le nul de samedi contre Dijon. Zone de turbulence dans l'économie. Avec cet appel du pied de Kindy. Et hop, retour à la politique. Le fabricant de chaussettes en quête de repreneur, a offert une paire aux 11 candidats à la présidentielle avec un message. Notre marathon à nous, c'est de maintenir notre activité et de sauver les emplois. En portant ces chaussettes, vous pourrez être proche du terrain, grâce à leur tricot léger. Leur élasticité vous permettra de ne passer à côté d'aucune sensation. Et puis sachez-le. Notre chaussette droite est bien à droite. Et la gauche, bien à gauche.
Avis aux indécis.

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