Le Point, in vivo, raconte la stratégie de la Corée du Sud, qui contient le virus. En 1920, la peste revient à Paris, et comme au Moyen-âge, à la Chambre, des députés accusaient les juifs, M le magazine du Monde. La valse d'une vieille dame touchée par le virus, mais que le bel infirmier Roger a réveillée, l'Express.

On parle de vie sauvées…

Des vies sauvées GRACE au coronavirus, et ce paradoxe est porté par Les Echos. Aux vies emportées par le Covid 19, il faut opposer les vies épargnées par la mise à l’arrêt des transports et d’une partie de l’activité économique. La Chine a perdu officiellement 3300 personnes mais la pollution de l’air lui coute chaque année 1 million cent mille morts… En France, le coronavirus a tué quelques 4000 fois, mais la pollution de l’air emporte chaque année 48000 personnes… 

Et bien, les gaz à effets de serre et le dioxyde d’azote refluent, et la Une de Sud Ouest  nous proclame "un répit pour la planète"… Alors nous prend quelque chose de bucolique. Nice Matin n’a jamais vu migrer autant de cigognes… Et dans Sud-Ouest des confinés filment dans leurs jardins, deux piverts amoureux, et un renard venu s’abreuver…

Et si dépollués nous revivons, faudrait-il  oublier les détresses humaines et la peur économique, des PME dont Libération me dit qu’elles ne savent pas si elles s’en sortiront? 

Dans les Echos encore l’économiste Pierre Cahuc le rappelle, les récessions sauvent des vies; aux Etats-Unis, une augmentation de 1 % du taux de chômage équivaut à 11.000 décès en moins, car dans les récessions, si les suicides augmentent, on se tue moins en voiture, au travail, de stress et de contagion. Il faut arbitrer entre production et mortalité… 

Les Echos, décidément précieux ce matin, me disent, par Eric le Boucher, vigie du réel, que les Bourses parient sur nos guérisons, ne s’effondrent pas et se préparent au retour à l’activité…Mais cette reprise, sera-t-elle comme le redoute Sud-Ouest une rechute de pollution carbonée, inventerons-nous autre chose? 

Et les journaux discutent de la sortie du confinement.

Qui chatouille les Une de Ouest-France du Figaro, du Parisien, des Echos encore, dans un jeu de tentation un peu pervers, car ces mêmes journaux qui titillent en une calment nos ardeurs en informant, le déconfinement total n’est pas un sujet sérieux quand on ne sait pas dépister la maladie, et quand le virus rode encore.

S'impose dans les Echos, encore décidément, l’interview,  d’un clarté chirurgicale du Professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière.

Citation. "Nos responsables sont déjà en train de parler de déconfinement, quand tout reste à faire en matière de prévention, d’éducation thérapeutique, de traçage. Ils semblent avoir oublié le b.a.-ba de la médecine : Mieux vaut prévenir que guérir. " 

Et si nous sortons sans prudence du confinement, le professeur nous prédit 50.000 morts, en plusieurs fois, au rythme des rebonds du mal... Sauf à rejoindre la stratégie des pays asiatiques, Taïwan, Singapour, Hong Kong ou la Corée du Sud, la stratégie de l’interruption… « On brise les chaînes de transmission du virus, en mettant en place une politique massive de dépistage, en traçant les malades et leurs contacts, en isolant, en mettant en quarantaine. » 

Le Point est passionnant cette semaine, qui décrit sur le fond et in vivo la stratégie coréenne, le reporter et la photographe du Point se sont fait tester, elle était positive, s’est retrouvée dans un hôpital de fièvre, structure intermédiaire pour les malades peu atteints, et lui en confinement, mais ils décrivent l’organisation d’un pays, doté de moins de médecins de la France, qui a jugulé une catastrophe qu’aurait pu amener une secte religieuse contaminée…-

Nous ne sommes pas le centre du monde. L’Yonne républicaine célèbre le beau geste de l’AJ Auxerre, le club de football qui offre des masques alentours… Je l’avais oublié, le propriétaire de l’AJA est chinois. Nouveau monde.

On parle d’histoire dans les journaux…

Qui est le fascinant un miroir de nos purgatoires.  Le magazine du Monde me dit une histoire incroyable de morts et de rats et d’horreur politique, quand la peste revint aux portes de Paris en 1920, et des députés à la Chambre fustigeaient les immigrés juifs qui forcément par leur crasse nous amenaient la mort… Il y a cent ans revenaient aussi les folies du Moyen âg Cette année Libération dissipe cette méchanceté qui monte de banlieues rétives au confinement, on y a autant peur et on y est aussi sage qu'ailleurs.

Dans Libération, le professeur Compagnon, nous invite à Montaigne qui en son temps connut l’isolement, la politique, la peste et les guerres, et doit être lu aujourd’hui, comme Proust ajoute-t-il, au moins Albertine disparue, ce roman de la possession...

Je  dans l’Humanité que deux vieillards qui domptèrent l'histoire ont été pris nonagénaires par le virus, Roger Nushbaum, résistant syndicaliste devenu haut fonctionnaire et un des créateurs de la sécurité sociale, et Rafael Gomez Nieto, enfant de républicain espagnol engagé dans les forces françaises libres, dont la compagnie, la Nueve, arborait le drapeau de l’Espagne républicaine, et qui conduisit son half-track dans Paris à libérer le 24 aout 1944, et qui se souvenait que les filles sautaient sur les libérateurs! Qu’il est bon de parler d’amour quand la peste rode et prend les vieux, les tendres, Thérèse et Alexis Huet, octogénaires de Sablé, sont partis à deux heures d’intervalles après 57 ans de mariage et d’amour, et de randonnées… me dit le Maine Libre…

L’Express publie sur son site le journal d’une médecin, Rosella, qui accompagne des personnes âgées touchées par le virus. L’autre jour, elle est allée soulager éponger Mme G qui allait très mal et dont la perfusion ne marchait plus. Elle a appelé Roger pour qu’il change la perf’, Roger qui est un infirmier d’une beauté rare, le plus beau de l’hosto, et Mme G s’en est réveillée et en parlait encore l’après midi, elle a accepté alors de se lever malgré la fatigue et elle a fait trois petits pas de valse dans les bras de sa doctoresse, trois petits pas, un monde…

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