Salem !... Sahha !... Nicolas Sarkozy atterrira cet après-midi à Alger, pour une visite d'Etat de 3 jours. Dans "Libération", vous lirez qu'"il s'en est fallu d'un rien pour que ce déplacement n'ait pas lieu", après l'entretien accordé par le ministre algérien des Anciens combattants au quotidien "Al Khabar" (Mohamed Chérif Abbas s'y livrait à une diatribe aux relents antisémites à l'encontre du Président français). "Je ne viens ici ni pour blesser, ni pour m'excuser"... Le quotidien "L'Humanité" le rappelle : cette phrase, Nicolas Sarkozy l'avait prononcée le 10 juillet dernier lors de sa visite-éclair en Algérie. Son homologue Abdelaziz Bouteflika attend que la France demande officiellement pardon pour les actes commis pendant plus d'un siècle de colonisation. Le chef de l'Etat français ne l'entend pas de cette oreille, et ce matin, vos journaux titrent souvent sur ce qui sépare encore et toujours la France de l'Algérie, l'Algérie de la France... Pour "La Croix", c'est une "mémoire douloureuse", la "mémoire des maux (m.a.u.x)", selon "L'Humanité", une "mémoire sous tension". "Le Parisien-Aujourd'hui en France" voit, dans ce voyage d'Etat, l'occasion d'"ouvrir une nouvelle ère", d'écrire "une nouvelle histoire" entre les deux pays. "Le Figaro" souligne que la mission est "délicate", même si le Président français, dans un entretien à l'agence algérienne APS, affiche sa volonté de "réconcilier les mémoires". A cet effet, il propose la conclusion d'un "traité d'amitié simplifié", traité qui aurait pour témoin (c'est toujours dans "Le Figaro") le cortège de ceux qui suivront l'avion présidentiel... Parmi ces invités de marque : le recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, la documentariste Yamina Benguigui, l'humoriste Smaïn, et... (ne me demandez pas à quel titre, je l'ignore) le chanteur et ami du Président Didier Barbelivien. Quant à Rachida Dati, d'origine marocaine par son père et à moitié algérienne par sa mère, elle sera, elle aussi, du voyage. Le "traité d'amitié simplifié" proposé par Nicolas Sarkozy se réduira-t-il à des relations commerciales ?... C'est bien possible. C'est en tout cas ce que semblent croire ceux de mes confrères qui évoquent ce matin ce voyage officiel. Au terme de ces trois jours, les industriels français qui accompagneront le Président de la République en Algérie devraient signer sur place quelques gros contrats, pour un montant de 5 milliards de dollars. Sans donner plus de détails, Nicolas Sarkozy a évoqué la signature d'un accord de coopération nucléaire entre Paris et Alger. Quant à la compagnie Total (vous le lirez aussi dans "Le Figaro"), elle déboursera un milliard et demi pour la réalisation d'un "vapocraqueur"... Qu'est-ce qu'un "vapocraqueur" ?... Ca, hélas, vos journaux ne le précisent pas. Constat de Michel Noblecourt, dans "Le Midi Libre" : "...Comme si la politique des contrats avait des vertus thérapeutiques pour arriver enfin à réconcilier les mémoires"... Quant à Patrick Apel-Muller, dans "L'Humanité", il prône "une coopération nouvelle, non pas du plus fort au plus faible mais entre égaux, où l'intérêt mutuel des peuples l'emporterait sur l'appétit vorace des multinationales". Selon Guillaume Goubert, dans "La Croix" : "Le blocage ne pourra être surmonté que par un patient travail (...) un travail que Paris et Alger pourraient amorcer, par exemple, en confiant un inventaire à une équipe composée d'historiens des deux pays". Guillaume Goubert établit ce constat : "Le pardon mutuel ou, à tout le moins, la reconnaissance de la douleur de l'autre ne se décrète pas". Pour "Nice Matin", Marc Chevanche relève le goût de Nicolas Sarkozy pour les objectifs difficiles : "Nul doute (écrit-il) que le Président de la République se fait fort de solder les comptes entre l'Algérie et la France. On peut, sans trop de risque, gager qu'il n'y parviendra pas. Pour deux raisons : rien, d'abord, ne l'insupporte plus que l'exigence de repentance ressassée par les dirigeants algériens ; rien, surtout, n'est plus utile à ces dirigeants que l'entretien d'un sentiment antifrançais, bouc émissaire de leur incurie". C'est une curieuse photo de page Une. Elle occupe tout l'espace et repose sur une zone d'ombre en forme de "V", comme un V de la Victoire, ou comme un livre ouvert. Au creux de ce "V", telle la naissance d'un nouveau-né, une tête apparaît, elle émerge, tout sourire, pommettes luisantes, sous ce titre : "Ségolène Royal : nous nous retrouverons". C'est la Une de "Libération". "Je ne connais encore ni le lieu, ni la date, mais je sais qu'un jour nous nous retrouverons". Paul Quinio et David Revault d'Allonnes, en pag intérieure de "Libé", nous précisent que c'est par ces mots que s'achève le livre de 335 pages de Ségolène Royal. Il est publié par Grasset, il sortira demain en librairie, son titre : "Ma plus belle histoire, c'est vous". Pour "Le Figaro", Nicolas Barotte prétend que la candidate malheureuse à l'élection présidentielle veut écrire là "une nouvelle page" et "clore celle de la Présidentielle". Il évoque le blues d'après-défaite qui touche certains des 14.000 adhérents de l'association royalienne "Désirs d'avenir" et note, de ce côté, "un début de désamour". Le journaliste du "Figaro" cite notamment cet ancien militant, auteur d'une tribune sur le site Internet de l'hebdomadaire "Marianne", tribune dans laquelle il dénonce "l'idolâtrie hystérique", "l'infantilisation" du réseau Royal sur le Net. Un peu plus loin, dans le même journal ("Le Figaro"), sur une pleine page moins la pub (une publicité qui vante une marque chère à l'ex-première dame de France, Cécilia S.), l'académicien Jean d'Ormesson règle son compte à celle qu'il baptise : "la dompteuse d'éléphants". Il a lu "Ma plus belle histoire, c'est vous"... Son verdict : "C'est un livre très gai, et parfois même comique". "De quoi s'agit-il (écrit-il) ?... D'une défense et illustration, par Ségolène Royal, de la candidate malheureuse à l'élection présidentielle (...) Conclusion : le monde est méchant, il est injuste envers les femmes et surtout envers la meilleure d'entre elles, qui est l'auteur de ce livre (...) Ségolène Royal (je cite toujours Jean d'Ormesson) finit par être victime d'une sorte de délire de la persécution qui lui brouille un peu l'esprit". Bien peu charitable, quoique invoquant "la grâce de Dieu", l'académicien se lâche et brosse de l'ex-championne des socialistes à la Présidentielle un portrait assez peu académique... Il voit en elle "un mélange de Jeanne d'Arc, de la Sainte Vierge, de Bécassine au pays des mufles et d'Evita Peron". Il craque un peu, quand même, quand il évoque avec émotion (un soupçon d'émotion) "une femme blessée par l'inactivité, la méfiance, l'hostilité des siens". Constat de Laurent Joffrin, dans "Libération" : "Comme un médecin de Molière disait : 'le poumon, le poumon' en guise de diagnostic, Ségolène Royal crie : 'le PS, le PS' pour expliquer sa défaite". Elsa Freyssenet, dans "Les Echos", renchérit : "Si le titre de son livre est inspiré d'une chanson de Barbara, le récit de la présidente de Poitou-Charente, semble, lui, imprégné de la phrase de Jean-Paul Sartre : 'L'enfer, c'est les autres'". Voilà pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal... ...Et François Bayrou, dans tout ça ? Il a sa place dans les journaux, ce matin, lui aussi, après le congrès fondateur du MoDem (il s'est clôt hier à Villepinte, près de Paris). Partout, vous lirez que le patron des centristes a pris un ton gaullien pour entrer en "résistance" jusqu'à la Présidentielle de 2012... Parlant de "combat", d"'embûches et d'embuscades", il a présenté son mouvement sous la forme d'un "commando de transformation de la société française". Discours guerrier, François Bayrou. Dans cette offensive, sa formation n'est plus seulement "centriste" : elle devient, selon son propre terme, "centrale". "Bayrou au centre de nulle part", répond Paul-Henri du Limbert, dans l'édito du "Figaro". Dans "L'Humanité", Dominique Bègles nous raconte que les ex-UDF ont du mal à digérer l'argument "du dépassement du clivage gauche-droite". Tous ne voient pas d'un bon oeil un concept qui se concrétisera aux municipales prochaines "par des alliances à la carte, parfois avec leurs amis de l'UMP, parfois avec le PS". Dominique Bègles dit avoir entendu ce concept ainsi résumé ce week-end à Villepinte : "C'est de la sauce béarnaise". Que lirez-vous encore dans vos journaux ce matin ?... - Vous lirez dans "Libération" qu'une élue bavaroise prône "l'union reconductible", le mariage en contrat à durée déterminée : après 7 ans de vie commune, on dirait 'stop ou encore' (si c'était "non", il n'y aurait pas de frais de divorce). - Dans "Les Echos" et dans "Le Figaro", vous verrez que Vivendi devient leader mondial des jeux vidéo ("La Tribune" n'en parle pas, et pour cause : leurs journalistes ont reconduit leur grève). - "Le Parisien" célèbre les 30 ans du "code-barre", et annonce des "menaces de grève à Noël dans les grandes surfaces". - Dans ce même quotidien, on vous dira que, autour du pouvoir d'achat, François Fillon "veut aller vite"... Ca me permet de finir sur ces deux trentenaires qui, chaque dimanche, font un tabac sur le Net en mettant en ligne, via le site MySpace, une chanson à caractère humoristique inspirée de l'actualité de la semaine. Ils se prénomment Alexandre et Clément. L'un est patron de bar, l'autre prof de maths. Voici leur dernière production, elle date d'hier... CHANSON...

Alain LE GOUGUEC

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.