(Nicolas Demorand : "Aujourd'hui, dans la presse : les chiffres qui fâchent")... Pardon, pardon... Je vais semer la discorde dans les chaumières dès 8 heures et demie du matin... Mais le premier chiffre concerne la répartition des tâches domestiques. 80% sont encore et toujours assurées par les femmes. C'est le dossier d'ouverture de Libération ce matin, sous le titre : "Les hommes sont des taches". Libé reprend une enquête de l'Institut national d'études démographiques. Deux constats : non seulement les inégalités persistent, mais en plus l'arrivée d'un bébé les aggrave. Le bébé est trop mignon, mais l'homme reste Cro-Magnon... Témoignage d'Antoine. Il a 35 ans. Il vit avec Inès. Ils ont deux petites filles. Et il est parfait, Antoine, parce qu'il a tout : de la bonne volonté, du machisme, de l'honnêteté et de la mauvaise foi. "Je fais beaucoup de choses à la maison, nous dit ce cadre supérieur, mais c'est vrai : elle passe souvent derrière moi. Avec nos filles, on partage : elle s'occupe de l'une, je m'occupe de l'autre. Mais le traitement des poux, c'est elle. Faut pas se la raconter : même avec les pères modernes, les femmes en font plus. Perso, dit Antoine, je me trouve assez exceptionnel. Mais j'ai besoin de gratifications. Si je nettoie les chiottes, je veux qu'elle m'applaudisse". Merci Antoine. Voilà qui est dit. Alors, qui fait quoi, en détail et en moyenne ? Eh bien, c'est simple. Repassage, popotte, aspirateur, courses, vaisselle, gestion des comptes : c'est majoritairement Madame. Le seul domaine que le couple se partage, ce sont les invitations. La sociologue Dominique Méda accueille tout cela avec le plus grand sérieux. Pour elle, la répartition des tâches familiales, c'est une affaire publique. La société n'accepte pas encore bien que les hommes soient chargés de cette responsabilité. Pour 40% des femmes, une naissance modifie la situation professionnelle. En clair, ce sont encore elles qui sacrifient leur carrière. Et les politiques n'ont toujours pas de discours sur ce sujet, jugé pas assez noble. La première piste avancée par la sociologue pour essayer de changer les choses, c'est de développer les modes de garde. Dans Pèlerin, cette semaine, sujet connexe : vous trouverez les conseils du pédo-psychiatre Marcel Rufo aux parents. "Etre parents, dit-il, c'est croire toujours en son enfant". La presse s'intéresse beaucoup à la vie quotidienne, ce matin... Dans La Croix, dossier sur le téléphone mobile qui a changé nos vies, avec ce titre : "Allo, t'es où ?". "Je suis à la cuisine, mon chéri, comme d'habitude". (ND : "D'autres chiffres qui fâchent")... L'absentéisme des enseignants, et plus encore de leurs remplaçants, à la Une du Monde... Dans le premier degré, chaque année, entre les arrêts-maladie, maternité ou formation, le maître ou la maîtresse est absent en moyenne 11 jours par an. Mais les remplaçants manquent encore plus souvent à l'appel : 17 jours d'absence. C'est un rapport confidentiel du ministère de l'Education. Sur les profs remplaçants, un inspecteur d'académie se lâche : "Il y a beaucoup de bras cassés. Ils sont souvent refusés par les directeurs d'école, ou bien se mettent en maladie dès qu'ils n'ont pas l'affectation souhaitée". Les minarets suisses vont-ils donner des idées aux Français ? Le Figaro a commandé un sondage. L'opinion est partagée, selon l'institut IFOP. 46% favorables à une interdiction. 40 opposés. 14% sans opinion. Le chiffre le plus frappant concerne la construction de mosquées en général lorsque les musulmans le demandent : 33% des Français étaient pour il y a 20 ans. Le chiffre est de 19 aujourd'hui. Commentaire de Jérôme Fourquet, le directeur adjoint du département Opinions de l'IFOP : "La crispation autour de l'islam n'a jamais été aussi forte". Signe de cela, une nouvelle affaire dans un hôpital, relatée par Le Parisien-Aujourd'hui... C'est l'affaire de la "charlotte islamique", à l'hôpital de Bassens, en Savoie. La charlotte, vous savez, c'est ce bonnet en papier que mettent les infirmiers ou les médecins pour des raisons d'hygiène. A Bassens, en juin dernier, une femme s'est présentée à un entretien de recrutement. Elle voulait travailler voilée. La directrice a dit non, mais lui a proposé de mettre une charlotte. Pour la CGT, cela pose tout de même problème, car Bassens est un hôpital psychiatrique : aucun soignant ne porte de charlotte. Alors était-il nécessaire d'exacerber ces tensions avec un débat sur l'identité nationale ? Le site Médiapart.fr lance une pétition pour refuser ce débat. Quelques dizaines de personnes l'ont déjà signée, parmi lesquelles Martine Aubry, Michel Rocard, Dominique de Villepin, Eva Joly ou encore la Prix Goncourt 2009 Marie Ndiaye. Extrait de cette pétition : "Par principe, disent les signataires, nous sommes favorables au débat. Mais celui-ci n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile. C'est une machine de division entre les Français, et de stigmatisation envers les étrangers. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient dans la variété de nos itinéraires, c'est ouvrir la porte à l'autoritarisme". (ND : "Fâché lui aussi : Nicolas Sarkozy")... Il a attrapé le virus de la colère à propos des ratés de la vaccination contre la grippe A... Gros coup de gueule hier matin, en Conseil des Ministres. Piqûre de rappel dans Le Parisien. Selon le Président, les préfets ne se bougent pas assez les fesses. "Si j'étais toi, a-t-il dit à Brice Hortefeux, je ferais un exemple dès aujourd'hui". Alors un préfet va-t-il être victime de la grippe ? En tout cas, le chef de l'Etat ne veut plus revoir des images de files d'attente au journal télévisé. Dès aujourd'hui, les ministères de la Santé et de l'Intérieur tiendront un point presse quotidien. Fâchés contre Nicolas Sarkozy : les banquiers de la City... En cause : son discours mardi à La Seyne-sur-Mer, où il avait accusé le capitalisme anglo-saxon d'être responsable de la crise. Londres a accepté plus de régulation européenne, mais a fort mal pris les mots du Président. Ce nouveau match France-Angleterre est commenté dans Le Figaro, Les Echos et La Tribune. Après le discours de Nicolas Sarkozy, l'Association des banquiers britanniques a de gros doutes sur l'impartialité du commissaire français chargé du dossier désormais à Bruxelles : Michel Barnier. Le ministre des Finances britannique a publié une tribune dans le Times pour dire d'abord que Londres est le seul centre financier capable de rivaliser avec New York, que cela plaise ou non. "Oui, la réforme de la régulation financière est nécessaire, écrit Alistair Darling. Mais si elle est mal faite, nous risquons de laisser partir un courant d'affaires vers des juridictions moins régulées. Rien ne serait plus contre-productif". (ND : "Et pour décrypter les petites phrases des politiques ou les images qu'ils aimeraient cacher, il y a un spécialiste dans les médias")... C'est Yann Barthès, le présentateur du Petit Journal sur Canal+... Il paraît que tous les soirs, à 19h35, l'heure de Yann Barthès, les conseillers de l'Elysée s'arrêtent de travailler et se mettent devant la télévision. Le Petit Journal : pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, Le Figaro et Le Point en parlent aujourd'hui. Il décrypte de manière ironique et souvent pertinente les images et les déclarations de nos politiques. Et Yann Barthès commente tout cela sur le plateau de Michel Denisot. C'est lui, par exemple, qui a repéré que Nicolas Sarkozy avait prononcé exactement le même discours aux agriculteurs à quelques semaines d'écart. L'équipe du Petit Journal, c'est dix personnes. Leur méthode de travail est simple : "On filme quand tous les autres ont plié bagages, on enregistre quand tous les autres ont éteint le son, et c'est fou ce qu'on trouve ainsi". La clé du succès, relevée par Le Point et Le Figaro, c'est aussi que Yann Barthès n'a rien d'un donneur de leçons. Il pointe les dérives, mais avec une dose de tendresse. Critique violente et regard tendre... Ce cocktail, on le trouve aussi dans l'album annuel de "Reporters sans Frontières" : "100 photos pour la liberté de la presse". Il est en kiosque à partir d'aujourd'hui. Vous pouvez l'acheter pour soutenir "Reporters sans Frontières", mais aussi pour la beauté des images. Cette année, ce sont les photographes du magazine Géo qui les fournissent. Un seul exemple : ces deux clichés placés côte à côte dans l'album... A droite : un groupe de nonnes qui attend le bus à Naples. L'une d'elles tient un cornet de glace. A gauche, une femme dans sa burqa près de Kaboul. Mais, détail important : sous le voile, il y a des talons hauts. La bonne soeur au cornet de glace et la femme à burqa et talons hauts : ces deux-là, on aimerait les réunir et les entendre se raconter leur vie... Bonne journée...

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.