Dans l'Union et l'Ardennais où Charleville se répare, un gilet jaune et une députée LREM s'accordent sur un avenir possible. On sait juguler les flatulences des vaches, espérance dans les Echos. La Marseillaise dénonce l'habitat indigne, et le Figaro dénonce le retour injuste de la domesticité: convergences!

Et on parle de Paris ce matin...   

Paris où habite Alcinda, héroïne modeste au rez- de chaussée d'un immeuble de l'avenue Kleber et qui raconte au Parisien comment elle repoussa des casseurs peut-être incendiaires au cœur du chaos samedi. Paris dont l'Arc de triomphe tagué, "les gilets jaunes triompheront", fait la une du Financial Times, Paris qui revient en pages intérieures dans le FT, quotidien de l'élite mondiale, avec ce titre, "Paris contre le populisme", souligné d'une photos de flammes, mais il s'agit ici des flammes dévorant une forêt californienne, et Paris est le nom de l'accord mondial sur le climat, que l'on essaie de consolider en Pologne et que les gouvernements populistes battent en brèche...   

Y aura-t-il un avenir pour les noms de Paris? Paris pour la planète ou Paris capitale heureuse d'un pays en confiance... Et un article des Echos semble incongru qui raconte comment la tour Eiffel entre en travaux intenses pour être fin prête avant les jeux olympiques de 2024. C'est bien loin?  

Des Unes sonnent le tocsin du pouvoir, "Submergé" dit Libération en jaune, et derrière ce jaune se devine l'œil bleu du Président Macron. "Monsieur le président à vous d'agir", Midi libre, les journaux témoignent que l'on n'a pas détruit qu'à Paris,  Nord Littoral en atteste pour Calais, la Montagne et le Monde pour Le Puy en Velay, et la Provence pour Marseille où les fabricants de santons, qui exposent quai du port, demandent aux émeutiers d'épargner leur travail. 

Mais dans l'Union et l'Ardennais, où l'on raconte Charleville elle aussi éprouvée, un homme et une femme se parlent, Cédric Delaire est leader des gilets jaunes "libres" et Aina Kuric, député LREM, et vous avez ceci.   Elle: "J’ai conscience qu’un ras-le-bol et une colère montent depuis des années. J’ai fait partie de ces populations. Beaucoup d’entre nous, au sein de la majorité, auraient pu porter un gilet jaune."   Lui: "On ne veut pas d’une insurrection. J’ai été très blessé par la profanation de l’Arc de Triomphe. On veut construire les choses ensemble."  

Qu'est-ce que cela vaut, UN gilet jaune et UNE député 'ensemble", quand on hésite entre la politique et l'insurrection? La Provence titre son article de Une, "l'art oublié de la révolte". Le journal est allé voir "les rebelles modèles" de la Barque car sur ce péage bloqué au sud d'Aix en Provence il n'y a pas de violence mais la palabre et les espérances confuses. Les gilets jaunes de la Barque en appellent à des intellectuels pour comprendre ce qui leur arrive. Jadis, les paysans révoltés se choisissaient des représentants issus des classes favorisées, dit dans la Croix l'historien Gérard Noiriel, auteur d'une "histoire populaire de la France", et il rappelle ce que fut dans la violence quand le peuple a le sentiment de payer et ne rien recevoir... Il est aussi dans Libération, Noiriel, "les classes populaires n'existent pas pour Emmanuel Macron"". Il pense que des artistes, si les gilets jaunes les invitaient pourraient juguler la haine par le charivari.   

Le sort de la planète est aussi dans les journaux... 

Et "196 pays sont en état d'urgence" à Katowice disent les Echos, où la Cop 24 débute dans le pessimisme, mais le journal économique choisit une espérance dans un cahier spécial sur des entreprises sur le pont du réchauffement, des suisses ont inventé un additif alimentaire, qui permet aux ruminants de produire plus de lait et moins de méthane, puisque les flatulences des bovins sont responsable de 10% des gaz à effet de serre.   L'avenir est possible et il est ambigu.   

On lit dans le Monde la fierté de Darek Gieron, jeune héritier d'une histoire glorieuse, leader du syndicat solidarité des mineurs de charbon de Wujek près de Katowice, ces mineurs qui furent au cœur de l'industrie et de la lutte contre la dictature communiste, neuf d'entre eux furent tués en décembre 1981, mais dans la Pologne libre et moderne, Katowice veut devenir verte et branchée, la mine va finir, est-ce pour l'écologie ou pour l'économie, on importe en Pologne du charbon russe, il est moins cher....     

Et un cri pour finir dans Le Figaro...

Le cri d'un homme coiffé d'une sorte de chapeau melon et ce dessin aussi troublant que beau nous vient du XIXe siècle, le grand brailleur, oeuvre de Jean-Jacques Lequeu, 1757-1826 un employé du cadastre parisien, maniaco-dépressif et lunatique ou azimuté, qui traversa les révolutions et l'empire, il sera célébré la semaine prochaine au Petit palais, et fait partie des "fous merveilleux", des "artistes à l'âme malade" que le Figaro nous offre ce matin, et c'est soulagement.   

Elle ne braillait pas mais ironisait: Maria Pacôme, sublime dans un film actuel, la Crise, est morte au cœur e la nôtre, elle est si bien rendue dans l'Humanité et dans le Figaro encore, sous la plume d'Armelle Heliot, qui rappelle ceci: cette actrice populaire venait du plus âpre de notre histoire. Elle était née dans une famille communiste, son petit frère Robert fut  arrêté et fusillé, "elle en parlait dans certains entretiens, lorsqu'elle se sentait en confiance". Le père de Maria, lui, déporté à Buchenwald, était revenu abîmé et violent...   

C'est donc le Figaro qui célèbre avec l'Humanité une comédienne née communiste. Curieux? Dans le cahier économie du journal, l'éditorialiste Jean-Pierre Robin, raconte le retour des domestiques dans notre société, ceux qui travaillent pour les autres, chez les autres, on parle désormais d'emplois familiaux et leur nombre est multiplié par six depuis 1990, et cette explosion, nourrit creuse le fossé des deux France dit le chroniqueur. Et quand l'Humanité demande la justice sociale, quand la Marseillaise, qui vient de fêter ses 75 ans d'un journal né communiste sous l'occupation, poursuit sa campagne contre le logement indigne, lire le Figaro contre la domesticité donne le sentiment d'une République où des gens se retrouvent, le savent -ils?

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(Après la chronique media de Sonia Devillers, qui portait sur les banlieues soi-disant absentes dans la représentation de la crise des gilets jaunes, j'ai mentionné, ce bon reportage dans Explicite, sur internet, sur des militants de banlieue, justement, venus délibérément samedi rejoindre le mouvement)

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