Bonjour... Au secours, Staline est de retour ! Il est à la Une du Figaro et du Parisien-Aujourd'hui en France. Bon, évidemment, ces deux journaux dévoilent tout de suite la supercherie : c'est Dussolier, André Dussolier, le comédien, dans la peau de Staline. "Un prodigieux Staline à l'écran", s'extasie Le Figaro. Dans le film "Une exécution ordinaire", Dussolier incarne le dictateur un an avant sa mort. Un portrait saisissant du tyran rouge brossé par l'écrivain Marc Dugain, dont c'est le premier film. Le Parisien-Aujourd'hui en France nous explique que Dussolier a souffert le martyre : le calvaire du maquillage, avec la pose quotidienne de nombreuses prothèses. Dussolier s'était même mis des billes d'acier aux chevilles afin d'adopter la démarche un peu lourde du dirigeant soviétique. Dussolier que Télérama voit comme "un monstre secret". "Longtemps confiné aux rôles de candides, il rêvait d'incarner les méchants. Avec Staline, le voilà servi". L'Histoire inspire souvent le cinéma. Mais depuis quelque temps, le grand écran côtoie aussi de plus en plus près l'actualité récente et les faits-divers. Ainsi, toujours à la Une du Parisien-Aujourd'hui en France, apprend-on que l'affaire d'Outreau va être adaptée sur grand écran. L'affaire d'Outreau, souvenez-vous, c'est ce fiasco judiciaire qui s'est terminé il y a cinq ans par l'acquittement de tous les accusés après de longs mois, et même de longues années, de prison préventive. Fabrice Burgaud, le juge d'instruction de l'affaire, avait écopé d'une simple réprimande de ses pairs. Alain Marécaux, un huissier injustement mis en cause, a écrit un livre sur son calvaire. C'est le comédien Philippe Torreton qui l'incarnera. Et puis il y a ce dessin de Ranson, en page 2 du Parisien-Aujourd'hui en France, avec un producteur qui présente à un juge le scénario du film sur Outreau : "Il a l'air plus épais que les pièces à conviction", répond le magistrat. (Nicolas Demorand : "Un décret à venir sur les fonctionnaires suscite la polémique")... Oui, l'affaire a été lancée hier par Libération. Elle est reprise aujourd'hui par Le Parisien-Aujourd'hui en France et par de nombreux éditorialistes. "La garantie d'emploi des fonctionnaires est écornée". Gérard Aschieri en fait son dernier combat, alors qu'il va quitter la tête de la FSU, le principal syndicat de fonctionnaires. "C'est la remise en cause d'un principe fondamental", dit-il au Parisien-Aujourd'hui en France. En fait, ce décret à paraître prévoit qu'un fonctionnaire refusant trois mutations pourra être mis en disponibilité et perdre ainsi son traitement, autrement dit être licencié. Jusqu'à présent, la possibilité de licencier un fonctionnaire n'existait qu'en cas de faute professionnelle. Chantal Didier, dans L'Est Républicain, reprend les termes d'Eric Woerth : le ministre du Budget assure que cette procédure est profondément normale. Mais, remarque Chantal Didier, "le mot 'licencier' figure bien dans le décret, assimilant ainsi le secteur public au secteur privé. C'est une révolution copernicienne, dans un monde jusque-là protégé !", s'exclame l'éditorialiste de L'Est Républicain. "L'irruption du licenciement autre que pour faute professionnelle dynamiterait définitivement les codes d'une fonction publique gravés dans le marbre napoléonien", reprend Philippe Waucampt dans le journal voisin Le Républicain Lorrain. Et il pointe "le risque de l'arbitraire avec, dit-il, l'introduction de méthodes plus proches de France Télécom que de la Silicon Valley". Mais Philippe Waucampt voit un objectif caché : "Le risque est tellement énorme, écrit-il, qu'on est en droit de se demander si le gouvernement ne fait pas monter cette mayonnaise pour, le moment venu, sacrifier le vilain décret contre des concessions syndicales sur le dossier autrement plus sensible des retraites. Astucieux, juge Philippe Waucampt, mais, dit-il, sans garantie de résultat". Donc, ça y est : nous y voilà... (ND : "Où ça ?") Mais en campagne, bien sûr... On vient de reproduire le dialogue du billet de Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré. Campagne électorale, bien sûr. "Oh certes, ce n'est pas un événement en soi, relève l'éditorialiste. Mais il y a cette période bien particulière, qui commence disons à cinq semaines du premier tour. Autrement dit, pile-poil en ce moment". (ND : "A quoi la reconnaît-on ?") "A des tout petits riens (je cite toujours Didier Pobel). Une voix qui parle un ton plus haut. Une réplique qui vole. Une bisbille de trois sous qui s'envenime... jusqu'à ce que soudain, il flotte dans l'air neigeux une espèce d'électricité qui gagne chaque fait et geste. Les tensions s'exacerbent. Les positions se raidissent. Le moindre avis prend des allures de sentence. Pour un peu que l'enjeu soit régional, c'est bientôt toute la France qui exhibe, sous sa riche vitrine démocratique, ses disparités locales, pour ne pas dire ses guéguerres". Ca y est : Didier Pobel est arrivé au Languedoc-Roussillon où, dit-il joliment, "les flamands roses de la politique donnent du bec". Le Figaro est plus direct : "Frêche défie Aubry", titre-t-il, puisque le président de région sortant menace le parti d'une action en justice. "On souhaite beaucoup de courage à la kamikaze", s'écrie Patrick Fluckiger dans L'Alsace. "La kamikaze", dans son esprit, ce n'est pas Martine Aubry, c'est Hélène Mandroux, la maire de Montpellier, investie hier soir par le Bureau national. "Hélène Mandroux annonce qu'elle a derrière elle une armée. En réalité, il y a surtout des généraux qui la poussent à aller au casse-pipe", constate Patrick Fluckiger. "L'armée des militants, elle, est aux côtés de Frêche". L'éditorialiste de L'Alsace remarque d'ailleurs que, dans les rangs des militants, on compte l'ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, auteur de la loi qui porte son nom sur l'interdiction des propos racistes. "Gayssot n'a pas été choqué par les propos de Frêche", constate Patrick Fluckiger, qui en déduit que, dans le Languedoc, les mots "racisme" et "antisémitisme" ne doivent pas avoir le même sens qu'ailleurs. "L'incorrigible Frêche va rester un sérieux caillou dans les godasses socialistes", reprend Jacques Camus dans La République du Centre. "Au nom du combat toujours populaire, pour ne pas dire populiste, des élus du terrain contre les élites parisiennes, Georges Frêche va inmanquablement ralier de nombreux suffrages". "Eh oui, renchérit Hervé Cannet dans La Nouvelle République du Centre-Ouest : le bras-de-fer PS contre PS est un pari plus que risqué. Car le slogan parisien 'TSF' ('Tout sauf Frêche') pourrait bien brouiller les écoutes et les votes". Pour Bruno Dive, dans Sud-Ouest, "Martine Aubry prend deux risques calculés. Le premier est de perdre la région Languedoc, quitte à ce que la France ne soit pas toute rose comme elle rêve. Mais elle se donne ainsi le beau rôle de celle qui défend les valeurs. L'autre risque, selon Bruno Dive, c'est de s'aliéner les puissantes fédérations socialistes du Languedoc-Roussillon, très utiles pour gagner les congrès ou une investiture à l'élection présidentielle. C'est d'ailleurs pour cela que Frêche fut si longtemps ménagé par tous les courants du PS et que certains brillent encore par leur silence". Et Bruno Dive pointe du doigt Ségolène Royal : "Son silence, depuis quelques jours, est à cet égard assourdissant". Ségolène Royal, justement... Tout n'est pas rose dans sa région. Si l'on en croit La Charente Libre, il y a une fronde contre elle. Des militants socialistes contestent l'alliance avec le MoDem pour les Régionales. (ND : "Une pincée d'Europe, pour terminer")... Oui, avec cette question, à la Une de La Croix : "L'euro est-il en danger ?"... La crise budgétaire de la Grèce met à l'épreuve la confiance entre les Etats-membres de la zone euro. Le gouvernement grec est laissé seul face à ses responsabilités. Dans son éditorial, Guillaume Goubert a calculé que la Grèce ne représentait que 3% du produit intérieur brut total des 16 Etats-membres de l'Europe. "Et pourtant, la crise budgétaire que traverse ce pays a suffi à provoquer un sérieux accès d'inquiétude quant à la solidité de la monnaie européenne". Guillaume Goubert parle du premier test de solidarité entre les parties prenantes de l'euro depuis qu'il a été mis en place. "Faut-il venir en aide à un pays qui se retrouve, certes par sa faute, au bord de la faillite ? Pour l'instant, le discours officiel est que 'non'. Mais Guillaume Goubert pense que "oui". "Il faut, dit-il, se souvenir de la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008, abandonnée à son sort par les autorités américaines. Il en a résulté une crise financière et un plan de sauvetage beaucoup plus coûteux que la prise en charge d'un seul établissement. Ce serait peut-être un bon calcul que d'aider aujourd'hui la Grèce pour éviter demain de dépenser bien davantage". Ce que Philippe Mabille, dans La Tribune, appelle "les dominos de l'effet ouzo". "Le drame grec, écrit-il, ressemble, par son mécanisme, à l'engrenage infernal qui a mis à terre le système monétaire européen au début des années 90. En portant les taux grecs à près du double des taux allemands, les marchés ont artificiellement créé les conditions d'une faillite d'Athènes". Et Philippe Mabille relève que le ministre des Finances grec a pointé du doigt les risques d'un effet domino des attaques spéculatives. "Si la Grèce tombe, les marchés resserreront ensuite leur étau sur l'Espagne et le Portugal. Pourquoi ne pas envisager un mécanisme d'aide aux Etats surendettés ? Faute de quoi, écrit Mabille, la gueule de bois de l'effet ouzo pourrait bien atteindre d'autres alcooliques de la dette, dont la France fait partie". A votre santé !

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