Violée et tabassée adolescente par son père, la grande basketteuse Paoline Ekambi était revenue régler ses comptes chez ses parents, quand elle a vu leur peur et a eu pitié, l'Equipe. Une chanson d'Enrico a réveillé Noa, quatre ans, dans le coma, elle chante avec lui aujourd'hui, le Parisien.

On parle d'enfants...  

Qui sont petits, des loulous qui au petit déjeuner avalent trop vite leur bol de lait et dorment en pyjama rose décorées des oreilles de minnie la souris, des enfants en maternelle ou à  l'école primaire, des enfants heureux mais de justesse parfois, ils sont dans Libération en reportage dans le Médoc; au cœur des vignes est lovée une petite école gérée par une association, les Orphelins d'Auteuil, et cette école abrite un internat pour petits - c'est très rare, être en internat à 5 ans... C'est souvent réservé aux enfants de parents itinérants, des mariniers par exemple -là il s'agit de relayer des familles fragiles, dont les gosses sont parfois un peu cabossés, mais attendez: «Regardez la cour de récré : je vous défie de trouver les enfants qui ont des histoires difficiles. Impossible de les repérer ici ils ont des vies d’enfant. Même sous leur masque, ils respirent.» dit la directrice qui est chouette, et délicat cet article qui a la grâce de ne pas trop nous en dire ce qui a pu arriver avant; une fillette se jette sur des casiers en métal et puis hoquète un souvenir confus, la directrice lui donne un cahier pour qu'elle écrive, tu verras, ça aide un peu, et ce n'est pas à nous de lire.  Dans le premier confinement, l'école et donc l'internat ont du fermer et les équipes appelaient les familles pour le soutenir. Si cela revient, ils ne fermeront pas.   

Voilà donc des mômes protégés mais à côté, que voulez vous. L'Union consacre deux pages aux assises où l'on juge la mort du petit Tony qui avait trois ans et que son beau-père battait et le jour de sa mort les voisins ont entendu la mère de Tony hurler à vous glacer le sang, et avant ils en avaient entendu mais ils n'en ont rien fait, ni la grand-mère de l'enfant, ni l'école, et tout le monde s'en veut...   

Dans Libération -après Paris Normandie- j'apprends dans un beau portrait que le député Bruno Questel  a racheté la maison en Corse où il avait été violé enfant, et l'a rénovée pour conjurer le souvenir mais le parquet a un défaut là où était la cloison de la pièce du crime... «Chaque fois que je marche dessus, c’est un très léger flash. Le cerveau est ainsi fait que si possible, on évite cette latte de parquet à la con !»  

Dans l'Equipe vous lisez Paoline Ekambi, 58 ans; splendide sportive qui mena les basketteuses françaises à une médaille d'argent européenne et faisait la une de l'Equipe magazine, forte et glamour à 19 ans, comment aurait-on deviné qu'à quatorze ans, son père l'avait violée puis tabassée quand elle avait raconté à sa mère... Elle s'est sauvée un soir vêtue d'un long tee-shirt, réfugiée chez son entraineur, elle a regardé le commissariat mais elle n'y est pas entrée, elle a pensé que ses frères finiraient à DDASS, elle s'est grisée de vie pour ne plus hurler. A quarante ans, elle est revenue chez ses parents régler les comptes, elle a tout fracassé dans la salle à manger et puis elle les a vu, tout petits, tout vieux, ils avaient peur, elle a eu pitié.   

On parle encore de vies qui basculent...  

Des vies ordinaires et soudain. A Besançon, c'est dans l'Est Républicain, Khaled  Cid qui est un homme doux payait son horodateur lundi dernier , quand une armoire à glace lui a dit, "tiens un arabe en costard je vais me le faire" et l'a jeté a terre et l'a frappé à coup de pieds au sol, et Khaled serait mort de racisme sans les caméras de surveillance et la rapidité des policiers.  

A Concarneau, c'est dans le Télégramme, Marie 35 ans ne sait toujours pas pourquoi un soir de mars 2019 on l'a retrouvée assommée en sang sur un parking un trou noir est sa hantise, elle retravaille mais sans paix.  

Dans Vanity Fair vous lisez une scène de bonheur, des marins pêcheurs au large d'Oléron, en juillet 2018, qui ramassent des paquets qui flottent, et là, nos marins se retrouvent avec à bord 40 kilos de cocaïne , une fortune, une folie, une erreur, qu'ils vont garder, enterrer dans un jardin un blockhaus sous une plage... Et puis, je ne vous divulgache rien ici d'une indiscrétion, d'un besoin d'argent, d'un enchainement sanglant et ils vont perdre leur paix et leur ile et la mer...  Vraiment lisez.  

Dans les Inrocks vous lisez  nostalgique, le voyage que fit Michel Foucault en Californie en 1975, quand un étudiant admiratif lui proposa les paradis artificiels et entraina le philosophe de la folie dans le désert, à découvrir le LSD et planer en écoutant les quatre derniers Lieder de Strauss, Foucault aimait la Californie de ce temps qui se détachait de l'occident, il gouterait son libéralisme...    

Qu'aurait-il dit de ce nouveau rigorisme qui a saisit San Francisco, que le site du Monde a raconté, que le journal the Atlantic détaille horrifié. On débaptise à San Francisco 44 écoles qui célébraient des personnages méchants, mais parmi les débaptisés, il y a  Abraham Lincoln, qui abolit l'esclavage mais avait fait fusiller des indiens, et Thomas Edison, l'inventeur du phonographe, qui avait fait électrocuter Topsy, un éléphant de cirque. Malcolm X a gardé son école, il fut pourtant un proxénète dans sa jeunesse, mais ce n'est pas la même chose... Soupirez.   

On parle enfin de vaccins... 

Dont le fiasco français fait honte au Figaro et à l'Opinion, même les russes font mieux que nous, où sont nos start-ups? Dans ce qu'on lit , on voit que la science et la santé ne sont pas exempte de sentiments et d'irrationnel. Le Monde nous dit que ce ne sont pas des critères scientifiques qui ont guidé les choix des européens quand ils pré-achetaient des doses, et les Echos nous apprennent que Pascal Soriot le patron français  de Astra Zeneca, fut adolescent à Noyon un bagarreur, il faisait le coup de poing, et cela expliquerait sa carrière... 

Dans la Croix, vous lirez ce qu'est la vie des villages des confins de l'Irak où Daech se prolonge et sort et tue, quelle revanche prendront ces enfants lointains qui n'ont connu que la guerre...    

Dans le Parisien, vous sourirez, un répit pour aujourd'hui , devant un couple de chanteur, Enrico Macias et la jeune Noa, 16 ans, il parraine sa carrière et mieux encore, écoutez. Noa était née avec quatre tumeurs au cerveau, elle avait quatre ans quand une crise d'épilepsie la plongea dans le coma, son père épuisé passait une chanson d'Enrico, Tous le soleils de l'amitié", quand Noa a ouvert les yeux et a dit Papa ayik, papa musique, et ensuite elle a guéri.  Enrico le croit, moi aussi.

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