Le péril gaz... C'est probablement la vue la plus pessimiste des choses, mais peut-être n'en sommes-nous pas très loin... En tout cas, les titres de la presse, ce matin, sont un peu alarmistes... "Poutine met la pression", nous dit "Libé"... "Poutine met l'Europe en difficulté", pour "Le Figaro"... "L'Europe otage de la guerre du gaz russe", selon "La Tribune"... Ou encore : "La guerre du gaz menace l'Europe", à la Une de "France Soir". La vengeance est un plat qui se mange froid, écrit Jules Clauwert dans "Nord Eclair"... L'indépendance a un prix, reprend Frank de Bondt, dans "Sud Ouest"... L'Ukraine, qui a nargué son voisin et ex-tuteur russe, est en train de l'apprendre à ses dépens... Le procédé de rétorsion mis au point par Vladimir Poutine est moralement douteux mais économiquement efficace. Alors soyons franc... Si seule l'Ukraine avait été mise en danger par la décision du Kremlin, on se serait peut-être moins ému en Europe occidentale...Seulement voilà... Nous sommes très dépendants du gaz russe... D'où ce cri d'alarme de "France Soir", ce titre en page intérieure : "Panique en Europe". Mais non, estime au contraire "Le Parisien"... De toute façon, la situation s'apaise, explique Jean Darriulat... Et les Français, eux, devraient échapper à une pénurie et à une hausse des prix... Il se trouve que la France a su diversifier ses fournisseurs... 59% du gaz importé vient de Norvège, des Pays-Bas et d'Algérie... Alors que la part du gaz russe n'est que... entre guillemets... de 21%. Et puis, de toute façon, Gaz de France dispose de 3 à 4 mois de réserves, affirme le directeur de la revue "Gaz et pétroles arabes". Selon Francis Perrin, interviewé par "Le Parisien", la Russie ne peut pas faire durer cette crise : son image de fournisseur fiable en prendrait un coup. La morale de cette histoire, c'est que l'Union européenne prend crûment conscience de sa dépendance énergétique, estime "Libération"... Qui nous rappelle qu'en 2003 la Commission avait proposé que les pays européens mettent en commun les stocks stratégiques de pétrole et de gaz... Or les pays-membres avaient refusé... On ne devrait jamais couper le robinet des bonnes idées. Les trains qui arrivent à l'heure, c'est un terrain que le journal "Le Parisien" affectionne... Les trains qui arrivent à l'heure, c'est ce qui va bien... Un peu de douceur dans ce monde de brutes, si vous préférez... Sans bruit, et souvent sans le moindre appui, des milliers de Français se battent pour changer leur quotidien, et aussi souvent le nôtre... "Le Parisien" a donc décidé d'aller à leur rencontre... Début d'une série qui va durer toute la semaine. C'est un feuilleton qu'on aurait pu intituler : "Ils refusent de baisser les bras"... Comme ce jeune Congolais d'origine, Herman... Qui a grandi à Sarcelles, et qui travaille maintenant Place Vendôme, où il expose ses bijoux... Oui, les siens, ceux qu'il a créés... Une collection de diamants... C'est aussi l'histoire de Christelle, qui a créé des habits pratiques pour les personnes handicapées... On peut citer également Nadja et Hamid, 26 et 27 ans, qui ont créé une société de soutien au Val Fourré, à Mantes-la-Jolie... En clair, c'est une petite entreprise spécialisée dans les cours à domicile pour élèves en difficultés... Ce qui écorne au passage les idées reçues sur la prétendue démission des parents dans les quartiers populaires... Car la demande est forte... En l'espace de 4 mois, une vingtaine d'élèves ont déjà été inscrits chez Nadja et Hamid. C'est enfin ce patron qui favorise l'intégration... André Added... PDG du Groupement d'intérim français, qui a réagi bien avant que le concept d'égalité des chances ne soit en vogue... D'ailleurs, le CV anonyme, il le pratique, lui, depuis des années. Tout cela est très bien, mais si l'on en croit "La Tribune", il y a comme un effet de loupe, parce que la lutte contre les discriminations dans l'entreprise, c'est un très très long travail... Quelque chose qui patine encore... A cause, notamment mais beaucoup, des DRH... Ces fameux directeurs des ressources "humaines" traînent des pieds... D'abord, parce qu'ils considèrent que la lutte contre les discriminations raciales n'est pas une priorité... Et puis parce qu'ils n'aiment pas que l'on change leurs petites habitudes... Habitués à sélectionner sur CV complet, ils considèrent que le CV anonyme ne permet pas une évaluation sérieuse du candidat. Alors, il va falloir mettre en place une vraie politique, explique "La Tribune"... Une politique globale, précise le DRH de chez PSA, qui a mis en place le CV anonyme depuis 8 mois... Volonté politique et accroissement du risque pénal... Il faut bien ça pour que les choses bougent, même si ça prendra du temps, forcément, estime "La Tribune". En tout cas, le jeu en vaut la chandelle, comme le prouve cet autre travail de suivi mené par "Le Parisien"... Une rubrique intitulée : "Comment je m'en suis sorti"... Aujourd'hui, témoignage d'Abdelaziz Aït Nacer... 25 ans, conseiller de clientèle chez BNP Paribas... Favorable au CV anonyme... Parce que, pour lui, l'important c'est de décrocher ce fameux rendez-vous avec le futur employeur... Là où tout se joue, là où on peut se vendre. Alors voilà qui nous amène à ce CV anonyme publié dans "Le Figaro"... Un papier facétieux de Bertrand de Saint-Vincent... "Monsieur le directeur des Ressources humaines, j'ai appris qu'un poste était ouvert en relations publiques dans le courant de l'année prochaine... Ma mission se terminant au printemps 2007, je vous adresse ma candidature. Je vous joins mon CV qui, conformément à la loi, ne contient aucune information utile. Je ne peux donc vous livrer ni mes nom, prénom et adresse, car ils vous renseigneraient sur mes origines ethniques. Ma motivation est grande : même sur un lit d'hôpital, je n'ai pas hésité à lancer un appel à mes nombreux amis. Dans mon entourage, je compte également d'excellents spécialistes en gestion budgétaire... Un sujet que je creuse depuis de nombreuses années. Je pratique plusieurs langues, dont celle de bois. Côté informatique, je suis habile avec le mulot. Et bien entendu, je ne peux vous donner mes orientations politiques, n'en étant pas certain moi-même". Alors, de qui s'agit-il ? Eh bien, vous ne le saurez pas, car je vous rappelle qu'il s'agit d'un CV anonyme. Oui, c'est toujours la chronique du sommeil du juste... François Mitterrand revisité... A la hausse... Cette fois, c'est dans "Le Monde", avec un grand dossier de 6 pages... Et quand on connaît la pagination du "Monde", il y a de quoi lire... "Mitterrand : la volonté et la méthode"... Là, c'est le côté panégyrique, signé Paul Quilès... Selon le député socialiste, le monde a changé, mais l'action publique gagnerait à s'inspirer des leçons de l'ancien Président... Beaucoup plus polémique, en revanche, ce papier de Tilo Schabert, historien en Allemagne, qui explique comment Helmut Kohl raconte à quel point François Mitterrand était hostile à la réunification allemande, alors que des documents français prouvent le contraire... Ce qui fait dire à l'historien que l'ancien Chancelier n'a pas vraiment connu Mitterrand... Sinon, il en parlerait différemment aujourd'hui. Et puis il y a ces deux pages d'Histoire : "Que reste-t-il des années Mitterrand ?"... Réponse du "Monde" : "La France a beaucoup changé, souvent sous son impulsion". Sans oublier l'entourage féminin du Président : il y a celle que "Le Monde" appelle "la people de la famille" : Mazarine... Cachée pendant des années, elle est présente partout aujourd'hui, à l'occasion du 10ème anniversaire de la mort de son père... Livres, photos, documentaires... elle gère au plus près son image. "Mazarine Pingeot, la people de la famille"... C'est vous qui écrivez l'article, Ariane Chemin... Bonjour... Longtemps, elle a joué la méchante... Pas question de dire ceci ou cela de son père... Est-ce qu'elle a changé sur ce point ? * Merci, Ariane Chemin... Vendredi, Arte diffusera un portrait sur la vie de Mazarine Pingeot. Enfin, ces deux pages, sur un lieu... L'une des scènes principales de la geste mitterrandienne : l'hôtel du Vieux Morvan, au coeur de la Nièvre, là où, député, maire ou président du Conseil général, François Mitterrand y a abrité ses revers et ses victoires... C'est là qu'il a appris son accession à la Présidence, en fin d'après-midi, le dimanche 10 mai 81. On nous parle de la propriétaire des lieux, Madame Chevrier... Ginette... On nous parle de Danièle Mollot, journaliste du "Point", admise dans le saint des saints, ce 10 mai 81, qui n'en revient pas que François Mitterrand fasse la sieste en ce dimanche historique... On nous parle enfin de Christine Gouze-Raynal, qui sert dans ses bras sa soeur Danièle, en chaussons... Quand elle apprend le résultat, elle confie : "Eh bien, si on m'avait dit ça, quand on se cachait avec François pendant la guerre, je ne l'aurais pas cru"... Les femmes qui entouraient le Président ce jour-là... Château-Chinon... Château Chignon... Bonne journée... A demain...

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