armée de l'ombre de ceux qui luttent contre propagande djihadiste sur réseaux sociaux. Chérèque, double vue à gauche. D MC Cullin, distingué par la Reine

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par des témoignages rares de ceux qui luttent contre la propagande de l’Etat islamique

L’appellation « armée de l’ombre » est sans doute un peu grandiloquente, ils se sont engagés après l’attentat contre Charlie Hebdo il y a 2 ans pour lutter contre la propagande djihadiste qu’ils voyaient envahir les réseaux sociaux. Regroupés par dérision sous la bannière de « l’unité des mécréants », ils seraient 200, disséminés sur le territoire, un job, une famille, la quarantaine, certains sont musulmans. 2 de ces veilleurs marseillais ont accepté de témoigner dans le journal La Provence sous leur pseudo, Abou let Rouge et Abou Lafacette. Oui, la parodie est leur arme principale : ces 2 hommes passent des heures sur leur écran, et repèrent sur twitter, facebook ou Instagram la propagande mensongère et séductrice des recruteurs de Daech, détournent les photos diffusées, trollent les vidéos, renvoient aussi sur de vraies informations sur le Moyen Orient. Ils ne se cachent pas non plus d’aider à détecter les profils dangereux en les signalant à la plate-forme gouvernementale Pharos qui permet de suivre ces menaces. En août dernier, « c’est leur signalement qui a permis d’arrêter un interne des hôpitaux marseillais qui se cachait sous le pseudo humoristique Albi Stouri sur twitter pour y diffuser une propagande pro Daech qui l’était beaucoup moins » explique Romain CapdePon auteur de l’article. Un trophée pour ceux qui mènent dans l’ombre cette guerre numérique, souvent leur famille n’est même pas au courant de leur activité. Leur action n’est évidemment qu’une goutte d’eau. Mais le chercheur Romain Caillet l’affirme « Sans ces internautes, certains comptes djihadistes auraient 10 000 abonnés aujourd’hui. Ces veilleurs gênent la propagande francophone, même s’ils n’ont évidemment aucune prise sur la propagande qui se fait en arabe » « Djihadisme, l’armée de l’ombre des réseaux sociaux », c’est à lire ce matin dans la Provence

Ce matin également Hélène dans la presse, hommages à François Chérèque disparu hier

« l’Homme du Oui » pour Florence Chedotal de la Montagne, « François Chérèque croyait dur comme fer écrit-elle, aux vertus de la négociation contre celles de la rupture. Plutôt le dialogue que l’inaction. Plutôt la réalité que l’utopie. Cette fameuse culture du compromis… » 3 points de suspension

C’est Libération qui raconte ce matin par le menu le jour où le leader de la CFDT prononça ces mots, « compromis acceptable ». Thierry Paech en parlait il y a quelques instants à Léa Salamé « Le jour où François Chérèque a secoué la CFDT », à lire sous la plume de Luc Peillon. Car « l’unanimisme autour de personnage classique lors d’un décès rappelle le journaliste, n’a pas toujours été de mise. Chérèque s’est même illustré comme l’un des dirigeants les plus controversés de la centrale de Belleville ». Jour J, acte fondateur : nous sommes en mai 2003, la France est en ébullition contre le projet de réformes des retraites de François Fillon visant à allonger la durée de cotisation, le 13, toutes les centrales sont dans la rue, la droite est enlisée. Le lendemain, de longues négos s’ouvrent au ministère du travail. Mais Rien, Chérèque tonne « le compte n’y est pas ». Quelques heures de sommeil, il file chez Elkkabach sur Europe 1 (oui, il y a encore Elkakkabach sur Europe 1 à l’époque ), et laisse entendre qu’il est prêt à poursuivre les discussions. Le premier ministre Jean Pierre Raffarin l’invite discrètement, Chérèque va négocier en direct et en secret pendant une heure pour faire avaliser SA proposition, le dispositif carrières longues qui permettra aux salariés ayant commencé jeunes à partir tôt. Raffarin tope. « Dans la voiture qui rentre à la confédération, Chérèque se tourne vers l’un de ses collaborateurs et lâche « j’espère qu’on n’a pas fait une connerie » raconte Luc Peillon. Quelques heures plus tard, il prononcera sa fameuse formule « compromis acceptable », qui fera tanguer la cfdt, beaucoup de départs, fissurera l’unité du front syndical, et soulèvera l’opprobre fort opportuniste à l’époque du ps. Cette formule qui emmènera finalement la CFDT sur le chemin d’une « clarification salutaire » assumera plus tard François Chérèque.

Une « clarification » qui évidemment reste diversement appréciée

Oui, car ce même jour J, le 15 mai 2003 est également raconté par l’Humanité, et la lecture en est forcément différente. Ce jour là, écrit Yves Housson dans l’Huma, « l’ex capitaine de rugby Chérèque choisit de briser le pack syndical, d’avaliser la réforme moyennant une concession limitée » François Chérèque reste pour l’Humanité et tout une partie de la gauche, une figure du syndicalisme « dit réaliste », toujours à la recherche de compromis, quitte à endosser des reculs sociaux écrit le journal, « oublieux du rapport de forces et des luttes. ».

Je reviens à l’édito de Florence Chédotal dans la Montagne, « A y regarder de plus près, écrit-elle, la mue opérée dans la douleur par la CFDT ressemble étrangement à celle qui se trame actuellement au sein du Parti socialiste, où la conversion à la sociale démocratie libérale entraine pertes et fracas ». « Social traitre » contre « vraie gauche », c’est un peu le débat qui traverse en effet la primaire de la gauche

Sur le front de ces primaires justement, du nouveau ?

Une presse qui reste sceptique sur la réussite de cette primaire. Aujourd’hui en France/ le Parisien tente bien de dramatiser l’enjeu « primaire de la gauche, à la Une, cette fois le PS joue sa survie », même Lionel Jospin parait il se fait du mouron, mais on retiendra surtout la Une du Monde daté d’aujourd’hui : titre clinique et efficace : « primaire de gauche : une lutte contre le temps et l’indifférence ». Tout est dit. Guillaume Tabard dans le Figaro explique avec quelques mots supplémentaires pourquoi cette primaire sera forcément décevante. Parce qu’elle sera comparée à celle de la droite, qui en terme de mobilisation notamment fut une réussite. Et puis, « chaque participant au scrutin, de droite, savait qu’il avait une forte chance de choisir déjà le futur président de la république. Il faudra aux électeurs socialistes une toute autre motivation dit Tabard, pour aller désigner un candidat qui a peu de chance de se qualifier au second tour, pire, qui n’est même pas certain d’arriver en tête des candidats de gauche au premier tour. Bref, Voter pour un possible président est plus motivant que voter pour un probable figurant ».

On termine Hélène par une rosette britannique…

Avec d’abord, juste un mot du dossier de Libération ce matin sur les inquiétudes autour du réchauffement climatique, « la régression écologique », Manchots sautillant à la Une mais pas du tout happy feet… Il n’y a pas qu’aux Etats-Unis en effet que ça sent le roussi avec l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump et de tout un aréopage de climato sceptiques, en France aussi. Libé fait le tour des coupes claires opérées par les nouveaux présidents régionaux de droite dans les subventions aux associations de défense de l’environnement. En Auvergne- Rhône Alpes, Hauts de France, Ile de France, Bretagne, vaut mieux être chasseurs, qu’écolos bobos voire zadistes raconte dans le détail Coralie Schaub.

J’en viens à la rosette, plus exactement à la distinction royale décernée au photographe et reporter Donald Mac Cullin, il vient d’être fait chevalier par la reine d’Angleterre pour l’intégralité de son œuvre photographique. C’est le journal officiel londonien, la Gazette qui l’a annoncé ; Don mac Cullin, 81 ans était encore le mois dernier sur le terrain à Mossoul en Irak. Il faut aller voir sur le site Konbini quelques-uns de plus beaux clichés de Mac Cullin, photographe de noir et blanc, il a couvert tous les conflits, mais ce ne sont pas des photos de guerre qu’il donne à voir. Mais des visages d’hommes, de femmes ou d’enfant. Visage de soldat ou de femme marqué par la crise et parfois la faim. C’est intemporel, c’est en somalie , au Vietnam ou en Irak, c’est humain et émouvant.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.