Et les journaux ne titrent pas sur les policiers mais sur LA POLICE, une institution prise comme un bloc. LA POLICE qui réclame "une sévérité sans faille", c'est le Figaro, LA POLICE, qui ne fait plus peur, le Parisien aujourd'hui en France...

Et il faut entrer dans les journaux pour entendre les individus, les policiers qui subissent, dit le Parisien, depuis les émeutes de 2005, quand "les voyous ont compris le pouvoir qu'ils avaient sur nous..." 

Et plus que la colère on entend une tristesse... 

On lit ceci dans Mediapart: « On est habitués maintenant. Qu’il soit en tort ou qu’il intervienne pour rétablir l’ordre, le policier sert toujours de punching-ball… Nous sommes devenus des cibles

Et ce fatalisme nous imprègne...

Il y a autre chose qui colle à la conscience quand on lit la presse, Libération et Le Parisien encore, à propos de Champigny sur Marne, le récit de ce qui est arrivé avant l'agression des policiers,  et on lit un monde d'une médiocrité infinie, une fête illégale dit le Parisien dans son édition du Val de Marne, dans un ancien hangar où vont prier le dimanche les fidèles de l'église évangéliste, mais qui n'a jamais été aménagé pour recevoir du public, pourtant loué à un organisateur, des jeunes qui attendent s'exaspèrent une rixe, une gazage, l'arrivée de la police des flash-balls...

Ainsi vit-on et on reste humains... Le Parisien met en avant ce lycée, Ali, qui dit avoir secouru la policière lynchée... 

Ainsi vit-on et pas seulement à Champigny...

Dans l'Est républicain, vous lirez le désarroi du quartier de la Grette à Besançon, la ludothèque a été incendiée au cocktail molotov la nuit du premier janvier, et 1500 jeux et jouets sont partis en fumée, et les enfants n'ont plus de halte-garderie... 

Dans la voix du Nord, un homme raconte comment il a été pris en otage avec son épouse, au milieu de la nuit du 1er au 2 janvier, chez lui, à Malo les bains, par des malfrats repartis avec des bijoux et sa voiture. « Avec quatre cambriolages en cinq ans et cette nuit terrible, ma femme ne veut plus vivre dans cette maison », dit Christian Hutin. Il est député un de ceux qui font les lois et il subit cette violence que l'on dit banale.  

Charlie Hebdo raconte sa vie quotidienne depuis l'attentat

Et c'est une autre histoire de fragilité, quand l'horreur vous a griffé à vie, on surmonte en criant, même pas peur, et pourtant... Dans ce numéro de Charlie, il y a un dessin de Riss terrible, sur les enfants de djihadistes qui reviendraient de Syrie... On voit une cour d'école jonchée d'enfants massacrée et un bambin au sourire carnassier, le couteau à la main, "intégration des enfants de retour de syrie, encore un échec de l'école"...

Mais ce pessimisme vengeur est celui d’un journal qui vit depuis trois ans « dans une boite de conserve », c'est le titre de Une et qui paye lui-même la sécurité de ses locaux... 

Dans un long article de Fabrice Nicolino qui raconte la vie des Charlie sous la terreur..."ceux qui n'ont pas peur sont des crétins", les Charlie jugés les plus menacés qui ne sortent plus, mais aussi des moments drolatiques, le jour où les policiers d'un Charlie ont fait sauter un colis suspect devant sa porte... C'étaient des cerises dont la chair rouge a retapissé le palier... 

On parle beaucoup de policiers dans Charlie, ces flics venus dans la vie du journal bien avant janvier 2015 et devenus les compagnons d'une feuille libertaire... L'un d'eux en est mort, Franck Brinsolaro... Ils sont toujours là, les flics... Devenus parfois des amis, des flics qui te conduisent trop vite, ce flic qui avait fait des études de musicologie,  "des lecteurs, des musiciens des encyclopédies sur pattes", écrit Philippe Lançon à propos de ses anges gardiens qui veillaient  à l'hôpital après l'attentat...  Un jour, sa protection a été levés les flics sont partis, « me voilà nu », écrit Lançon... 

Sans les flics on est nu, et c'est écrit dans Charlie...

La Croix nous montre des Français devenus libéraux en matière de bio éthique

Des Français favorables à la gestation pour autrui, les mères porteuses, des Français favorables à la Procréation médicale assistée pour les couples de femmes, et à l'euthanasie, voire au suicide assisté et à la modification génétique des embryons... Les détails du sondage IFOP sont la Croix, et ce qui est intéressant, émouvant presque, la Croix publie un sondage qui va contre ses valeurs... "Bioéthique, ce qu'en disent les français" et bien, le contraire de ce que pense le quotidien catholique qui rend compte un pays qui, culturellement, idéologiquement ne l'est plus catholique... Les droits de l'individu et les possibilités offertes par les nouvelles technologies imposent le franchissement des limites biologiques... La Croix analyse cette défaite sur plusieurs pages, et c'est ce débat qui est passionnant à lire... 

Quand  l'Eglise, ou la société catholique se découvrent minoritaires et découvrent l'illusion de la politique... La manif pour tous était une illusion idéologique, explique en substance le sociologue Alain Mergier, et  l'Evèque du havre Mgr Jean Luc Brunin complète: "L'église s'est laissée abuser par un certain discours sur les "racines chrétiennes de l'Europe", alors qu'un grand nombre de nos concitoyens ne partagent plus notre vision de l'homme..."

Il reste à débattre, dit il, en évitant le défaitisme et la croisade...

On est intéressant quand on se sait fragile... et cette fragilité nous accompagne aujourd'hui, et aussi loin des idéologies.

Vous lirez dans le Télégramme et dans Ouest France la dignité des Rousseau... Ce sont ces éleveurs de volailles dont les poulaillers ont été emportés par la tempête à Pont aven... On a souri de l'image de ce poulailler sur la RN 165... Mais derrière l'image, il y a cela, 6000 poules et poulets tués, un élevage où il ne reste que deux poussins, tout un travail balayé mais Maud Rousseau est debout... « Je ne suis pas prête à m'arrêter je n'ai pas envie de tricoter au coin du feu... » 

On vit.

   

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