Elle s’appelle Aïda. Elle a 31 ans. Elle habite au Mans et, ce matin, c’est LE MAINE LIBRE qui nous raconte son histoire. L’histoire d’une femme qui a échappé à la mort, mais se trouve aujourd’hui confrontée à la violence d’une administration, le Fonds de garantie des victimes.

Aïda, défenestrée par son compagnon et désormais paraplégique, ne sera pas indemnisée  (image d'illustration)
Aïda, défenestrée par son compagnon et désormais paraplégique, ne sera pas indemnisée (image d'illustration) © Getty

On est en 2013. Le soir du 24 août. Aïda se dispute avec son compagnon. Son compagnon la frappe. Ce n’est pas la première fois. C’est même récurrent. Les voisins appellent la police, qui conseille alors à la jeune femme de quitter le logement. Aïda s’exécute. Elle a de la famille à 50 kilomètres. Mais il n’y a plus de train et le taxi, c’est trop cher. Elle appelle le « 115 » dans l’espoir d’obtenir un hébergement pour la nuit. Personne ne répond. Et les amis non plus, ceux auxquels Aïda envoie des SMS. Ne restent que deux solutions. Soit dormir dehors. Soit rentrer chez elle, en espérant que son compagnon se sera calmé. 

C’est finalement la seconde option qu’elle choisit. Mais l’autre ne s’est pas calmé. Des cris, de nouveau. Des coups, de nouveau. Et puis, un peu après 3 heures du matin, les voisins appellent de nouveau les forces de l’ordre. 

Les policiers arrivent et découvrent Aïda gisant au pied de son immeuble. Elle est grièvement blessée. Son compagnon vient de la jeter du deuxième étage. 

Trois ans plus tard, en 2016, il sera condamné à 15 années de prison, pour violence ayant entraîné une infirmité permanente. Tentative de meurtre aurait sans doute été plus juste. Aïda n’est donc pas morte, mais elle est infirme. Elle est devenue paraplégique depuis sa défenestration. Avec ses avocats, elle s’est adressée au Fonds de garantie des victimes. Afin de rembourser ses trajets en ambulance, rembourser les frais de sa rééducation, engager des travaux dans son appartement pour qu’il soit mieux adapté à son handicap, elle a sollicité une aide de 90.000 euros. 

Mais le Fonds de garantie des victimes a dit « non ». Et pourquoi ce refus ? Tenez-vous bien car le motif fait froid dans le dos. 

Selon le Fonds de garantie des victimes, en retournant chez elle ce soir d’août 2013, Aïda aurait contribué à son propre préjudice. 

En somme, elle est un peu coupable. C'est un peu de sa faute si son compagnon l’a jetée par la fenêtre. Elle ne peut donc prétendre à une entière indemnisation…

On dit souvent qu’en France, « tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou son ex-conjoint »… Mais il faudrait rayer cette phrase de nos formules toutes faites, s’emporte Titiou Lecoq dans LIBÉRATION.

Ces femmes ne meurent pas sous les coups, elles sont tuées ! 

Titiou Lecoq recense ces meurtres conjugaux sur le site du journal et, depuis deux ans, ce sont au moins 219 femmes qui ont été tuées par leur compagnon ou leur ex… 

Presque tous les jours en France, un homme tente de tuer sa compagne ou son ex-compagne.

Et le nombre de victimes n’a rien d’une fatalité. Il peut augmenter, ou alors diminuer. Cela dépend de notre vigilance, de notre vigilance à tous, et du bon fonctionnement de nos institutions policières et judiciaires. Quant au fameux Fonds de garantie des victimes, je ne suis pas certain qu’on puisse dire qu’il fonctionne toujours merveilleusement bien.

Ce matin, les journaux regorgent de dysfonctionnements… Des problèmes, çà et là, qui disent les malaises de notre époque. 

Malaise dans l’éducation : délitement de la médecine scolaire.

La France compte désormais moins d’un millier de médecins scolaires pour 12 millions et demi d’élèves… Dans certains départements, il n’y en a même plus – c’est le cas dans l’Indre notamment… A lire dans LIBÉRATION. Sachant que les conséquences de cette pénurie touchent en premier lieu les enfants de familles défavorisées… Ceux-là mêmes dont les parents connaissent déjà de telles difficultés pour payer la nourriture et un logement qu’ils n’ont ni le temps ni les moyens de faire les démarches pour aller voir un médecin de ville. L’école est censée être un refuge pour ces enfants. Dorénavant, elle ne l’est plus…  

Malaise chez les familles homoparentales. 

C’est à lire dans LE MONDE : « Ces mère qui réclament leurs droits »… En cas de séparation dans un couple homoparental mais non marié, celles qu’on appelle « les mères sociales » - celles qui n’ont pas accouché, se voient privées de tous leurs droits sur leurs enfants… Pourtant, elles sont bien, dans les faits, leur deuxième parent, mais quand les séparations se passent mal, il arrive qu’elles soient empêchées de garder le contact avec leur progéniture… Empêchées, dès lors, d’exercer leur autorité parentale. Une association vient d’être créée pour les défendre. L’association « parents sans droit », qui vise à alerter les décideurs politiques sur ce vide juridique réservé à celles qu’on nomme donc « mères sociales ».

Ce matin, il est d’ailleurs beaucoup question de parentalité dans les journaux… 

Le danger des écrans chez les plus jeunes.

A lire dans LE FIGARO… Deux tout-petits sur trois regardent tous les jours la télé, mais un tiers des enfants de deux ans ne joue presque jamais au ballon… Page suivante, autre enquête, cette fois sur les ados : commencer les cours plus tard au lycée ferait beaucoup de bien aux lycéens… De meilleurs résultats, moins de retards, moins d’absentéisme…

Sur SLATE, on nous apprend que la dernière semaine de décembre est celle où l’on fait le plus de bébés. La magie de Noël, sans doute. Ou l’envie de se tenir chaud… Et, dans LE PARISIEN, on nous explique le succès d’une application sur smartphone.

Une application française permettrait aux femmes de décider du sexe de leur futur enfant.

Dans la croyance populaire, relève le journal, l’organise féminin ou une pénétration "profonde" favoriserait, dit-on, la venue d’un garçon, tandis qu’attendre les jours de pluie pour faire l’amour ou bien alors manger de l’utérus de lapine – mais oui, favoriserait, dit-on, la venue d’une fille… Rien d’aussi farfelu dans cette application, mais ce sont, malgré tout, des conseils culinaires qui sont délivrés… Des laitages pour avoir une fille… De la viande pour avoir un garçon… Des gynécos valident… D’autres crient au charlatanisme.

Pour le reste, les journaux reviennent sur le décret paru dimanche au Journal Officiel… Décret concernant les demandeurs d’emploi, qui seront beaucoup plus surveillés, et même davantage sanctionnés en cas de recherche de travail pas assez sérieuse... « Les chômeurs sous pression », commente LA PROVENCE. « Chômeurs : l’Etat resserre l’étau », titre pour sa part MIDI LIBRE, tandis que L’HUMANITE évoque « un décret de la honte »

Une histoire de Noël...

Et puis allez, dernière histoire, piochée dans LE CANARD ENCHAÎNÉ… Un garçon de 9 ans, vivant à Zetel en Allemagne, et qui a composé le numéro d’urgence de la police, se plaignant de ne pas avoir reçu les cadeaux qu’il avait commandés pour Noël… Les fonctionnaires qui, visiblement, n’avaient pas grand-chose à faire ce jour-là, ont alors débarqué chez le petit bonhomme, qu’ils ont trouvé très en colère. Ils ont examiné sa liste et les cadeaux reçus, puis expliqué que le Père Noël avait dû confondre sa liste avec celle d’un autre enfant… Police partout, justice nulle part, s’amuse l’hebdomadaire… La vie est vraiment trop injuste.

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