" Le jour du grand oral pour Jean-Marc Ayrault... Et rarement grand oral aura été si attendu...

Sur le fond bien sûr, on attend que le premier ministre indique un cap pour la législature

avec courage !

C'est le mot qui revient le plus souvent : courage mais aussi vérité...

C'est l'heure de vérité pour le tandem Hollande Ayrault, bref comme dit la Charente Libre c'est déjà fini la vie en rose, le rapport de la cour des comptes est passé par là !

En attendant, cette déclaration de politique générale tout à l'heure à l'assemblée, c'est l'occasion pour les Français de faire vraiment connaissance avec Jean Marc Ayrault, premier ministre discret et disons-le toujours un peu énigmatique...

"Qui êtes vous M ayrault ?" demande le Parisien en titre...

Il y a du Raffarin dans cet homme-là souligne Matthieu Croissandeau, c'est son côté provincial assumé.

Il y a aussi du Fillon pour son sérieux anti-bling-bling, et du Mendès-France aussi peut-être ?

En tous cas conclut le Parisien la situation économique l'exige et c'est bien un discours de rigueur qu'a préparé Jean-Marc Ayrault, même s'il préfère parler d'effort... On va y venir, on va y venir...

Encore un mot d'abord sur l'homme et le style : on aura déjà noté qu'avec lui c'est Matignon qui ressuscite!

ce qui serait plutôt à mettre à l'actif de François Hollande et de sa présidence normale : dans les Échos, c'est cécile Cornudet qui pointe ce retour aux traditions de la Vème république voulu par le chef de l'État qui laisse de l'espace à son premier ministre au risque d'ailleurs à terme de paraître trop lointain des préoccupations quotidiennes des Français...

En fait il cherche encore le bon dosage le président entre la nécessité de se protéger pour préserver le poids de sa parole quand viendront les coups durs et le danger de trop s'isoler comme certains de ses prédécesseurs...

En attendant, ce que résume un dessin des Échos, c'est lui, François Hollande qui braque le projecteur sur Jean-Marc Ayrault.

Et c'est vers lui que tous les regards seront tournés pour sa déclaration de politique générale...

D'autant plus importante pour lui commente le politologue Pascal Perrineau dans le Parisien qu'il doit redonner à sa fonction toute sa place et son autonomie, mais qu'il doit aussi se positionner en véritable leader de la majorité, ce que n'était pas François Fillon ...

Ce n'est pas qu'une question d'arithmétique : la confiance lui sera évidemment accordée, les socialistes ayant à eux seuls la majorité absolue, mais si l'on en croit Nicolas Barotte dans le Figaro c'est une confiance sans enthousiasme que vont voter les députés...

Entre ceux qui dénoncent la rigueur de droite et ceux qui dénoncent toute dépense nouvelle...

il semblerait conclut Barotte que la critique déjà couve au sein de la majorité...

Peut etre déjà ce que Gaetan de Capèle appelle, toujours dans le Figaro, l'effet boomerang de cet audit de la Cour des comptes qui n'est nullement un désaveu de la gestion passée, mais au contraire un réquisitoire contre le programme socialiste...

Non seulement les sages n'ont trouvé aucun cadavre dans les placards ajoute l'éditorialiste mais qui plus est ils donnent acte au précédent gouvernement d'avoir entamé le redressement des finances publiques...

C'est une façon de voir les choses, façon partielle car sur cette querelle de l'héritage c'est Libération qui fait la part des choses en renvoyant gauche et droite dos à dos : là dessus écrit Libé tout le monde dit n'importe quoi car le rapport de Didier Migaud ne dit pas que la droite n'a rien foutu, pour reprendre l'expression de Pierre Moscovici, il ne donne pas non plus quitus de bonne gestion à la majorité précédente comme avait cru le lire Jean-François copé...

En fait, ces querelles sur l'héritage n'ont pas de sens commente Vincent Giret quand on se souvient que la France n'a pas connu de budget à l'équilibre depuis 1973

gauche et droite ont leur part de cette folie insouciante... Et maintenant, et bien c'est à la gauche qu'échoit la responsabilité historique d'assumer le redressement financier!

La clarté c'est maintenant ! dans le Monde Gérard Courtois en appelle à François Hollande : les efforts demandés aux français ne seront compris et consentis prévient-il que s'ils sont franchement expliqués et inscrits dans une dynamique de long terme..

Contrairement à ce que disait le Cardinal de Retz, que citait souvent François Mitterrand, François Hollande ne restera dans ambigüité qu'à son détriment et il en sortira à son avantage...

Ce qui veut dire : annoncer et assumer la rigueur...

Qu'on appelle ça comme on voudra : la rigueur ou l'austérité

En tout cas, c'est Dominique Greiner qui a trouvé la bonne formule dans la Croix ,l'austérité sera de rigueur!

Une austérité tout à fait assumée d'ailleurs par François Hollande qui avait décidé d'en faire une décision anticipée...

Autrement dit, explique Guillaume Tabard dans les Échos, pas question de faire de la rigueur un tournant obligé,comme en 83 ,mais d'en faire un acte fondateur du réalisme de gauche...

ce que traduit aussi Bruno Dive dans Sud ouest :qu'il n'y aura pas de lendemains qui chantent pour déboucher ensuite sur l'austérité :cette fois on espère qu'en prenant les décisions difficiles d'emblée, on en recueillera les fruits dans cinq ans...

Ce qui ne convainc pas évidemment Patrick Apel-Muller dans l'Humanité pour qui cette austérité tous azimuts, cachée derrière un léger babil sur la croissance c'est une vis sans fin

cette austérité qui nous a plongés dans une quasi-récession voilà qu'il faudrait maintenant en doubler les doses !

Et lui aussi Apel-Muller a le sens de la formule : tout çà, dit-il, c'est arsenic et vieilles ficelles...

Je ne reviens pas sur les mesures proposées par la Cour des comptes, que retiendra ou pas Jean-Marc Ayrault.

Un mot sur la TVA qui pourrait faire polémique, cette TVA que les sages de la rue Cambon préconisent d'augmenter comme Nicolas Sarkozy avait prévu de le faire : une augmentation d'1 point 6 que les socialistes ont promis d'annuler...

Et pourtant : c'est Patrick Flukiger dans l'Alsace qui prend la défense de cet impot payé par tout le monde en fonction de la consommation de chacun et donc de ses revenus...

Un impot qui ne pèse pas sur le travail, ni sur le capital des entreprises mais sur les importations et qui en plus rapporte gros, beaucoup plus que l'impôt sur le revenu auquel échappe la moitié de la population...

Bref conclut Flukiger, qui prend les paris,la réalité étant tétue ,on reparlera de la TVA pendant ce quinquennat...

Une autre déclaration très attendue ce matin, celle de Noël Le Graet..

Le président de la Fédération Française de Football doit apporter des explications au départ de Laurent Blanc et tenter d'éclaircir une situation que l'Équipe juge plutot confuse et surtout désastreuse pour l'image déjà bien écornée du football français...

Deschamps lui aussi a dit non, il a préféré passer son tour, momentanément ou définitivement

en tout cas y a manifestement un problème Le Graet !

Le graet comme le rappelle perfidement gérard Ejnès dans France football c'est quand même l'homme qui a maintenu Domenech en 2008 et précipité le départ de Blanc en 2012.

Dans le Parisien Dominique Sévérac ne l'envoie pas dire lui non plus:Le Graet n'aime pas les champions du monde et il n'aime pas l'indépendance des Bleus, qui eux, n'ont pas envie de travailler dans cette ambiance...

Voilà le problème

On est loin de la présidence normale... Faudrait dire au Président de laisser un peu d'espace à son Premier ministre..."

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