Le malaise des policiers et gendarmes dans Sud-Ouest, le Figaro et l'Est républicain, les parents en burn-out dans Libération, l'Opinion déshabille le voyage africain du Président Macron, les hooligans du Paris FC ont dévasté un bar d'Orléans au lieu de regarder France-Australie, dit la République du Centre.

Un chanteur d'opéra qui ne connait pas son texte...

Et  du coup  renonce à jouer Lohengrin cet été à Bayreuth,  le saint des saints wagnériens et Roberto Alagna subit l'ironie du Figaro,  "Pour être honnête, on pensait qu'il annulerait plus tôt, Roberto Alagna  à Bayreuth, cela paraissait relever de la science-fiction", car notre ténor a sa réputation, en 2003,  il s'était fait remercier d'un Benvenuto Cellini de Berlioz, il n'avait pas appris son rôle... 

Alagna donne le nom le tempo d'une actualité  tissé de renoncements, qui sont plus lourds de conséquences que le péché d'orgueil d'un chanteur... 

Des hommes et des femmes qui vont renoncer à nous protéger, les voici à la une de Sud-Ouest et du Figaro et dans l'Est républicain, qui racontent ce rapport du sénat sur le malaise des gendarmes et des policiers. Ils suicident plus que nous, ils ont peur pour leurs familles depuis l'attentat de Magnanville en 2016, ils rencontrent une violence implacable. "Je viens de me taper onze jours de violences urbaines suite à la fermeture d'une mosquée radicalisée et, désormais, je vous garantis que les tirs de mortiers ne visent plus les véhicules de patrouilles, mais directement les policiers" parole de Maggy Biskupsy, qui porte la colère des Brigades anti-criminalité, dans Sud-Ouest.  

Il n'y a pas que la violence, la misère aussi. A Paris, de jeunes policiers qui ont du mal recevoir leur traitement vivent en colocations à 5  dans 20m 2, certains dorment dans leur voiture...

Mais dans Sud-Ouest le sénateur Boutant dit ceci: "Tous sans exception, même dans les commissariats réputés les pires de France, nous ont dit avoir encore foi en leur métier."

Ils ne renoncent pas, alors...

Des hommes et des femmes qui ne renoncent pas, mais mon dieu que c'est dur !... Ils sont dans Libération; ce sont des parents que leur progéniture déborde, Lucie a fait un malaise dans la rue à force de ne plus supporter les cris de son bébé qu'elle portait en écharpe comme une maman pieuvre et qu'une maladie de l'oesophage que les médecins n'avaient vu faisait hurler...  On appelle cela le burn-out parental, il faut se faire aider.

Dans Ouest-France, je vois la petite Moïra qui vient de naitre au coeur de la nuit bretonne dans la voiture de ses parents... « J'ai pris sa tête à deux mains. Ça s'est fait tout seul." dit son papa Mickael, que le Samu guidait par téléphone. Jolie photo de famille. Attention à la suite! 

On parle des doutes autour de Nicolas Hulot...

Dont Libération se demande s'il ne va pas renoncer à être ministre, et on ne sait pas si le sujet est grave comme les perturbateurs endocriniens ou futile comme un feuilleton politique... Les ministres vont se faire évaluer par le Premier ministre manager,  on n'est pas là pour rigoler dit une excellence anonyme dans le Parisien, distraction? 

Les Echos sont plus durs et malins, qui pointent dans leur éditorial les prudences sémantiques de Mme Beloubet ministre de la justice après l'évasion de Redouane Faid... 

L'Opinion est malin  qui se demande si Edouard Philippe n'est pas en train de renoncer subrepticement aux réformes et aux économies... Mais L'Opinion n'est pas que malin mais précieux, qui déshabille le voyage africain du président Macron, la France qui devait porter l'éducation et la jeunesse, ne fait guère que son travail sécuritaire,  et encore. Vous lirez dans le Monde diplomatique une autopsie de l'intervention française au mali... L'Opinion raconte aussi que le président Macron sera aujourd'hui à Lagos au Nigeria, et au Shrine, ce fut le nom d'une boite de nuit révolutionnaire ou le chanteur Fela faisait bruler l'afro-beat et des revendications sociales... Ce n'est plus qu'une boite à touristes nostalgiques, du toc...

Dans Mediapart, Jean-Luc Mélenchon parle en reconstructeur patient des gauches, donc au calme, des alliances qu'il veut tisser en Europe. Il exprime sa logique. Il ne renonce pas.

Et l'étrange histoire d'un homme qui nettoie les scènes de crime.

Que nous raconte Explicite, media sur internet, où nous voyons  Baptiste, un trentenaire qui revêt pour son travail une combinaison blanche et pénètre les maisons armé de produits chimiques et de brosses et de ferveur. Il intervient après la police quand il ne reste plus qu'une pièce vide où quelqu'un s'est tué ou a été assassiné, et il est là "pour faire disparaitre les traces de la mort", l'empreinte que laissent nos corps de sang, d'eau de graisses et d'odeur... C'est une histoire troublante, pleine de détails clinique et de passion maniaque, mais ce maniaque rend des maisons à l'oubli de la vie...

Est-on troublé? Regardez dans la Dépêche ce film en train d'être tourné, au CNRS de Rangueil sur le blob, cet organisme monocellulaire mais intelligent, qui  semble un extraterrestre et progresse comme une marée jaune et digère des champignons.

Etes-vous troublé! Etes-vous triste, c'est dans le Monde d'apprendre que la femelle gorille Koko est morte, quadragénaire, qui communiquait si bien avec nous? 

Allons. Il y a dans la Montagne la joie de l'Auvergne  de voir la chaine des volcans reconnue par l'Unesco. Il y a dans l'Echo républicain la joie de Dorian Duteilleur qui lancé sa moisson et battu son orge à Gellainville, "c'est le meilleur moment de l'année", ce sont les moissons!  Il y a dans l'Indépendant la joie de ces habitants de Lézignan venus discuter et disputer littérature avec le prix Goncourt Éric Vuillard quand d'autres sont allés écouter Jean-Jacques debout,  qui a chanté pour eux et leur a parlé de  Barbara et de Marlène Dietrich, et a déclamé du Charles Trenet.

ET PUIS. Même les passions tristes sont poétiques. 

Samedi dernier, quand la France communiait avec Mbappe contre l'Argentine, une bagarre dévastait un bar d'Orléans; les vandales sont passés en jugement hier, raconte la République du Centre, trois parisiens dont un étudiant en philosophie, qui sont des hooligans du football, mais attention : des hooligans du Paris football club, aimable formation de deuxième division, et qui voulaient en découdre avec d'autres hooligans de l'US Orléans, leurs ennemis coutumiers, on les appelle les Drouguis, nous dit la République du Centre, et cette fidélité étaient plus importante que tout. Certains devraient renoncer à leur… pardon ! 

(Il me semble, deux lapsus en deux jours, les vacances sont heureusement au bout de la semaine, que j'ai dit "Australie" et non "Argentine"...)  

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