Dans la presse ce matin : un air de printemps

Au « Café de la Poste », dans le XVIIIème arrondissement de Paris, le patron doit démonter aujourd'hui seulement ses lampes chauffantes. Nous sommes le lundi 3 juin, elles sont toujours là. Eteintes, mais toujours là. En les démontant, le patron va joindre l'utile à l'agréable. « Je rends mes clients heureux et je gagne 6 ou 7 tables sur le trottoir » dit il au Parisien-Aujourd’hui en France .

Un petit air de printemps sur une partie de la France depuis ce week-end ! Et en Turquie aussi, il y a « Un air de printemps ». C'est la Une de Libération , à propos des manifestations qui se développent à Istanbul, Ankara et d'autres villes du pays.

Une place symbole, place Taksim, des jeunes dans la rue, un pouvoir contesté... Il y a des ressemblances avec les printemps arabes. Et pourtant, Taksim n'est pas Tahrir en Egypte et la Turquie n'est pas non plus la Tunisie.

C'est d'abord la dérive d'un homme que dénoncent les manifestants

Recep Tayip Erdogan, au pouvoir depuis 10 ans. Dans Le Figaro , Laure Marchand décrit ces dérives autoritaires du Premier Ministre. « Il avait su, à ses débuts, insuffler un vent de démocratie et de libéralisme. Les négociations d'adhésion à l'Union européenne fixaient le cap, les réformes s'enchainaient, adossées aux bons résultats de l'économie (…)

Et puis au fil des années, toutes les institutions ont été mises au pas. L'armée, la justice, les universités, les médias. Samedi soir, alors que des milliers de jeunes étaient réunis sur la place d'Istanbul, CNN Turquie diffusait un documentaire animalier.»

Dérive autoritaire et islamisation en douceur de la société, organisée par les islamo conservateurs au pouvoir. Elle est décrite dans La Croix . Il y a ces restrictions à la vente d'alcool la semaine dernière, mais aussi les cours de Coran au primaire, l'accès à l’avortement ou à l'accouchement par césarienne restreints, ou encore cette série populaire dont les scènes d'amour dans le Harem du sultan ont été réduites.

Cette Islamisation de la maison turque dont la laïcité était un mur porteur touche aussi l'économie : le sentiment est partagé dans le pays que la bonne santé économique ne profite qu'aux milieux et entreprises « islamiques ».

Dérive économique… Mediapart renvoie ce matin vers un article ancien du magazine CQFD où Istanbul est décrite comme une ville où l'on construit pour les riches et ou l'on détruit pour les pauvres.

D'ailleurs c'est un projet immobilier qui a lancé la contestation.

La destruction d'un des rares espaces verts de la ville pour y construire un centre commercial, copie d'une caserne style ottoman.

Résumé : dans la marmite qui chauffe depuis quelques jours en Turquie, il y a un peu des printemps arabes, mais aussi un peu des indignés de Wall Street ou Madrid et quelque chose d'un mai 68 à la turque.

Les Turcs qui descendent dans la rue, explique Ariane Bonzon sur slate.fr , veulent avant tout défendre une ambiance, une ville, un style de vie, une movida stambouliote. Marc Semo ajoute dans Libération : «La Turquie est en train de connaitre ses 30 glorieuses et, comme en 68 en France ou ailleurs, une jeunesse rejette le poids étouffant du conservatisme».

Car c'est une partie de la société qui se rebelle, jeunesse urbaine, à laquelle il faut ajouter les Turcs blancs (la vieille élite occidentale), et les alevis, ce courant progressiste issu du chiisme qui défie toujours le pouvoir.

Mais l'AKP, le parti islamo conservateur reste de loin le premier dans les intentions de vote. C'est une autre différence avec les printemps arabes. Le dirigeant contesté, Recep Erdogan, a été élu et réélu largement.

Quoi qu'il en soit, pour François Sergent dans l'édito de Libération , le modèle turc qui était censé concilier Islam, démocratie, conservatisme et développement économique vient d'en prendre un coup. Les sociétés du Moyen Orient n'acceptent plus une chape islamiste qui détruise leurs libertés. Avertissement à Erdogan et tous les autres.

Un air de printemps, suite. En Europe et aux Etats Unis, grande braderie de printemps

Article de Rue89 . Le point de départ, c'est la vente d'une partie de la cave de l'Elysée la semaine dernière. C'est le dernier exemple d'une longue série. La France (Etat et collectivités) vend à tour de bras pour récupérer quelques deniers.

Vendus ou à vendre : le duplex de prestige dans lequel vivait le consul à New York, deux prisons lyonnaises, des participations dans des grands groupes, la cave de la mairie de Dijon ou encore l'hôtel particulier qu'occupait le général de la deuxième brigade blindée à Orléans.

Et la France n'est pas la seule : la Grèce brade ses iles et le Portugal et l'Espagne leurs sociétés d'aéroport. A Detroit, aux Etats-Unis, une polémique fait rage : on veut vendre une partie des collections du musée. La crise a aussi le visage d'un commissaire priseur.

Dans ce contexte, la mésaventure qu'a vécue un employé de banque autrichien fait mauvais genre. Il transportait 90.000 Euros dans un sac, il était en voiture il a crevé. Il est allé voir le pneu, il a posé son sac, il était au bord d'une rivière. Le sac est tombé. Les secouristes ont réussi à récupérer 3.000 Euros. L'histoire est racontée par Atlantico .

Un air de printemps, mais le climat reste maussade

Surtout à droite. Début de contestation de vote pour la primaire UMP à Paris. Au fil du week-end, le silence s'est à peu près fait dans les rangs. On verra comment se passera le début de semaine. Reste l'impression que l'UMP n'est décidément pas douée pour les élections.

Et au delà des questions d'organisation, ces couacs à répétition, révèlent peut être des problèmes de fond.

Les déchirures de la droite parisienne : rien de neuf sous le soleil. Au fond, selon Christine Clerc dans Le Télégramme . Depuis que Jacques Chirac a quitté l'hôtel de ville pour l'Elysée, elle n'a cessé de se déchirer.

Ici, la primaire sert d'abcès de fixation à l'affrontement idéologique au sein du parti. Ce devait être du billard pour Nathalie Kosciusko-Morizet, mais une partie de la droite lui fait payer son abstention lors du vote sur le mariage homo, ajoute Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain .

Fallait-il vraiment voter ? Réponse de Mathieu Verrrier dans La Voix du Nord : « Un vote préliminaire est utile quand existe un équilibre des forces entre au moins deux candidats et une volonté non feinte de rassemblement (…) Si ces conditions ne sont pas remplies, la primaire court à l'échec. »

Enfin, un air de printemps pour le printemps français

30 ans après Noah, un autre peut-il gagner Roland Garros ? L'Equipe , le quotidien sportif, commence à croire en Joe Wilfried Tsonga. Il a balayé son adversaire hier en 8èmes de finale. Il affronte maitre Federer demain en quarts. Mais « On peut bouger Federer », c'est Gilles Simon qui le dit, lui qui a poussé le Suisse aux 5 sets hier soir.

Alors une victoire de Tsonga pourquoi pas ? Mats Wilander, adversaire malheureux de Noah il y a 30 ans et désormais chroniqueur à L'Equipe lui conseille de s'appuyer sur le public de Roland Garros. Quand il se met à fond derrière un joueur français, l’adversaire n’est pas à la fête : « On se sent rapetisser et on se dit : ‘Mais qu’est ce que je fous là ? Manifestement, personne ne veut me voir là, je suis dans le travers de quelque chose de plus grand que moi.’ »

A demain

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