La revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence évidemment par les crues, qui menacent tout particulièrement Paris aujourd’hui…

Et ce n’est pas parce que le Zouave a les genoux dans l’eau au pont de l’Alma, que les « danseuses » de Degas doivent se mouiller…C’est la Une du Financial Times ce matin, « le Louvre poussé à la fermeture». « Les responsables d’Orsay ont l’œil rivé sur un seul chiffre, nous raconte dans le détail le Parisien : si la crue de la seine atteint 5 mètres 50, c’est possible aujourd’hui, c’est tout le rez-de-chaussée du musée qu’ils devront déménager, des Millet, un Manet et tous les Degas donc. Même branle-bas de combat au Louvre donc, où l’une des salles d’art de l’islam a déjà été évacuée hier, et ce n’est peut-être pas fini, car pour constuire le Grand Louvre au début des années 90, il a fallu creuser, notamment sous la pyramide, et ce sont près de 200 000 chefs d’œuvre qui pourraient se retrouver en zone inondable !

Alors les tableaux, les sculptures, c’est une chose, mais notre président, on en fait quoi si l’eau continue de monter ?

Jean Guisnel nous révèle sur le site du Point, que tout est prévu. Grâce à Nicolas Sarkozy ! en 2010 l’ex président avait lancé le plan Escale et choisi le château de Vincennes pour zone de repli, en cas de grave débordement de la seine. Jean Guisnel raconte que « sans publicité à l’époque, des équipements informatiques dernier cri et de grande puissance ont été mis en place, dans le pavillon de la reine et celui du roi dans la forteresse de Vincennes. Le président de la république s’installerait dans le bureau du général, et tous les collaborateurs n’auraient plus qu’à arriver avec leurs ordinateurs pour se retrouver dans leur environnement informatique habituel ». Hier Manuel Valls aurait déclenché le plan de continuité du travail gouvernemental en cas de crue majeure de la seine…tout est prêt pour une éventuelle grande migration du pouvoir, pas la nuit de varennes, seulement celle de Vincennes !

Alors que le pic de la crue de la Seine est attendue aujourd’hui, certains commencent déjà à faire les comptes Hélène

« La pluie peut-elle couler l’économie française ? » s’interroge Jean-François Arnaud sur le site de Challenge. La longueur, la persistance et la répétition des intempéries est en train de transformer le printemps en cauchemar économique parait il…C’est un organisme chargé de conseiller les entreprises dans leur exposition aux effets climatiques qui a commencé à lister tous les secteurs de la grande consommation touchés par cette météo. Baisse des ventes des insecticides, des produits solaires, des glaces, du rosé, de la bière, pas beaucoup d’apéro en terrasse ce printemps. J’ai dit Terrasse ? et bien oui, il faut aussi tabler sur la baisse des ventes des salons de jardins, des barbecues, de la viande à griller, des saucissons…Sans compter, que les bateaux mouche ont forcément raté leur début de saison, les bars en terrasse de la capitale aussi, que le fret est à l’arrêt sur la Seine, que les averses de grêle ont détruit les récoltes chez les maraichers d’ile de France, que le RER C est stoppé et va empêcher des milliers de personnes de se rendre à leur travail, et que des milliers de maisons ont été endommagées par la montée des eaux, facture bonbon pour les assurances. …trop tôt pour chiffrer précisément les dégâts conclut l’article. Mais on a compris que ça allait coûter cher !

Mais au final tout ça, la faute à qui ? Dans notre vieux pays cartésien où on adore trouver un coupable, c’est la faute au président, aux syndicats ou aux patrons normalement, cette fois, objectivement c’est compliqué. L’épisode est certes exceptionnel, mais il est difficile de « faire le lien direct avec le réchauffement climatique en cours » nous explique ce matin les Echos, si ce n’est qu’il faut retenir que ces épisodes vont devenir de plus en plus fréquents et qu’il faut donc améliorer la résilience des territoires. Même les éditorialistes n’ont pas d’explication, c’est dire, Frédéric Vézard dans le Parisien se désole « la France a bel et bien la poisse », denis Daumin dans la Nouvelle République « la France a le mauvais œil »

Fatalisme et alarmisme. Hier le journal britannique The Independent titrait sur une photo de la seine en crue : « Que peut il arriver d’autre à la France ? Une invasion de grenouilles ? » On aurait pu croire à une nouvelle illustration du French Bashing. Même pas ! ce matin, La Charente Libre en Une nous annonce « Météo de rêve pour les cagouilles » : oui, les escargot envahissent les vignes françaises. Manquait plus que ça !

A part l’eau qui monte et les escargots, hélène ?

Un très beau double portrait dans Libération, de deux hommes sans qui la justice n’aurait pas été rendue, sans qui l’ex dictateur tchadien Hissène Habré n’aurait pas été condamné pour crimes contre l’humanité. Maria Malagardis nous raconte 18 ans de combats acharnés, menés par reed Brody ex gamin de Brooklin devenu l’un des plus célèbres chasseurs de dictateurs, c’est lui qui a mené campagne pour extrader Pinochet réfugié à Londres. Reed Brody qui un jour croise la route de Souleymane GUENG GUENG, un fonctionnaire tchadien torturé et détenu pendant plus de 2 ans, qui va ensuite consacrer sa vie à recenser toutes les victimes de ce régime sanguinaire. 712 témoignages, 712 vies brisées mises en fiches qui serviront de base pour l’inculpation d’Hissène Habré. Durant tout le procès, les 2 hommes se sont tenus côte à côte, les yeux écarquillés comme s’ils n’arrivaient pas à y croire : « putain, on a réussi » se disait l’avocat en attendant le verdict. Consécration de la ténacité, du rôle aussi de la société civile.

Retour en France, on retiendra : la petite phrase de Manuel Valls dans un entretien accordé à des journaux de la presse régionale, Dernières Nouvelles d’Alsace, Progrès de Lyon, ou Dauphiné Libéré entre autre. Le premier ministre nie être crispé ou énervé, « non au contraire, je suis serein et déterminé ». Déterminé à remettre à sa place le président de la SNCF, qui n’avait pas caché son agacement à voir le gouvernement mener les négos en direct avec les syndicats, et aurait même présenté sa démission. » Il ne peut pas y avoir de problème entre le gouvernement et monsieur Pépy assène Manuel Valls, parce que monsieur pépy ne peut pas avoir de problème avec le gouvernement ». Non mais, c’est qui le chef ?!!!

On retiendra enfin qu’à Canal Plus, ce n’est plus une voie d’eau c’est le Titanic, avec des départs en cascade. Hier, le site parodique le Gorafi twittait même « le plus de Canal Plus annonce à son tour son départ de la chaine ». A lire, sur le site des Jours, « canal plus, I télé, un jour sang » SANG comme Noces de sang dans Game of Thrones quand une partie des héros se fait zigouiller. Puisqu’hier en effet, au-delà des départs annoncés de Maitena Biraben ou d’Ali Baddou, une motion de défiance a été mise au vote contre la direction de la chaine tout info. On y apprend notamment dans le style inimitable de Raphaël Garrigos et isabelle Roberts ce qu’est un reportage « bill boardé ». Intéressant pour les journalistes, mais aussi évidemment pour les spectateurs !

Vous terminez Hélène par un mea culpa…

Pan sur le bec dit on au Canard Enchainé. Et bien, pan sur mon micro ! J’affirmais hier que Josef Andras, prix Goncourt du premier roman pour « De nos frères blessés », avait accordé un entretien exclusi f à Mediapart. Faux, puisque l’auteur s’était déjà exprimé dans l’Humanité notamment le 24 mai dernier. Ce qui est vrai c’est qu’il ne le fait jamais à découvert, entretien réalisé par Mail pour l’Humanité, par téléphone pour Mediapart. Ce qui nourrit le soupçon d’imposture à la Romain Gary. Dans l’Obs cette semaine, le mystérieux Josef Andras parle une nouvelle fois, de son héros Fernand Iveton seul européen à avoir été guillotiné pendant la guerre d’Algérie. « Entretien exclusif ». Mais cette fois, c’est pas moi qui le dis, c’est l’Obs …

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