Depuis trente ans, une mère chinoise dont le garçon est mort d'une balle dans la tête, à Tien an Men, espère entendre de l'Etat ce qu'elle sait déjà, qu'il a tué son fils, les Echos. Des étudiants chinois, aujourd'hui, refusent qu'on parle de Tien an Men et contestent l'idée même de l'histoire, New York Times.

On parle de Garonne ce matin...

Ce fleuve dont Michel Serres parlait comme d'un être vivant, "je vais dire adieu à Garonne" avait-il dit à un ami en juillet dernier après un déjeuner à Saint Léger sur les bords de ce fleuve que sa famille draguait et où sa grand-mère avait tenu une guinguette... Il ne disait pas "la Garonne" comme ceux qui ne savent pas, mais GARONNE tout simplement, Garonne dans laquelle avec son petit frère Claude, il se laissait couler chaque matin en allant à l'école juste vêtu d'un slip. "Nous étions poissons"... "Le garçon gonfle ses poumons, écarte les bras, les jambes. Ses yeux percent l'eau trouble et sablonneuse. Son ventre finit par toucher celui de Garonne. Le courant emporte la caresse de la peau sur les cailloux." 
Je lis cela sur le site du Petit bleu qui est le journal d'Agen et Agen est la ville de Michel Serres et le Petit bleu est le journal où le philosophe apprit à lire et le petit bleu en est digne qui consacre à Michel des pages sensuelles d'amitié et de rugby, car Michel Serres était né en 1930 l'année du premier titre de champion du SUA... des pages de chaleur et d'eau et d'un métier de vase, les Serres grattaient Garonne pour en apaiser les eaux qui montaient, ils appelaient la rivière "la garce" et "la
pute"; "car elle nous emmerdait, le plus souvent. Mais on l'aimait d'amour", sacrée Garonne qu'on lit également dans la Dépêche dans Sud Ouest et dans Libération dont Michel Serres fait aussi la une, dans un portrait fleuve, évidemment, signé Robert Maggiori, de philosophe à philosophe, où je lis les leçons de natation de Michel enfant "pendu au ventre par une corde à des potences sur le quai", qui en profitait pour se noyer et naitre une seconde fois d'un bouche à bouche. Et par vos, journaux vous aurez ce matin, du Lot-et-Garonne, l'idée d'une patrie. 

C'est une jolie chose que les racines, parfois elles se colorient de colifichets, telles ces villes qui veulent se doter d'un blason ou rénover celui que l'histoire leur légua, c'est un joli dossier de l'Yonne républicaine, ou d'un joli symbole. Corse Matin se réjouit que de jeunes acteurs corses ont été salués à cannes et salue la victoire, hier Olbia en Sardaigne devant mille spectateurs de la Squadra corsa, l'officieuse équipe de l'ile, face à son homologue sarde,  est ce plus important que la défaite du Gazelec Ajaccio  face au Mans qui relègue Ajaccio en National, et des journalistes de Ouest-France ont été pris à partie, c'est un méchant folklore, pas une identité.

En Chine une femme vit pour un souvenir

Et Zhang Lin est dans les Echos, qui à 82 ans n'appartient qu'à son fils qui s'appelait  Wang Nan, lycéen de joyeuses lunettes carrées, qui le 3 juin 1989, vers 23 heures est partie photographier la jeunesse libre de la place tien an men à Pékin, il ne redoutait qu'un coup de matraque et s'était protégé d'un casque de moto... Sa maman lui avait dit qu'il était impensable que l'armée du peuple tire à balle réelles sur la jeunesse de Chine, elle ne se pardonne pas de lui avoir dit ça, Wang Nan est mort  à l'aube du 4 juin quand une balle a transpercé son front et est ressortie derrière l'oreille gauche... Et des soldats enterrèrent son corps à la va-vite, pauvre corps expulsé de terre par des pluies torrentielles  et que sa famille reconnut à la morgue... Et depuis Zhang Xianling demande une vérité qu'elle connait déjà, que son fils a été tué par l'Etat, mais cette vérité, elle veut l'entendre des autorités de ce régime qui la surveille, et qui prétend partout imposer ses mensonges.

Le Monde raconte comment une "exposition obscène" s'est tenue en mars au Palais des Nations-Unies à Genève,  où la Chine montrait en 84 photos de propagande comment les Ouigours étaient heureux en jouant de la musique et faisant du toboggan. Dans la région du Xinjiang, un million de Ouigours, minorité musulmane et persécutée sont actuellement dans des camps rappelle le Monde... Mais il ya plus triste encore,  c'est dans le New york times. Une universitaire australienne, Louisa Lim, spécialiste de la chine, raconte comment des étudiants chinois sont venus l'interpeller quand elle donnait une conférence sur Tien an Men... "Pourquoi devons nous revenir sur cette période? Quelle utilité pour notre génération? Est ce que cela ne met pas en danger ce que le gouvernement chinois appelle une société harmonieuse?" 

Et ce n'était ni de l'ignorance, ni du négationnisme, ces étudiants chinois à l'étranger savaient, mais contestaient l'utilité même de l'histoire et de la mémoire. Que sommes nous alors si nous enterrons les vérités? Dans Philosophie magazine, un aimable philosophe, Andrea Baldini, explique que la mode et l'élégances ne sont pas choses futiles, mais essentielles; il enseigne en Chine, à Nanjing, est-ce un hasard, je ne sais qu'en penser.

Je lis dans la Croix l'appel à témoins de Jean-Marc Sauvé, qui préside la commission d'enquête indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise,  qui demande aux victimes de venir témoigner

Je lis dans Mediapart un article qui nous dérange, puisqu'il parle d'un journal que l'on cite souvent ici, Télérama, prestigieux hebdomadaire culturel, mais qui vient de licencier deux journalistes importants, pour des faits de harcèlement sexuels et moral datant certains des années 90, les journalistes licencieés contestent, on parlera de Télérama devant les tribunaux, étrangeté des temps.

Mais il y a aussi des héros dans la presse...

Et comme chaque lundi, ces héros viennent du sport... Héros  du vélo tel dans l'Equipe et la Provence Richard Carapaz venu d'El Carmelo en Equateur et de la grande pauvreté  auquel son papa transporteur de vaches et de poulets avait offert un vélo trouvé dans une décharge et qui a gagné le Giro. Autre braves cyclistes auxquels la voix du Nord prête une renommée, qui ont pédalé les 158 kilomètres de la classique Lille-Hardelot, épreuve reine des cyclotouristes.

Et puis il y a un corps généreux et débordant de noble graisse, serré dans un short blanc et or sur lequel est écrit destroyer, le corps de Andy Ruiz qui à 7 ans, au Mexique, comme il était déjà gris, boxait des adversaires plus âgés que lui, et qui est prêt dit-il a mourir sur un ring, mais qui n'est pas mort et a battu de courage et de coups le si beau si fragile Antony Joshua, le nouveau champion du monde des lourds resplendit dans l'Equipe

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