Jean-Marie Massou vivait au fond des bois dans le Lot, il sculptait des pierres bleues et creusait des galeries souterraines où il les installait et il chantait aussi d'une voix minérale, on l'a retrouvé mort, la Dépêche bouleversée salue un homme sauvage et libre.

Vous nous parlez d'une solitude...

Et d'un homme que l'on va enterrer aujourd'hui au cimetière de Marminiac dans le Lot, où il aura vécu 45 ans au fond des bois à porter des tonnes de pierres et les sculpter et à creuser sous le sol un gouffre, des galeries qu'il peuplait de ses créations, un musée inaccessible qui devrait plus tard témoigner de nous. Il s'appelait Jean-Marie Massou, il avait 70 ans, il était lui-même un rocher fait homme qui plus jeune tirait des troncs d'arbre et sexagénaire soulevait encore disait-il ses 200 kilos...  La Dépêche bouleversée consacre une pleine et belle page à cet homme "sauvage au sens noble et pur du terme", que l'on a découvert recroquevillé au pied de son lit, dans son taudis. Et j'entends dans le grand journal occitan le plus rauque des regrets, devant une liberté perdue, et je découvre alors le monde de Massou...

MUSIQUE

Massou qui chantait aussi d'une voix minérale dans la citerne près de chez lui où le son était beau, un label,  Vert Pituite, en avait fait un disque en 2010 que nos amis de France musique accueillirent, un réalisateur avait tourné un documentaire sur cet homme qui ne savait pas lire mais communiquait dans des contes, des collages, de l'art brut, l'amour des pierres bleues. Massou avait fasciné: en 2017, les Inrocks étaient allés en pèlerinage chez cet homme trapu, boiteux, hirsute, "Edward aux mains d'argent dans le corps de sShrek", qui dans sa cabane où les toiles d'araignées faisaient un rideau, mais reliée au courant électrique, regardait Star Wars et des Walt Disney, il attendait les extraterrestre. Il ne faut pas s'aventurer dans son domaine percé de trous dissimulés de feuilles et de branches, le sol peut s'effondrer.

Et face à cette solitude que valent nos puissances. Après la Dépêche, il faut lire ce matin les Echos pour l'enquête consacrée à Amazon: l'entreprise gagnante de la crise du coronavirus, dont l'activité reprend pleinement en France aujourd'hui après avoir été bloquée par la justice et des syndicats inquiets des contagions possibles dans ces entrepôts. "Quand on voit la vague de chômage qui va arriver, il faut se calmer", disent des employés de l'entrepôt de Brétigny sur Orge...  Aux Etats-Unis, Amazon a recruté pendant la maladie 175000 personnes, la firme de Jeff Bezos n'a jamais été aussi puissante et le marchés s'inclinent, où Amazon a levé 1.25 milliard d'euros d'obligations à trois ans au taux risible de 0.40%... Alors les Echos racontent cette boite qui en Amérique empêche les syndicats et les contourne en Allemagne en installant ses entrepôts sur le sol polonais... Amazon assèche le marché de l'emploi, se nourrit d'intérimaires, de villageois que des bus vont chercher à plus de deux heures de route de l'entrepôt... Et en même temps Amazon bouscule ses cadres, préfère l'investissement au dividende, place le client avant ses profits, le bien-être de ses employés... Imagine-t-on Jeff Bezos sculpter des cailloux bleus...

On parle aussi d'espionnage ce matin...

Qui nous vient avec ce nouveau monde et quand le Parisien décrit le télétravail qu'on impose à des salariés, je lis dans Libération que des entreprises surveillent leurs employés par un logiciel nommé Hubstaff, qui vérifie notre activité en enregistrant  nos mouvement de souris.

Voilà une brutalité insidieuse. On nous en inflige d'autres, atroces, qu'on découvre trop tard. Le Monde a mis en ligne, sur son site, son enquête fleuve sur les féminicides. On croit toujours que l'on sait ce qui se passe et puis on redécouvre des paroles d'enfants qui ont vu papa un jour "découper la peau de maman," et puis on lit l'histoire de Laetitia Schmitt qui était une adolescente drôle qui aimait chanter quand elle rencontra Julien, qui la tua d'une vingtaine de coups de couteaux le 25 juin 2018, la veille de ses 36 ans, après lui avoir imposé une existence de peur, de jalousie, de coups : elle était sous emprise, elle allait divorcer croyait-elle, elle est une blessure pour ses proches et un tatouage sur la poitrine de son papa qui lui survit.

Et on parle de scrupule...

Que signale le Monde encore, scrupule de la revue médicale The Lancet, qui a des doutes sur l'étude qu'elle avait publié le 22 mai sur et contre l'hydroxichloroquine accusée d'être inefficace contre le Covid 19, et dangereuse sur le plan cardiaque... "D'importantes questions scientifiques ont été soulevées, dit la revue dans un communiqué, nous publions une expression d'inquiétude pour alerter les lecteurs", on appelle cela du fair-play, de la science.

Le boxeur Tony Yoka ne regrette rien mais il s'explique pourtant dans l'equipe, lui qui avait lancé un violent "Brûlez tout, niquez tout" sur twitter et instagram après la mort de George Floyd.. C'était dit-il un cri de rage poussé au petit matin après avoir passé la nuit à regarder les violences de cette Amérique où il vit, lui, Yoka, où vont grandir ses enfants, où il a pris l'habitude de mettre ses mains en évidence hors de l'habitacle, si un policier le contrôle... Un autre boxeur, Raphael Tronché, raconte dans l'Equipe qu'ici en france, il subit encore des contrôles au faciès. Mais il est fâché après Yonka qu'il accuse de pousser des gamins à la faute. Le désaccord politique se double d'une frustration sportive, Tronché est aussi un rival de Yonka qui se dérobe à lui.

Le Parisien raconte les engagements de Kylian MBappe sur les réseaux sociaux. L'Equipe encore et l'Yonne républicaine saluent jean-Claude Hamel  qui fut le grand président de l'AJ Auxerre et qui était heureux de n'avoir jamais été un salaud.

Sur les sites de la République du centre et  de Mag Centre, on salue un vieux monsieur qui  en avait entrainé des gosses au foot dans le quartier de la Source à Orléans: Luis Chihuailaf était déjà coach dans son pays natal, le Chili, où il était aussi enseignant et syndicaliste. Après le putsch militaire de 1973, il avait été arrêté et torturé. Mais deux soldats avaient reconnu leur entraîneur et le laissèrent partir, il revécut chez nous

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